Le présent texte repose sur une confusion entre l’état d’hypnose et le rêve conscient.

L’état d’hypnose n’a pas de définition stricte. Une description souvent acceptée consiste à dire qu’une personne qui n’est pas en état d’hypnose se préoccupe consciemment et inconsciemment de tout ce qui se trouve autour d’elle. Elle tient compte des personnes présentes, des objets, mais aussi des règles de comportement, des usages…

Mettre la personne en hypnose consiste à faire en sorte qu’elle ne se préoccupe plus de cet environnement global mais se focalise sur certaines choses bien précises.

Par exemple, si le cerveau d’une personne refuse de se souvenir de quelque chose, parce que cette chose est trop pénible ou culpabilisante, un hypnotiseur peut amener la personne à oublier temporairement les règles de morales ou la douleur qui sont liés à ce souvenir. Alors la personne peut se consacrer à ce souvenir et l’énoncer.

Autre exemple : une personne peut subir une opération chirurgicale sans anesthésie, si un hypnotiseur réussit à faire en sorte que son cerveau ne tienne plus compte des signaux de douleur et de la situation dans la salle d’opération. Le cerveau de la personne se focalisera sur l’idée qu’elle se trouve à un endroit agréable où elle passe un peu de temps.

La suggestion est en toute généralité l’art d’induire quelqu’un à faire quelque chose.

En particulier, l’hypnotiseur fait usage de suggestion pour mettre la personne en état d’hypnose. Une fois la personne en hypnose, l’hypnotiseur continue à faire usage de suggestion pour mettre à profit cet état.

Le rêve lucide est un état du cerveau, comme endormi et en train de rêver, mais au lieu de subir le rêve ; de voir son déroulement comme un film, on est un acteur conscient dans le rêve.

On se trouve comme dans un jeu vidéo où on commande son personnage. On observe, on prend la décision de se déplacer ou de faire certaines choses… on peut éventuellement décider de changer complètement le décors du rêve.

C’est une question d’entrainement.

Sans entrainement, on décide de peu de choses dans le rêve éveillé. Avec de l’entrainement par contre, on peut devenir un corps à part entière, manipuler des objets avec ses mains…

Pour entrer en rêve lucide, j’ai utilisé des éléments propres à l’hypnose.

J’ai tiré du rêve lucide des bénéfices que l’on attribue généralement à l’hypnose. Je suppose donc que ces états sont apparentés. J’ai qualifié le rêve lucide d’état d’hypnose mais cela peut être refusé par d’autres personnes sans que j’aie d’argument particulier à opposer.

Les sorciers africains disent circuler la nuit.

Ils se réunissent, commettent des actes de magie, se battent… Après avoir lu le récit de ces nuits de sorciers, il me semble tout à fait qu’ils sont en état d’hypnose.

Ces sorciers sont en réalité en train de dormir. S’ils arrivent à faire des choses ensemble dans ce monde hypnotique, c’est sans doute parce qu’ils partagent la même culture ou parce qu’ils en parlent entre eux avant d’aller dormir.

La suggestion et l’auto-persuasion font le reste.

Le monde hypnotique dans lequel ils évoluent a comme décor leur village et ses alentours. Ils ont conscience d’évoluer dans un monde parallèle calqué sur le monde réel. Ce qu’ils y font a des répercussions dans le monde réel. Réciproquement, les villageois n’hésitent pas à placer des pièges, un peu comme des tapettes à souris, pour blesser les sorciers qui se permettraient d’entrer chez eux.

Ce petit univers de sorcellerie peut sembler amusant raconté ainsi. Le problème, c’est que les africains prennent cela au sérieux. Par exemple pour eux toutes les maladies ou autres inconvénients sont la conséquence des actes, batailles ou transactions que les sorciers font la nuit. La maladie d’une personne est due au fait qu’un sorcier est venu prendre son énergie la nuit, par un acte de vampirisme. Il s’ensuit des terreurs, des prises de pouvoir, des dépenses d’argent et de temps énormes… pour quelque chose qui en réalité n’existe pas.

Les vraies causes des problèmes sont négligées.

Dans ces histoires de sorciers africains j’ai pu reconnaître une anecdote qui m’est arrivée : un jeune garçon malade depuis longtemps mais dont les médecins ne comprennent pas la maladie. D’après les tests médicaux il est en parfaite santé. Conseillée par un médecin, sa mère demande l’aide d’un sorcier. Le garçon passe une nuit chez ce sorcier. Le lendemain il se sent beaucoup mieux, presque guéri. Officiellement parce que le sorcier s’est battu pour lui toute la nuit, contre les sorciers qui avaient pris son énergie.

Une amie avait de gros problème avec un voisin. Elle était au bout du rouleau. Elle est venue dormir chez moi et le lendemain elle avait retrouvé toute sa vivacité. Je n’ai pas le moindre souvenir d’avoir posé de quelconques actes hypnotiques cette nuit là.

Mais ceci montre que l’univers de la sorcellerie colle en apparence à des faits concrets que l’on peut rencontrer.

Cela montre aussi que la maladie peut parfois être due davantage à des problèmes sociaux qu’à un véritable microbe.
Propos de Eric Brasseur

Vu sur http://othoharmonie.unblog.fr/

Vous pouvez partager ce texte à condition d’en respecter l’intégralité et de citer la source: http://elisheanportesdutemps.terrenouvelle.ca

Copyright les Hathor © Elishean/2009-2014/ Aux Portes du Temps


Print Friendly, PDF & Email