Transmis par LILA

Hier, j’ai gardé mes volets fermés toute la matinée, la tempête Eleanor soufflait si fort alentour que les arbres déshabillés par l’hiver, dansaient comme des soufis en transe, leurs branches se courbaient jusqu’au sol ou bien se tordaient en tresses coiffées par des mains invisibles. Le toit crissait, le souffle de la tempête vrombissait par les tuyaux des cheminées et donnait l’impression que toute la maison respirait au rythme du pas de course.

Dans cette ambiance étrange de fin du monde, sans ciel, je me sentais suspendue hors du temps, dans le confort ouaté de l’intérieur. Sous la pression humide de l’ambiance, par osmose, j’ai pris ma douche, dans un semblant d’indifférence.

Alors que l’eau domestiquée et claire s’écoulait sereinement du pommeau, il me semblait qu’un doigt immense me tapotait le haut du crâne et puis l’épaule, pour me saluer et se présenter : Je suis MEM, représentante et symbole de Vie. L’énergie de cette main immense et affectueuse et l’eau qui s’écoulait du pommeau devenaient UNE et, tandis qu’elles fusionnaient dans un élégant mouvement, je me suis sentie toute petite et toute nue, dévêtue de moi-même,  j’étais ainsi devenue un simple ensemble de cellules emplies d’eau. Cette constatation me fit sourire ; il y avait ainsi 3 manifestations de l’eau l’une au-dessus de l’autre, n’ayant rien à voir dans leurs formes et pourtant chacun de ces états représentaient MEM : l’eau, la mère, la vie.

Le grésil battait le toit, l’eau du pommeau coulait tranquillement sur mon corps et moi, minuscule assemblage de cellules pleines d’eau, j’étais recroquevillée au fond de ma douche comme une petite fleur de peau ; 3 états suggérant des émotions différentes.

Alors, MEM devînt une voix, souveraine et maternelle, chargée de sagesse, transmettant ainsi la notion d’infinité et d’éternité afin de dépasser les formes que l’on pourrait Lui attribuer.

Elle dit : « Tu n’es pas uniquement faite d’eau » et dans le même temps, les images qui me venaient en esprit associaient Mem à la Source de la vie bactériologique, la Source des complexes échanges et des multiples connexions entre les cellules, leurs déploiements et intrications formant finalement toutes les formes du Vivant tel que nous les connaissons.

Je me sentais devenir plus petite devant la beauté immense et l’Infinie Présence de MEM, diminuant à chaque portion de connaissance transmise, devenant moi-même une particule de l’Océan des premiers temps, fondue à l’Histoire de ce monde parce que j’étais intégrée à MEM.

Tandis que dans la masse d’eau  des premiers temps se développaient  et se transformaient les plus petites bactéries en ogres dentus des profondeurs, l’Eau en tant qu’élément premier me montrait qu’Il existait sous bien d’autres formes dans l’immense cosmos, et la chaîne de l’évolution se dépliait par étapes successives dans mon champ visuel interne. Parallèlement à ce développement terrestre, la vie existait également hors de l’élément Eau, dans d’autres éléments, sous d’autres formes intelligentes, dans d’autres densités. Je prenais conscience fondamentalement, à travers mes cellules, que l’Eau n’était pas Tout, que d’autres éléments contribuaient à la vie, à son évolution et à son mouvement.

Certes nous étions dans un monde d’eau et Cela conditionnait notre forme physique, le fonctionnement de nos organes, de notre pensée et notre compréhension des fonctionnements de la vie. Nous ne pouvions pas encore nous projeter dans d’autres mondes car nous n’étions pas nés en conscience dans les autres éléments ; dans un autre élément nos comportements et notre forme seraient basés sur d’autres types d’émotions et de connaissances, nous serions « autres » mais tout autant vivants, mouvants et ardents.

Alors, Mem ouvrit sa Conscience pour que les autres Lettres m’apparaissent, chacune rayonnant d’une énergie singulière. La plupart d’entre elles brillaient comme des soleils puis s’éteignaient, devenant de petites veilleuses, les équivalents de supernovas dans le cosmos spirituel.

La dernière d’entre elles se nomme Aleph et au lieu de se voiler pour s’éteindre, Elle s’est approchée de moi en bombant le torse et relevant la flamme qui Lui sert de tête. Aleph, s’est présentée comme la première et la dernière des Lettres car Elle porte le Souffle de Dieu…en termes astrophysiques on pourrait traduire par l’élément Hydrogène ou le souffre, Elle est la combustion en même temps que la chaleur produisant la Vie. Aleph a une forme de triangle dont l’un des angles est une flamme projetée, permettant le passage du Souffle de Vie. La conscience se sert de cette Source pour ensemencer la Vie sous de nouvelles formes et recréer des mondes à l’Infini.

Ainsi, Aleph m’a salué dans un éclaboussant Feu ardent, en s’ouvrant la lettre permet au Souffle-pensée de Dieu de s’élancer dans toutes les directions comme un feu d’artifice multicolore et sacré.

Tel est le voyage d’une âme : passer d’un élément à l’autre pour modeler la Conscience de la Vie, afin qu’Elle conserve en Son Sein, une Image d’Elle-même. Le rôle d’un humain dans tout ceci est d’être un réflecteur du microcosme dans lequel il vit ; miroir grossissant du monde dans lequel il évolue, informateur de ce qu’il vit, tel qu’il est, pour ce qu’il est, instrument de la Vie connaissante et infinie.

Namasté.

LiLa

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