Message du Professeur Zolmirel transmis par Aurélia LEDOUX

le 2 mars 2018

« Je souhaite m’exprimer à mon tour. Je suis votre ami, le professeur Zolmirel.

Oui, nous nous connaissons bien à présent, cela fait longtemps que nous nous parlons.

Je voudrais dire, en mon nom et au nom des miens, combien je remercie les habitants de la Terre pour leur lecture attentive de ces messages.

Cela prépare nécessairement le terrain pour des retrouvailles fructueuses avec nous.

Une partie au moins d’entre vous est persuadée que nous sommes de paisibles visiteurs, des explorateurs, soucieux du bien être de votre monde.

Je m’en trouve ravi.

Oui, nous sommes ainsi, comme déjà exposé dans nos précédents messages, nous avons à cœur de voler à vos côtés, dans nos vaisseaux.

Notre flotte est immensément puissante, elle compte de très nombreux astronefs formés de pure énergie, donc indétectables par vos scans, ces éléments que vous appelez radars, ou tout autre moyen. Nos armes sont avant tout des armes passives, c’est-à-dire un moyen paisible et inoffensif de geler le fonctionnement de toute installation de type militaire. Nous utilisons ces armes, uniquement lorsque nous sommes détectés et menacés par un intrus. Il va de soi qu’elles consistent uniquement à endormir un éventuel agresseur, qui nous surprend en plein travail de botanistes. Si le nouveau venu ne manifeste nulle hostilité, ne possède pas d’arme, nous conversons avec lui.

Nous sommes sans visées minières d’aucune sorte sur vos territoires, puisque chez nous, les plus grands sages parviennent à matérialiser par l’esprit, nombre de constructions très réussies, mais aussi des bijoux, des objets décoratifs et des meubles raffinés. Cela fait que notre société est absolument dépourvue d’argent, n’utilisant aucune monnaie d’aucune sorte.

Mon peuple est très proche de la nature, de la sienne, et de la vôtre. Je dirai que les plantes qui couvrent votre planète, sont à nos yeux le trésor le plus inestimable qui soit.

Nous venons chez vous depuis assez longtemps maintenant, pour observer votre faune, votre flore. Notre étude se résume à faire des prélèvements d’échantillons de pollens, de spores, de mycélium, pour dupliquer un assez grand nombre d’espèces et les reproduire en laboratoire. La finalité de cette opération est le peuplement végétal massif de planètes désertiques, de mondes jeunes, ou de mondes aux écosystèmes endommagés pour une raison ou une autre, dont nous sommes soucieux d’aider les habitants.

Nous aimons à communier avec les animaux, avec vous aussi, si vous le permettez.

Plusieurs fois déjà, dans le passé, nos nefs sont venues explorer vos forêts, vos bois, en Europe, pendant ce que vous appelez la période du haut Moyen Age, puis de la Renaissance.

Les bois à cette époque étaient fort bien pourvus en essences de type très varié, avec une faune abondante et riche.

Nous avons tenté d’instaurer un dialogue parfois, avec les vôtres. Cela n’a pas vraiment fonctionné avec les cavaliers, soldats et autres brigands, simplement portés sur la domination physique et rien d’autre.

Ils voyaient dans notre présence sur leurs terres, une considérable offense à leur souveraineté. Malgré tous nos efforts patients, ils étaient peu désireux de converser d’aucune manière d’aucune sorte. Nos nefs étant équipées de champs répulsifs, nous n’avions rien à redouter de ces hommes en armes, mais ils épouvantaient les plus jeunes de leurs cris, du vacarme de leurs armures, qu’ils faisaient pour nous chasser.

Les plus humbles de cette époque, n’étaient eux, point toujours effrayés de notre venue. Ils nous prenaient pour quelques créatures célestes. Certains étaient curieux et bien disposés, ils considéraient qu’ils n’avaient rien à perdre en nous fréquentant.

Ces gens étaient accablés de travail, leurs mains affreusement meurtries par le labeur, mais comme leurs yeux brillaient, comme ils aimaient leurs terres ! Ils s’inclinaient bien bas, nous offraient des présents. Certains avaient peur que nous ravagions leurs humbles demeures, et surtout leurs cultures, comme le faisaient alors les gens d’armes de cette époque, galopant n’importe où, brutalisant les pauvres cultivateurs de ce temps. Certains avaient à peine de quoi manger, de quoi survivre et nourrir leur famille. Il y avait aussi hélas en ce temps, peu de salles de bains et beaucoup de maladies.

Comme nous en étions attristés alors ! Lorsque nous constations une injustice, que cela se produisait, nous tentions d’aider ces paysans honnêtes par des semis un peu … différents, que nous amendions aussitôt de fertilisants très puissants. Ces semis étaient arrosés de pensées heureuses, d’amour. Nous avons offert des présents à ceux qui nous ont aidés à mieux connaître les plantes de cette époque, en gage de remerciement.

Il nous fallait communiquer par gestes. Mais ces personnes, ces agriculteurs du 8ème, 12ème et du 16ème siècle, possédaient en eux des ressources intellectuelles très vives, inexploitées. Leur connaissance des sols était excellente, ils connaissaient le moindre recoin de chaque forêt. Par des flux d’images mentales, nous pouvions nous faire comprendre d’eux, ils nous guidaient en ces bois pour nos récoltes.

Souvent, leur méfiance tombait lorsqu’ils voyaient nos enfants. Les femmes étaient ravies de leur innocence, de leur curiosité.

D’autres peuples que les miens se présentèrent également, ils proposèrent aux habitants de votre temps de visiter leur monde. Les échanges étaient télépathiques, bienveillants. Certains Terriens, trop effrayés de quitter le sol, ont refusé, d’autres ont accepté, plus que ravis d’échapper au dur labeur de cette époque. Cela a donné naissance à nombre de légendes, plus ou moins vraies.

Ils ont ainsi pu apprendre à converser par télépathie, visiter bien des mondes.

A présent, notre joie est très grande, car bien sûr, vous êtes les enfants de ces familles aimables que nous avons rencontrées.

Vos ancêtres ont fait preuve d’ouverture, alors qu’ils étaient apeurés, ils nous ont invités même pour certains, à venir rompre le pain et à nous restaurer en leur compagnie, en leur intérieur.

Cela est un immense acte de courage, de foi, alors qu’ils n’avaient presque rien à offrir.

Nous n’avons pas oublié ces larges gestes de bienvenue. »

Il me montre une demeure très basse de plafond, un homme et son épouse habitent cette petite maison. Il n’y a pas d’étage, des branchages sont disposés sur le toit, avec de la mousse pour boucher les interstices. Les murs sont faits de glaise à l’extérieur, de paille et de branchages coupés avec soin à l’intérieur.

A l’intérieur, il n’y a pas de mobilier pour s’asseoir, juste deux pièces avec de la paille et un petit réduit, qui fait office de cuisine-chambre à coucher. Un feu brûle en permanence, les paysans dorment devant l’âtre, un petit conduit comme une cheminée, est ménagé vers le toit, pour que les fumées sortent. Cela dit, c’est très dangereux, la paille sur laquelle ils s’étendent est bien trop proche du foyer. Pour éviter tout risque d’embrasement, ils ont répandu de la cendre et du sable dessus.

L’homme et la femme sont jeunes et avenants. Ils possèdent juste un coffre de bois grossièrement assemblé et quelques couvertures, un petit tabouret pour le travail, ainsi que des récipients, des ustensiles de cuisine en bois. Il existe une table, mais elle sert surtout pour entreposer du linge, pour effectuer des tâches manuelles, la préparation des repas.

Dans un autre recoin, on voit de nombreux paniers fabriqués avec habileté, abritant des réserves de grains et de légumes secs. L’intérieur de la maison est aussi propre que faire se peut. Le paysan et son épouse ont les mains terreuses et leurs habits portent quelques traces de boue. Ils ont fait en sorte de se rendre le plus présentables possible. L’homme est brun avec une moustache, son visage est rougi par le soleil. La femme possède un teint plus pâle, presque anémié, elle est blonde, ses cheveux sont noués dans un foulard. Elle arbore une robe longue en tissu épais, avec plusieurs pièces de tissu, un tablier gris bleu et une sorte de petit gilet blanc écru. Ses mains sont très abimées par le travail.

Il fait frais mais pas trop froid, on est au début du printemps, à en juger par la couleur de l’herbe devant la maison.

Les deux agriculteurs sourient tous deux largement. Ils possèdent des moutons et quelques chèvres, la vie au grand air et le travail acharné ont fait qu’ils ont une vigueur exceptionnelle. Leurs yeux sont vraiment très brillants.

La maison se trouve dans une région de montagne un peu isolée, près d’une cascade. Un peu plus bas, on voit d’autres habitations plus vastes, entrecoupées de granges.

La femme tient un bébé dans ses bras, elle fait de larges gestes de bienvenue. Les aliens s’inclinent poliment et entrent les uns après les autres en murmurant chacun des bénédictions.

Ils s’asseyent timidement, ils sont très déplacés en un tel lieu, mais ils sourient à leurs hôtes.

Il y a trois aliens et un petit enfant, bien apeuré par le feu qui crépite dans l’âtre.

Ils déposent devant le couple plusieurs sacs de semences de très haute qualité, de céréales, de haricots, de courges et de plantes servant à faire du foin pour les animaux.

Il existe aussi des graines inconnues. Pour se faire comprendre sur les périodes de semis, les aliens parlent par gestes. Ils dessinent un schéma avec les saisons sur le sol, et disposent les graines au bon emplacement.

Le couple est bouleversé, ils se confondent en remerciements.

L’homme se lève et apporte des graines qu’il a récoltées dans la forêt, à la demande des botanistes. Il leur montre des faines de hêtres, un marron, des racines de plantes sauvages et de jeunes plants d’arbres, soigneusement enveloppés dans du coton.

Ensuite, comme il garde le meilleur pour la fin, il leur tend un panier rempli de champignons. Alors, les aliens sont emplis de joie, ils le remercient avec de grands gestes euphoriques. Les petits botanistes surexcités parlent entre eux, ils n’ont jamais récolté autant de moisissures nouvelles !

De grands rires s’élèvent à l’intérieur de la petite maison. La scène s’éloigne curieusement, vue du dessus et en accéléré. Au cœur de la forêt, une nef bleutée bien cachée, est posée dans un bois touffu. La petite maison s’éloigne et le professeur reprend.

« Voici cette scène du passé, qu’un ami explorateur m’a offert de partager. J’ai été heureux de vous relater ce voyage inattendu. Je vous suis très reconnaissant pour votre lecture attentive.

Votre ami du dessus de la Terre, qui veille vos pas, »

Le professeur Zolmirel,

Source : http://www.unepetitelumierepourchacun.com

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