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1 – La Vision Kabbalistique du Serpent de la Genèse

par Rabbi Yakob Funès

Un texte transmis par un ami sur le Serpent de la Genèse en une vision unifiante. Une autre manière de dire ce que nous avons déjà dit au sujet de l’utilisation des symboles au sein de Torah.

Au travers de l’histoire, le serpent reste le symbole le moins bien connus des éléments bibliques, souvent associé au mal et aux forces de la tentation et de la chute.

Mais, si nous regardons le serpent avec des yeux de kabbalistes et non de simples croyants, alors les enseignements qu’il recèle sont nombreux et l’histoire du Jardin d’Eden prend une coloration bien différente.

De la chute nous trouvons alors une transformation spirituelle et un développement possible de l’homme dans la liberté de la Création.

Dans la tradition des maîtres hassidim, un des principes afin d’obtenir une compréhension plus pénétrante et plus grande de la Torah est d’utiliser celle-ci comme un manuel qui par l’alchimie de la psychologie intime de l’âme peut être compris plus aisément.

Chaque personne, lieu, événement, objet représentent un élément organique de la psyché humaine et divine.

Par ce mode de connaissance, le serpent du Jardin peut être symboliquement un représentant des instincts primitifs qui se cachent en chacun de nous. En fait, les sages nous disent « le serpent était à l’origine destiné à être un grand serviteur de l’homme » (Sanhédrin 59b).

Nos sages, de mémoire bénie, nous donnent ici une vision étonnante qui développe plus avant notre compréhension du serpent.

Ils disent que le serpent avait à l’origine des jambes et qu’il fut maudit (Zohar I 171a).

Symboliquement, cela signifie que la condition première au sein de tout un chacun est de pouvoir se mouvoir et de grimper, de s’élever afin d’atteindre des sommets dans l’illumination et la compréhension du divin. Cela signifie aussi que nous sommes capables intrinsèquement de remplir notre vie, de faire vivre le royaume de Dieu en nous et autour de nous.

A ce niveau, la bénédiction spirituelle ultime est possible. Mais lorsque le serpent est maudit par Dieu afin de « ramper sur son ventre et de manger la poussière de la terre » (Genèse 3, 14), la condition première change drastiquement et nous sommes alors enfermés dans les formes inférieures de la passion.

Afin de comprendre ce changement profond, nous devons à nouveau nous tourner vers les maîtres de la tradition kabbalistique. La Kabbale (Zohar II, 23b et Midrash Rabba baMidbar 14, 12) enseigne en effet qu’il existe quatre niveaux de compréhension et que pour faire un être humain intégral, l’on doit avoir quatre niveaux ou quatre éléments de la nature : l’élément physique (terre), la nature émotionnelle (eau), l’abilité intellectuelle (air) et la dimension spirituelle (feu).

En ôtant les jambes au serpent et en le forçant à ramper sur le sol, l’élément ou la pulsion physique est confiné, selon nos maîtres bénis, à la dimension terrestre et physique.

Le résultat de cette malédiction est que notre énergie première qui est de réaliser le potentiel transformatif spirituel est à présent dans un état de confinement terrestre, au sein des énergies les plus basses du corps qui sont associées à la sexualité, aux passions physiques et aux désirs terrestres.

C’est la raison pour laquelle nombre de traditions dans le monde ont compris que ce stade inférieur est la source de nos obstacles à atteindre des niveaux de spiritualité supérieurs. Comme résultat, le serpent a été condamné comme maléfique.

Délivrer le Serpent intérieur.

Heureusement, la vision conventionnelle qui appelle à la suppression de l’énergie sexuelle ou serpentesque doit être réexaminée sous les feux de la pensée kabbalistique.

La Torah nous donne une vision très puissante de ce que peut être notre énergie primale si nous pouvons la faire s’élever à nouveau et la canaliser dans la bonne direction. Relisons en ce sens la rencontre de Moïse et de Dieu sous la forme du Buisson Ardent, il lui est commandé de laisser tomber son bâton sur le sol et de l’élever à nouveau (Shemoth 4, 3-4).

C’est là le symbole du Tikkun ou de la réparation du bris des vases qui est nécessaire à l’évolution spirituelle véritable.

En son état de chute, la Torah nous dit que le bâton était un serpent qui faisait peur à Moïse, mais qu’une fois élevé il devint le bâton de Dieu par lequel Moïse réalisa ses miracles (Zohar I, 27a).

Cela nous enseigne donc que lorsque nos besoins primaires sont réprimés, nous sommes sans contrôle sur eux, tandis que si nous élevons cette énergie primaire, les mêmes passions sont élevées et transformée et Dieu opère ses miracles au travers de nous (Keter Shem Tov 69).

L’idée est simple voire simpliste : en canalisant nos passions vers le haut, vers les pshères spirituelles nous pouvons transformer un potentiel destructeur en une chose sainte et bonne. Cependant, nos sages, de mémoire bénie, nous mettent en garde que mal dirigée nos passions mènent à l’irresponsabilité et peuvent se révéler dangereuses.

Les passions doivent donc être guidées par l’élément de l’air (intellect) avant de pouvoir se transformer et se réaliser en feu (spiritualité) par l’utilisation du modèle kabbalistique des quatre éléments.

La passion comme moyen de transformation.

Le Yetzer haRa – le mauvais penchant – n’est rien de plus que l’énergie réprimée qui doit être transformée et sublimée dans son expression en une énergie spirituelle.

Le Baal Shem Tov, maître de mémoire bénie et que l’huile coule sur ses descendants, soyons dignes d’exprimer sa pensée, explique ainsi que deux lettres hébraïques – Resh et Ayin – épellent le mot « mal » – ra – qui inversé donne le mot « er » qui signifie « être éveillé ».

Le yetzer haEr serait alors l’inclinaison à l’éveil qui repose en chacun de nous. Comme le serpent dont les yeux restent toujours ouverts, il y a une part en nous qui doit toujours rester en éveil et être sans cesse stimulée.

Par conséquent, lorsque l’on ne participe pas sous une forme ou une autre à la spiritualisation ou à l’expression spirituelle de notre intimité. Nous devons chercher une stimulation extérieure par l’étude, la danse, les chants, l’art.

La Kabbale nous enseigne que la sexualité et la spiritualité sont une énergie UNE.

Sous sa forme inférieure, elle se manifeste comme un instinct primaire et se manifeste par le stupre. Dans sa forme élevée elle se manifeste comme un amour intense et illimité de l’amour divin, une passion pour la vie et l’éclosion de la beauté de l’être intérieur.

En sa forme élevée de joie et de bonheur, elle nous permet d’atteindre les sphères prophétiques de l’inspiration divine (Likkutei Moharan I, 24).

Nos sages, de mémoire bénie, disent que lorsque deux mots hébreux ont une même valeur numérique, ils sont en fait de même essence, mais à un niveau plus subtil et plus occulté.

Peut-être est-ce pour cela que les mots hébreux Mashiach (messie) et Na’hash (serpent) ont la même valeur numérique de 358.
En surface, ils semblent représenter deux forces opposées, en essence ils sont liés.

La tradition nous explique que lorsque l’ère messianique arrivera, nos instincts primaires seront « enlevés » et que tout sera transformé en bon. Cela signifie que ces instincts seront élevés et ne seront plus réprimés mais que la pulsion intime retournera à sa passion originelle de trouver sa réalisation dans la vie spirituelle de l’amour du Dieu vivant (Tikkunei Zohar 21 43a).

La vie est une célébration qui doit être vécue et si l’on nie sa propre nature et ses désirs, alors on nie sa nature divine et humaine, on nie la gloire intrinsèque de notre essence divine.

L’individu spirituel a besoin d’éléments positifs pour se transformer, il utilise ses désirs terrestres afin de les sublimer en des expressions créatrices et divines. Il élève le serpent afin de reprendre la route du royaume divin qui est en nous et autour de nous.

2 – La Définition Kabbalistique du Serpent Na’hash

Par Elias Gewurz

Le mot, selon la tradition secrète, désigne un sentiment intérieur profond attachant une entité à sa propre existence individuelle, en lui donnant le désir ardent de la préserver et de l’accroître.

Na’hash, le serpent au sein de l’homme, est l’égoïsme radical qui pousse un être individuel à faire de lui-même le centre de tout l’univers.

Moïse définit ce sentiment comme la passion réductrice d’une nature élémentaire qui est la source secrète avec laquelle le Créateur a animé toutes choses dans la nature ; nous la connaissons par le nom de l’instinct naturel.

Na’hash ne doit pas être compris comme un être séparé, mais plutôt comme un mouvement central donné à la matière, une source occultée agissant dans la profondeur des choses.

L’égoïsme de l’homme, ces passions aveugles qui nous sont communes aux premières étapes de notre évolution sont les rejetons de ce serpent – Na’hash. Ce mot signifie un instinct égocentrique déraisonnable dans toutes les langues orientales, il signifie une ardeur intérieure, un feu interne, agité par un violent mouvement et cherchant à s’étendre.

Le chaldéen dérive de lui toutes les idées de peur, de peine, d’anxiété et de mal et de passions douloureuses. En arabe, syriaque et éthiopien, il signifie une affliction tourmenteuse.

La Leçon de Na’hash.

Toute émotion amoureuse est expansive, toute émotion de haine est restrictive.

L’Espoir et la Foi appartiennent à la nature de l’Amour et ils agrandissent l’âme, tandis que la Peur et le Doute et le Désespoir appartiennent à la nature de la Haine et contractent l’âme, nous rendant mal à l’aise et malheureux.

Le Serpent est contraction, petitesse et inversion ; tandis que les hommes se battent et se querellent les uns avec les autres, ils ressemblent plus ou moins au vieux Serpent, chacun tirant la couverture à soi, anxieux de sa préservation.

La Libération de la langueur du Serpent ne peut être obtenue qu’en sortant des voies du Serpent et en apprenant à obéir à la Loi de l’Amour, dont le premier édit est le sacrifice de soi.

Mysteries of the Qabalah, par Elias Gewurz, [1922], pages 22-23. Traduction française par Spartakus FreeMann, février 2009 e.v.

 

3 – Le Serpent d’Airain

Par Spartakus FreeMann

Nombres XXI 6-9 : « Alors l’Éternel envoya contre le peuple des serpents brûlants ; ils mordirent le peuple et il mourut beaucoup de gens d’Israël.

L’Éternel dit à Moïse : Fais-toi un serpent brûlant et place-le sur une perche ; quiconque aura été mordu et le regarda, conservera la vie.

Moïse fit un serpent d’airain et la plaça sur une perche ».

Comme les mots hébreux pour serpent et airain sont les même lorsque l’on enlève les points massorétiques (N H Sh), certains y ont vu une interprétation que ces serpents étaient les Séraphins dont Isaïe a dit qu’ils avaient 6 ailes.

« Avec la tête d’un faucon [le serpent] est de nature divine et un symbole du Soleil.

C’est pourquoi une secte gnostique [les ophites] l’a choisi comme leur divinité tutélaire et c’est pourquoi le serpent d’airain fut élevé par Moïse dans le désert afin que les Israélites le regardent et vivent » (

Pike, M&D, p. 278, « Lecture du 18ème degré »).

On peut rapprocher la nature des Séraphins, qui se tiennent le plus près de Dieu, de na’hash seraph, na’hash ne’hoshet, serpent brûlant. SARAPH, Shin Resh Phe, est la racine du verbe brûler.

Le séraphin reçoit le feu divin et le transmet aux hiérarchies angéliques inférieures qui elles-mêmes le distribuent à l’Homme.

Seuls les serpents pervertis apportent la mort, tandis que le serpent d’airain apporte la Vie éternelle, posé comme il l’est sur le bâton, tel le Christ sur la croix.

Ceci est renforcé par le fait que l’airain est une transmutation du bois (selon Isaïe 60, 17) et qu’ainsi le Christ identifie-t-il le bois de la croix et lui-même au na’hash ne’hoshet pour que « tout homme qui croit en Lui ait la vie éternelle… »

Tout comme le Serpent est lié à la Connaissance, à la sagesse et à la magie, le cuivre ou l’airain est-il connecté depuis des temps immémoriaux par toutes les écoles mystiques à la planète Vénus qui contrôle et dirige le manas humain supérieur – le manas étant tout autant le sauveur que le tentateur de l’humanité, car c’est en l’esprit qu’ils naissent.

Avec Vénus, nous revenons aux rituels naasènes de la hiérogamie sacrée de l’homme et de la femme. Il est d’ailleurs intéressant de noter ici que les rituels naasènes actuels se déroulent toujours avec la présence d’objets sacrés en airain marquant par là l’attachement de leur courant à la Femme symbolisée par Vénus, Déesse de l’Amour.

Pour finir, nous retrouvons encore le symbole du Serpent d’Airain dans la Franc-Maçonnerie au sein des Degrés du Rite Écossais Ancien et Accepté. En effet, le 25ème degré est celui dit du « Chevalier du Serpent d’Airain ».

Ce degré est dit avoir pour origine un Ordre hospitalier fondé lors des Croisades par un certain John Raph . Or, voici le mot de passe du grade est INRI et mot du grade est IOHAN RAPH . Or, Raph en hébreu signifie soigner, guérir et le référant au serpent d’airain est alors ici très clair. Avec IOHAN nous touchons aux mythes et symboles Johannites.

Lors des cérémonies de ce grade, l’effigie du Serpent crucifié sur le Tau est placée à l’Est du Temple. Pour finir, notons que le bijou du grade est un Tau surmonté par un cercle – la Croix Ansée – sur lequel un serpent est accroché.

Sur la croix elle-même sont gravés les mots KhaLaTI (Il a souffert), et sur la partie supérieure de la croix, le mot NeKhuShTaN (Serpent d’Airain).

 

4 – La Lettre Thet et le Serpent… Et d’autres choses.

Par Na’hash

À Shin, ce Frère ennemi, INLE, l’Autre Serpent, Nos Têtes, réunies sur le Caducée, reposent sur ’Hesed et Geburah…

Thet forme le mot THYT : Thet Yod Tav, le Serpent de valeur 419.

Idéogramme très ancien qui désigne un Serpent qui se mord la queue ou encore, un bouclier.

« La neuvième lettre de l’alephbeth, en même temps qu’elle exprime la perfection de la Création, la réintégration quasi totale des énergies au divin, symbolise aussi la protection – nouvelle barrière – devant le divin. » A. de Souzenelle

« Que le bouclier soit confondu avec le serpent est là le profond mystère du serpent…

Cet animal symbolise la montée de l’énergie. Il rampe d’abord, puis est appelé à se redresser (avec la croix rédemptrice) et à monter le long de la colonne vertébrale, pour arriver à la tête où ayant achevé son cycle, le langage symbolique dit du serpent qu’il se mord la queue.»

Ici, nous rejoignons le symbole de la Kundalini. Telle une ligne à haute tension, la Kundalini canalise l’énergie provenant de l’union de deux principes conjoints : Shiva, le principe masculin et Shakti, le principe féminin.

La Kundalini est souvent représentée sous la forme d’une serpente lovée au bas de la colonne vertébrale, elle se déroule à l’intérieur du corps. L’élévation de la Kundalini permet d’atteindre à la Conscience Supérieure et donc à un état de plus grande perfection.

Si donc, le Thet est le symbole d’une perfection atteinte, il introduit aussi inexorablement la nécessité d’une destruction pour atteindre à une plus grande perfection encore.

Le dessin du serpent dont la tête rejoint la queue n’est donc jamais fermé, car, si la perfection absolue était atteinte, ce serait aussi la mort absolue. Car, la perfection absolue n’est qu’en dieu.

De par sa place dans l’alephbeth cette lettre rappelle la ’Ho’khmah, l’intelligence conceptuelle et contemplative. ’Ho’khmah est la neuvième Sephira à partir de Malkuth (la terre) et à partir de Kether c’est Yesod (la lune). Et c’est en Yesod que se condensent toutes les valeurs des autres Sephiroth avant de descendre vers Malkuth.

Cette lettre symbolise la Bonté – car elle est l’initiale de TOV – et aussi la pauvreté. Ce double caractère se retrouve dans les mots TOUME’AH, impureté, et de TAHARAH, pureté.

« Yesod est la contrepartie spirituelle de Malkuth, tout comme la Lune est la contrepartie spirituelle de la Terre… L’influence du cycle de la lune sur la terre et ses habitants ayant déjà été maintes fois prouvées, il est inutile de s’étendre plus sur la relation qu’il existe entre les deux planètes.

En observant la Lune, il est aisé de se rendre compte qu’elle n’émet pas de lumière propre. Comme tout le monde le sait, elle reflète l’éclat du Soleil (Tiphereth placée juste au-dessus de Yesod dans le schéma classique de l’Arbre) durant les heures sombres de la nuit.

Le Serpent pourrait donc être une réflexion du Messie [d’ailleurs, la valeur de Messie et de Na’ash est de 358, identité jusqu’en la réalité arithmétique]. Celui-ci brille en plein jour, mais c’est par l’intermédiaire de Yesod / du Serpent qu’il brille dans l’obscurité. » Krysaeus

Selon la Genèse III, 15 : « Une inimitié je placerai entre toi et Isha, dit Dieu au serpent, entre ta semence et sa semence. Celle-ci te blessera en tant que toi-tête, et toi tu blesseras Isha en tant que elle-talon ».

Nous devrions comprendre ceci comme une malédiction lancée par Dieu sur le Serpent à cause de son intervention dans le plan divin concernant la soumission de l’homme au sein du jardin de l’Eden. Mais regardons l’image donnée par Isha et le Serpent : la femme le blesse à la tête, ailleurs dans la Bible il est écrit qu’elle l’écrasera, tandis que le Serpent lui mordra les pieds.

La tête du serpent est aux pieds tandis que les pieds d’Isha sont sur la tête du serpent. Belle représentation du symbole de l’Ouroboros, ce Serpent qui se mord la queue ou parfois représenté sous la forme de deux serpents se mordant mutuellement la queue.

Nous voulons voir ici le lien qui unit la femme au serpent dans le cycle cosmique de vie-mort. Mais nous retrouvons aussi le symbole de la lettre Thet, ce serpent se mordant la queue, et qui symbolise donc les énergies accomplies. Sa valeur est 9, symbole de perfection et préside comme nous l’avons vu au mot Tov, bon.

L’union de la femme et du serpent serait donc un signe du bon et de la perfection. Mais nous retrouvons aussi une loi universelle de l’incarnation qui est d’épouser la terre pour être épousé au ciel…

Le serpent serait un ange jaloux de l’amour de Dieu pour l’Homme. Si nous acceptons le postulat que les anges ne peuvent être doué du libre arbitre, nous ne pouvons que nous interroger sur l’acte « libre » de cet ange. Selon un certain courant occulte, le serpent serait non un ange rebelle, car la rébellion signifierait aussi possession du libre-arbitre, mais un agent de Dieu dont la mission aurait été de libérer l’Homme, de lui montrer le chemin sur l’Arbre de la Vie.

Le Serpent connu Eve, selon cette source cette connaissance fut sexuelle, et il lui posa la question de savoir où était l’interdit de manger des fruits de l’Arbre : « vraiment, est-ce qu’Élohim t’a dit de ne pas manger de tout arbre du jardin ? »… Le questionnement introduit la réflexion qui fait naître un monde de possibles.

De cette union de la femme et du serpent, qui devrait selon le principe d’omniscience de Dieu être connue de Dieu et donc stoppé, il s’en suit une prise de conscience de la femme qui décide d’initier son époux. Le résultat du passage de l’interdit et de la prise de liberté de l’Homme a pour conséquence la Mort. Mais cette mort est également le début du cycle de transformation de l’humanité-enfant au sein du Paradis vers l’Humanité-adulte, réalisée par elle-même.

Ainsi, la pseudo-chute d’Adam du fait d’Eve participe à un plan connu et prévisible de transmutation de la Création, de l’Homme et de Dieu lui-même. Cette transmutation qui aurait été impossible sous tutelle et sans liberté. La mort ainsi acquise par la transgression devient un élément de la mise en marche du cycle cosmique vie-mort et donc de la possibilité de changement.

Le serpent Na’hash devient également pourvoyeur de la vie lorsqu’il est sous sa forme de Na’hash Ne’hosheth, ou serpent d’airain qui, dressé au sommet d’un bâton, guérit et donne la vie. Na’hash, Nun ’Heth Shin, est accomplit avec l’adjonction de la lettre Tav dans le mot Ne’hosheth, Airain. S

Sous cette forme, le Serpent est identifié au Messie sur la croix « pour que tout homme qui croit en lui ait la vie éternelle ». Ainsi, encore l’on signifie qu’en la mort apparente, au travers du cycle, la vie est donnée.

Et Thet se lit alors comme le Bouclier, Thet, qui protège le Yod menant à la fin, la contraction signifiée par le Tav. Ici, nous arrivons à la symbolique du Tsimtsoum, que nous ne développerons pas dans le cadre de cet article, mais qui y prend toute sa valeur.

Le Thet est ainsi le cycle par lequel l’Homme achèvera son évolution. Nous arrivons ainsi à l’essence du Serpent qui est double, féminin et masculin, terre et eau, lune et soleil, vie et mort, bien et mal… Sauf que ces contradictions apparentes se voient sublimées en Yesod… Tout en Un.

La Lame XIII du Tarot de Crowley représente la Mort : « L’Univers est Changement ; tout Changement est l’effet d’un Acte d’Amour ; tout acte d’Amour contient de la Joie Pure. Meurs chaque jour.

La Mort est le sommet d’une courbe du Serpent « Vie » ; regarde tous les opposés comme compléments nécessaires et réjouis-t’en. » Cette Lame symbolise la transformation, le changement, le développement volontaire ou involontaire de conditions existantes. Sur cette lame, apparaît le Serpent accompagné du poisson et du scorpion ainsi que de l’aigle. L’Aigle étant dans cette optique le Gardien de la Porte des Dieux…

Quant au fruit, il nous est décrit comme « bon à manger, désirable pour les yeux et réconfortant pour réussir » (Gen, III, 6). Ainsi, il rappelle : 1- que l’Homme est appelé à jouir de la Connaissance 2- que l’Homme est appelé à acquérir la Connaissance 3- qu’il est appelé à la toute-puissance sur la Création que lui confère la Connaissance. Mais jouir de la Connaissance n’est pas avoir la Connaissance, et avoir la Connaissance ce n’est être Connaissant.

Le véritable travail pour l’Homme commence donc avec le serpent qui offre la jouissance de la Connaissance à Eve. Ainsi, l’Homme doit passer d’un état passif, jouir de la Connaissance à un état actif, Connaître en passant par la prise de possession de la Connaissance.

Nous retrouvons ici aussi cette poussée vers le changement, dur labeur qui exige de se changer soi-même. Le but serait d’atteindre à la divinité de l’Homme, qui ayant cueilli les fruits de l’Arbre de la Connaissance doit en transmuter la substance afin de s’en approprier les principes avant que d’accéder à l’Immortalité que conférera l’état de Connaissant.

Et voici ce que nous dit un ancien texte :

« Apprend à manger à l’arbre de la Science et savoure le fruit de l’Arbre de Vie. Cherche les dieux en toi-même et si tu les reconnais et découvres le lieu de leur demeure, tu as gravi la marche supérieure de l’échelle des douze degrés.

Ainsi sera éveillé l’amour « divin » qui ne demeure pas dans les hallucinations de l’homme mais dans son « coeur » ; et cet amour divin donne naissance à la force libératrice qui nous permettra la contemplation de la lumière éternelle et qui détruira toutes les erreurs. »

Pour conclure sur le Serpent, il est, en l’homme, « le plus sage des hayyat hassadeh (vivants des champs). Ainsi, le serpent est la plus sage barrière du champ de conscience de l’homme, car, dans la profondeur, le serpent se fait aussi barrière divine car son nom, Na’hash est construit autour de la lettre ’Heth, barrière [’Heth est aussi la huitième lettre de l’alephbeth, et ce 8 couché représente le Grand Serpent Originel, l’Ouroboros, ou couché, le caducée d’Hermès, symbole de son rôle de messager divin !].

Le Serpent dans cette question posée qui débute l’Oeuvre, devient aussi celui qui ne permet à l’Homme de continuer son chemin vers la perfection que s’il est capable de partir à l’assaut d’Issah, et de réaliser ici-bas les Épousailles futures Célestielles.

Na’hash est donc aussi le gardien de la toute-puissance qui devra être alors livrée à l’Homme. Na’hash, Nun ’Heth Shin, est celui qui « conduit (Nun ’Heth He) au Shin » qui l’oblige à conquérir son noyau.

Sous le nom de Satan, Shin Thet Nun, le serpent symbolise, par le Thet qui remplace le Yod du Shin, la dernière barrière pour vérifier l’Homme avant sa reconquête du Yod, de valeur numérique 10, où le 1 symbolise l’Homme et le 0 la Femme. La reconquête du Yod est donc la Hiérogamie divine.

Il y a aussi identité numérique, 358 [qui est une suite de Fibonacci et donc nous donne le Nombre d’Or, Clé Universelle du beau et du bon, Tov], et donc principielle entre Na’hash et Masiah (Messie), Mem Shin Yod ’Heth.

Le Serpent conduit au Shin, comme nous venons de le voir ; il constitue aussi une barrière, ’Heth, et travaille avec Yod He Vau He sur l’homme qui se fait poisson, Nun.

Lorsqu’il est redressé, le serpent devient « aigle », neser Nun Shin Resh, gardien de la dernière porte, lumière, ner Nun Resh, du Shin.

Avec l’aigle, nous dépassons toutes les contradictions apparentes du monde, nous sommes au-dessus de toute dualité qui se caractérise dans les luttes des frères ennemis.

Ces frères – frère en hébreu se dit ’ah, Aleph ’Heth – ennemis ne sont autres que l’Homme et Dieu, le Serpent et Dieu, l’Homme et l’Homme. Et la dualité dépassée nous revenons à l’Unité, echad, Aleph ’Heth Daleth, lorsque le frère, ’ah, aura passé la porte, Daleth ».

Il n’y a d’autre dieu que l’homme. Dieu est homme et l’homme est dieu.

 

Sources : Spartakus Freeman sur EZOOCULT Excellent site Hermétiste

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