Le SOI est ESPRIT

La Conscience

Le mot  » Conscience  » est traduit par la terminologie du Vedanta  » Svaprakasa « . Il s’agit d’une entité dont l’existence est évidente et qui n’est pas l’objet de notre perception.

Nous constatons que dans chaque individu il y a deux niveaux de conscience : l’une qui est l’objet de notre perception intérieure, la notion de ‘Je’ multiforme, heureux, malheureux, doute, mémoire etc.

Cette conscience sous forme de la notion de ‘Je’, change comme un objet matériel et doit être perçue par une autre Conscience dont l’existence est évidente et qui révèle tous les aspects de la notion de ‘Je’.

Cette Conscience révélatrice n’est l’objet d’aucune perception intérieure et n’est pas affectée par l’aspect multiple de la conscience empirique. Elle est le substratum de cette dernière. Cette Conscience réelle est appelée  » Cit  » dans le Vedanta

C’est la raison pour laquelle dans le Vedanta la Conscience est désignée par le terme « Suddhacaitanya « , à savoir la Conscience Pure, la notion de l’existence pure sans aucun aspect spécifique, par exemple :  » Je suis heureux, malheureux…  » Cette Conscience Pure n’étant pas une entité matérielle, représente par voie de conséquence la joie absolue, car la joie fragile est en rapport avec une conscience sous un aspect spécifique :  » j’étais heureux dans le passé , à présent je suis malheureux … « . L’idée de conscience est exprimée dans le Vedanta par le terme  » Brahman  » qui signifie la réalité la plus grande, qui est le substratum universel de tous les phénomènes extérieurs et intérieurs, limités dans le temps et l’espace.

La Conscience, telle qu’elle est décrite dans le Vedanta, représente le Soi suprême de l’individu.

Ce Soi suprême, la Conscience Pure, existe en filigrane, en tant que substratum de la conscience empirique, l’ego, la notion de  » Je  » qui entreprend, fait des expériences et qui subit.


La Conscience Pure est décrite dans le Vedanta aussi en tant que réalité qui demeure dans le corps  » sariraka « . Par le mot  » corps « , il ne s’agit pas uniquement d’un corps grossier, produit des cinq éléments, qui se construit dans le ventre d’une mère, qui en sort, qui se détériore et disparaît. Il s’agit d’un corps durable jusqu’à la destruction de l’Ignorance fondamentale de l’individu, cause de formation de ce dernier.

Ce corps véritable est appelé le corps subtil  » suksma sarira  » dans le Vedanta. Dans ce dernier demeurent toutes les facultés, les capacités pour construire une individualité qui agit et subit.

Dans la société, le terme  » conscience  » est utilisé pour exprimer plusieurs idées : l’esprit, l’âme, l’ego, la notion de ‘Je’ … Mais toutes les entités exprimées par un mot doivent être bien définies pour que l’individu soit conscient de l’existence de cette entité, en vue d’élucider les problèmes fondamentaux de sa vie et de retrouver sa joie véritable.

C’est la raison pour laquelle, dans le Vedanta, le terme  » Aham pratyaya « , la notion de ‘Je’, est utilisé comme l’indice de la présence de la Conscience Pure, Brahman. La notion de ‘Je’ empirique est l’aspect illusoire de son substratum, l’entité réelle qui est Brahman. L’individu perçoit toujours les deux entités associées : réelle et irréelle, à l’instar d’un serpent illusoire perçu avec son substratum, la corde. La connaissance de Brahman ou de Soi n’est autre que la destruction de l’aspect illusoire du Soi de l’individu.

La connaissance de Soi

La connaissance de Soi ou de Brahman a un sens particulier dans le Vedanta. La connaissance de Soi n’épouse pas la même caractéristique que celle d’une connaissance empirique, habituelle qui se réalise par deux entités : l’une est le connaisseur et l’autre représente l’objet de la connaissance.

Dans le cas de la connaissance de Soi, la dualité est impossible, car cela est incohérent, l’individu ne peut pas être à la fois le connaisseur et l’objet de connaissance.

La Connaissance de Soi représente la constatation d’un niveau de conscience dont l’existence est évidente et qui n’est pas l’objet de connaissance.

Seule l’élimination des fluctuations mentales qui maintiennent l’aspect dualiste illusoire de l’individu peut mettre en évidence l’existence pure et la joie naturelle de l’individu, mais cette investigation personnelle appartient au domaine de la discipline spirituelle yogique.

Swami Shraddhananda Giri
VEDANTA.asso.

Les facettes de la conscience de soi

par GAËTANE CHAPELLE

Le soi est constitué de deux dimensions fondamentales : l’une est la réponse à «Qui suis-je?», l’autre donne l’impression d’être une et une seule personne.

«Suis-je moi ? » Se poser cette question peut paraître étrange, tant la réponse est immédiate, et univoque. Nous avons en effet le sentiment fort et clair d’être une et une seule personne, d’être distinct des autres, d’exister en tant qu’individu. Par contre, à la question « qui suis-je ? », la réponse est plus complexe. Nous ne pouvons nous décrire, nous définir en une phrase. Il faut de longues explications, des périphrases choisies, des suites d’adjectifs nuancés, des « oui mais », des « ça dépend des circonstances » pour rendre compte de toute la complexité de notre personne. La conscience de soi est donc faite d’un grand paradoxe : malgré le sentiment très fort que nous avons d’être une seule personne, nous nous décrivons en même temps comme un individu à multiples facettes, à l’histoire sinueuse.

Pour résoudre ce paradoxe, le psychologue William James, dans le chapitre consacré à la conscience de soi dans son ouvrage Principles of Psychology (1890), part du principe que le soi se décompose en soi-objet et soi-agent.

Le soi-objet réfère à la connaissance et l’évaluation de nous-mêmes, un peu comme la connaissance que nous pouvons avoir d’autrui ou des objets qui nous entourent. Pour résumer, on pourrait dire que le soi-objet est la réponse à la question « Qui suis-je ? ». La psychologie du développement et la psychologie sociale se sont beaucoup intéressées à la réponse que nous faisons, selon les étapes de notre vie, ou les circonstances sociales, à ce « Qui suis-je ? ». Mais une autre facette mystérieuse du soi est ce que W. James appelle le soi-agent : cette capacité mentale qui nous donne l’impression d’être un, que c’est bien nous qui dirigeons nos actions et nos pensées, qui contrôlons ce que nous ressentons, ce que nous projetons de faire. Le soi-agent nous permet en fait de conserver une unité mentale à travers toutes les circonstances de la vie, en bref, donne ce sentiment que « je suis moi ». Les sciences cognitives se penchent depuis quelques temps sur ce phénomène mystérieux : le sentiment d’évidence que nous avons d’être nous-mêmes.

Je suis multiple

Il est impossible de répondre à « Qui suis-je ? » en une ou deux phrases. Parce que tout individu est composé de multiples visages, selon les circonstances ou les étapes de sa vie.

Le psychologue québécois René L’Ecuyer, spécialiste du développement des connaissances sur soi, a mené un très large projet de recherche auprès de personnes âgées de 3 à 100 ans. Il leur a demandé de répondre comme elles voulaient à la question « Qui suis-je ? ». L’analyse du discours de toutes ces personnes a révélé qu’on pouvait se référer à 43 facettes différentes du soi pour se décrire ! Ces facettes n’ont pas toutes la même importance ou le même statut hiérarchique dans la définition de notre image. Leurs multiples combinaisons, leur malléabilité permettent, selon lui, de rendre compte de toutes les figures possibles d’un individu au cours de sa vie (1). Certaines de ces facettes concernent tout ce que les personnes possèdent, que ce soit leur propre corps, des objets ou des personnes. D’autres réfèrent aux caractéristiques internes ou psychiques de la personne, comme les aspirations, les goûts et intérêts, les qualités et défauts, etc. Ressortent aussi dans le discours des gens ce qui les identifie (leur nom, prénom, lieu de résidence), leurs rôles et statuts (état civil, profession, rang dans la famille), leur idéologie (« je suis pour la non-violence ») et leur identité abstraite (« je suis un manuel »). Il s’agit en fait d’un curriculum vitae détaillé.

L’enquête de R. L’Ecuyer montre également que nous décrivons nos capacités d’action et d’adaptation dans notre portrait. Enfin, toute une partie de ce que nous savons sur nous-mêmes concerne l’aspect social de l’être humain : nos capacités à sortir de nous-mêmes, à nous ouvrir aux autres, à entrer en interaction avec eux, ainsi que la qualité, positive ou négative, de nos relations avec les autres. Parfois même, certaines informations que nous donnons sur les autres (et donc plus sur nous-mêmes) nous définissent malgré tout implicitement, par personne interposée, que ce soit par contraste, prolongement ou continuité avec ces autres personnes. Dire « mon père était un bricoleur, lui » signifie clairement que je n’en suis pas un. « Mes enfants ont une bonne situation » sous-entend mon mérite comme père ou comme mère de les avoir menés là.

Moi et les autres

Au-delà d’une description détaillée des multiples facettes du soi, les psychologues se sont demandé comment chaque individu formait cette image de lui-même. Les sociologues ou les psychologues sociaux ont privilégié l’influence sociale. Ils se sont interrogés sur la façon dont nos interactions avec autrui formaient notre image de nous-mêmes. George Herbert Mead (1863-1931) fut un des premiers à aborder cette question. Ce psychosociologue a développé une théorie interactionniste de la conscience selon laquelle « les connaissances et les processus relatifs au soi se construisent dans l’interaction et les contextes sociaux et, en retour, influencent notre interprétation de ces relations et de ces contextes(2) ». G.H. Mead alla jusqu’à soutenir la thèse selon laquelle l’image de soi ne pouvait exister que par le regard des autres.

Les chercheurs en sciences cognitives se sont davantage intéressés à l’organisation en mémoire de nos connaissances sur nous-mêmes : comment chacun organise-t-il une hiérarchie entre « ce qui le caractérise le plus » et « ce qui lui ressemble le moins », comment son image de lui-même influence son interprétation du monde, etc.

En effet, les connaissances sur soi semblent avoir un statut tout à fait privilégié par rapport à l’ensemble de nos connaissances sur le monde : ce sont celles que nous maîtrisons le mieux, et que nous pouvons rappeler le plus rapidement. Elles sont de plus très structurées. Les chercheurs ont différentes hypothèses quant à la façon dont sont organisées ces connaissances. Pour tous, il est en tout cas évident qu’un individu privilégie certaines informations sur lui-même par rapport à d’autres, et que cette conception de lui-même influence son interprétation du monde. Par exemple, quelqu’un ayant comme information principale de lui-même qu’il est un grand timide a tendance à davantage remarquer et se rappeler des rencontres déplaisantes avec autrui, car il porte une plus grande attention à ces événements qu’à d’autres.

Les travaux les plus récents sur l’organisation de la connaissance de soi en mémoire plaident pour l’existence de deux grands registres d’informations : les traits, qui sont de nature abstraite et générale (par exemple, je suis timide ou extraverti, je suis costaud ou gringalet, etc.), et les comportements, qui concernent des épisodes particuliers de la vie de quelqu’un (« hier matin, je me suis mis à rougir lorsque j’ai dû demander un service à un collègue »). Cette distinction, proposée par les psychologues Stanley B. Klein et Judith Loftus (3), ressemble à l’une des plus grandes distinctions entre deux types de mémoire : la mémoire sémantique, qui contient les connaissances générales et abstraites sur le monde, et la mémoire épisodique, celle des souvenirs précis de moments uniques de notre vie.

Les connaissances sur soi sont donc organisées comme toutes les autres connaissances que nous avons sur le monde. Nous les connaissons seulement beaucoup mieux que toutes les autres informations sur le monde, parce que c’est avec nous-mêmes que nous passons le plus de temps. Mais tout ce qui nous concerne nous-mêmes a une autre dimension essentielle : nous ne confondons jamais ce qui nous appartient (nos pensées, nos projets, nos intentions) avec ce qui appartient à un autre. Parce que nous avons toujours ce sentiment très fort « d’être soi ». Cette facette mystérieuse du soi est ce que W. James appelait le soi-agent, cette capacité mentale qui nous donne l’impression d’être « un ».

Du concept de soi à la conscience de soi

D’où vient la conscience de soi ? Comment émerge-t-elle ? Est-elle présente dès le début de la vie, ou doit-elle se construire ? Et surtout, quels sont les mécanismes mentaux qui la rendent possible ?

Les questions sont nombreuses et les réponses complexes. Mais les développements récents des sciences cognitives ont permis d’explorer quelques pistes.

Certains affirment qu’on ne peut développer une conscience de soi que si on est capable de distinguer nos propres états mentaux de ceux des autres. Il faut donc posséder ce que les chercheurs appellent une « théorie de l’esprit ». Ce concept a été formulé par les chercheurs pour décrire la capacité d’inférer des intentions, des croyances ou des connaissances à autrui sans se fonder sur ses comportements visibles.

Une « théorie de l’esprit » semble exister chez certains grands singes, et n’apparaître chez l’enfant que vers quatre ans. Il existe une expérience célèbre pour montrer que l’enfant de moins de 4 ans n’est pas encore capable de distinguer ce qu’il sait lui de ce que savent les autres : on met en scène, dans un petit théâtre, deux marionnettes, Maxi et sa mère. Dans une première scène, Maxi range un chocolat dans une boîte avant d’aller jouer. Pendant son absence, la mère de Maxi enlève le chocolat de la boîte et le met dans un placard. Où Maxi cherchera-t-il le chocolat à son retour ? Les enfants de 3 ans répondent qu’il le cherchera dans le placard, c’est-à-dire là où eux-mêmes savent qu’il se trouve. Puisqu’ils ne savent pas distinguer ce qu’ils savent de ce que l’autre sait, on peut supposer que les enfants de cet âge n’ont pas encore la claire conscience des frontières entre leur propre pensée et celle des autres.

Mais alors, si l’enfant ne maîtrise pas encore tous les aspects de la conscience de soi avant 4 ans, comment expliquer qu’il puisse se reconnaître dans le miroir, utiliser le « je » pour exprimer ses intentions, se comparer aux autres en disant par exemple « moi, je cours plus vite que Martin »?

La conscience de soi ne s’acquiert sans doute pas en un jour, et n’est pas seulement le résultat de raisonnements abstraits sur les pensées d’autrui et les siennes propres. Il est plus que probable que c’est à force d’expériences, de pratiques, que l’être humain apprend qu’il est une personne. La philosophe Joëlle Proust explique ainsi que pour avoir un sens de soi, un individu doit en premier lieu être capable de faire la différence entre les changements du monde qu’il produit et ceux provoqués par le monde extérieur : l’enfant découvre petit à petit le lien causal entre ses mouvements et certains bruits ou mouvements des objets. Très vite aussi, il découvre sa capacité à faire réagir autrui, par ses pleurs ou ses gazouillis joyeux.

La deuxième étape importante pour acquérir un sens de soi est de pouvoir se représenter le monde indépendamment de sa position présente.

Ce n’est pas parce que je quitte une pièce que les objets qui s’y trouvent cessent d’exister. L’enfant apprend sans doute cela à force d’expériences. Le jeu dans lequel un adulte se cache puis se montre à un enfant en disant « coucou ! » lui apprend par exemple que celui qui a disparu va réapparaître. Que son point de vue ne définit donc pas complètement l’existence d’autrui. Enfin, la dernière étape pour avoir un sens de soi consiste à s’attribuer à soi-même ses propres états internes.

Comment en effet faire la distinction entre l’intention d’autrui et la sienne propre ? Les amoureux ne sont-ils pas particulièrement émerveillés et attendris lorsque l’autre devance leurs désirs. « C’est fou, vont-ils dire à leur âme soeur, j’y pensais justement ! ». Ces coïncidences sont souvent vécues comme une preuve immanquable de la fusion des deux coeurs. Cela prouve combien il est important de s’attribuer à soi des pensées, désirs, intentions et de ne pas les confondre avec ceux des autres. Mais quels sont les processus mentaux qui nous en rendent capables ? Pour répondre à cette question, certains tentent de comprendre les troubles de conscience de soi qui existent dans certaines pathologies, comme la schizophrénie.

Nouveaux regards sur la schizophrénie
Tout patient schizophrène souffre, à un moment ou à un autre de sa maladie, « d’idées délirantes, d’hallucinations, ou de certaines perturbations caractéristiques de l’affectivité ou du cours de la pensée (4) ».

Les symptômes les plus fréquents sont les suivants : le patient croit à certains moments que ses pensées et ses actions lui sont imposées par une force extérieure ; il ressent parfois l’impression que ses pensées sont accessibles à autrui ; il souffre du sentiment que tout le monde s’intéresse à lui et attend certaines actions de lui ; enfin, il a un sentiment excessif de contrôle, croyant faussement pouvoir provoquer divers événements extérieurs.

Ces symptômes peuvent-ils être interprétés comme un trouble de la conscience de soi ? Oui, affirment certains chercheurs. Comme l’explique J. Proust dans un ouvrage consacré à l’approche cognitive de la schizophrénie (5), les troubles de ces patients évoquent une difficulté à distinguer une action voulue et exécutée par soi d’une action voulue et effectuée par quelqu’un d’autre.

Mais comment un schizophrène peut-il confondre ses propres intentions avec celles des autres, ou ses propres actions avec celles des autres ?

Pour le comprendre, analysons un comportement simple. Lorsqu’un joueur de tennis engage une balle, il a le sentiment clair et immédiat d’être maître de son action, depuis l’intention jusqu’à la réalisation. Cela peut paraître simple, mais pourtant, de très nombreux mécanismes cachés, conscients et inconscients doivent être coordonnés pour lui donner ce sentiment « d’unité ». Tout d’abord, il doit faire le projet de frapper la balle, soit en l’imaginant mentalement, soit en se parlant intérieurement. Ensuite, il doit programmer son mouvement. Les muscles se contractent selon un schéma précis, le regard compare l’endroit du court où doit arriver la balle et l’angle de la frappe, etc. Si il est bon joueur, tout cela se fait automatiquement, sans qu’il ne doive y réfléchir.

De plus, afin de pouvoir corriger à chaque instant la trajectoire de sa frappe, ou la puissance de son geste, il faut que son cerveau soit informé par les muscles, les yeux, la peau, de l’état du mouvement. Enfin, le joueur de tennis doit se concentrer sur son geste, et ne pas se laisser distraire par les bruits de l’environnement, les mouvements du public, etc. Grâce à sa capacité d’intégrer son intention d’agir avec les sensations produites par les mouvements de ses muscles, et d’écarter de son attention ce qui n’est pas pertinent, il se persuade qu’il est le maître et l’exécuteur de sa frappe de balle.

Imaginez maintenant qu’un trouble cognitif l’empêche de gérer toutes ces informations différentes en même temps, de les organiser, et de se concentrer sur l’une ou l’autre. Ou que des troubles de mémoire ne le rendent pas capable de retenir toutes les sensations corporelles successives provoquées par ses mouvements. A ce moment, le joueur de tennis serait comme un patient schizophrène : il pourrait se tromper sur l’origine de ses pensées. Plutôt que les interpréter comme « venant de l’intérieur », il les attribuerait à quelqu’un d’autre. Il pourrait aussi se laisser distraire, par exemple, par le mouvement d’un spectateur, intégrer ce mouvement de l’autre aux sensations qui viennent de son propre corps et croire ainsi que le spectateur est à l’origine de son mouvement ; enfin, s’il ne se souvient pas de la sensation de la balle entre ses doigts, il peut croire qu’un autre l’a jetée, etc.

Les troubles de conscience de soi des patients schizophrènes nous mettent donc sur la piste des mécanismes mentaux qui la rendent possible : il faut posséder une capacité à intégrer de nombreuses informations différentes, venant de nos pensées, de notre propre corps, et de notre environnement. Cela peut paraître trivial pour quelqu’un en bonne santé. Mais la schizophrénie montre que lorsque ces multiples informations, qui nous parviennent simultanément ou dans un temps très court, sont mal gérées, la conscience d’être soi, d’être « un » et maître de son comportement peut éclater.

La conscience de soi consiste à se sentir à l’origine de ses actions, d’en être l’exécuteur, et d’avoir une unité entre projets et perceptions.

Mais la conscience de soi donne aussi le sentiment plus général de rester toujours soi-même, malgré tout ce que la vie nous fait traverser. Elle donne la conviction que nous serons demain la continuité d’hier et d’aujourd’hui. Continuité ne veut pas dire identité de pensée, d’action ou de personnalité. Même lorsque quelqu’un affirme « j’ai changé », il a toujours le sentiment d’être ce « je ».

D’où venons-nous, qui sommes-nous, où allons-nous ?

Les sciences cognitives font l’hypothèse qu’un autre processus mental est à l’origine de cette conscience d’être « soi-même à travers le temps » : la mémoire autobiographique. Comme son nom l’indique, elle contient l’information sur notre propre vie.

Comme pour toutes les informations en mémoire, les théoriciens distinguent ce qui est sémantique de ce qui est épisodique. La mémoire autobiographique est dite sémantique lorsqu’elle contient des connaissances générales et abstraites sur nous-mêmes : par exemple, je suis né dans telle ville, j’ai été dans telle école et mon instituteur s’appelait comme ceci.

La mémoire autobiographique est dite épisodique lorsqu’elle contient le souvenir de moments précis de notre vie, qui ne sont arrivés dans ces circonstances exactes qu’une seule fois : je me souviens d’une chute de cheval un jour de printemps, la lumière était vive, j’ai ressenti une grande peur, accompagnée de tremblements et d’un certain vide mental (le choc, sans doute). Une caractéristique très importante des souvenirs autobiographiques épisodiques est que leur évocation ramène à la surface toutes les sensations et perceptions qui y sont liées. Rappelons-nous le fameux épisode de la madeleine de Proust.

Mais quel est le rapport entre mémoire autobiographique et conscience de soi ?

Selon les neuropsychologues Mark A. Wheeler, Donald T. Stuss et Endel Tulving, la capacité de se remémorer un événement précis de notre vie est essentielle pour avoir l’impression de continuité entre notre passé et notre présent : réévoquer tout ce que notre corps, notre affectivité, ou notre pensée avait pu vivre à ce moment, garantit que c’est bien nous qui l’avons vécu .

De plus, cette capacité d’évocation nous permettrait de construire des projets futurs, car nous pouvons prédire quelles en seraient les conséquences ou le déroulement sur base de ce que cela a pu être. Les personnes qui ne sont plus capables de ce type de souvenirs (comme les patients amnésiques) disent souvent, quand on leur raconte un événement de leur propre vie, ressentir l’impression qu’on leur parle de la vie d’un autre.

La réponse au « Suis-je moi ? » est intuitivement évidente pour chacun d’entre nous. Mais elle reste encore pleine de mystère pour ceux qui essayent de comprendre ses mécanismes. Entre les multiples influences qui permettent à un individu d’acquérir des connaissances sur lui-même, et la complexité des processus mentaux qui donnent l’impression d’être « un », le temps est encore lointain où l’étude de la conscience de soi aura résolu toutes les questions qu’elle pose.

http://www.scienceshumaines.com/

L’image que se crée l’ego de lui-même est entièrement basée sur l’accumulation des expériences vécues dans son enfance et leur répétition constante au cours de sa vie, c’est-à-dire qu’il a accumulé au cours du temps une expérience mémorielle suffisamment solide à l’intérieur de programmes qui vont automatiquement se déclencher au moindre évènement ayant une similitude vibratoire avec ceux-ci.


QUI ou QUOI est le SOI ?

Le Soi est la reflection dans notre coeur de la beauté absolue de la source de la vie. C’est le reflet de l’amour universel et de l’innocence en chacun de nous.

Le chakra du cœur

Le centre aux douze pétales s’appelle le chakra du cœur et se trouve derrière le sternum dans la moelle épinière. Ce centre correspond à notre plexus cardiaque qui produit les anticorps chez les enfants jusqu’à l’âge de 12 ans. Le chakra du cœur contrôle la respiration en réglant le fonctionnement du cœur et des poumons.

Quand la Kundalini perce ce centre, nous devenons une personnalité assurée, sécurisée, moralement responsable et équilibrée émotionnellement. Une telle personne est bienveillante et aima l’humanité sans égoïsme. Elle est appréciée par tout le monde.

A l’intérieur du chakra du cœur réside le soi : l’Esprit ou l’atman. L’esprit se manifeste quand notre cœur est ouvert, à ce moment-là nous percevons la pure joie de l’existence, le sens et le but de notre place dans la création. La qualité du chakra du cœur est l’amour pur et sans aucune condition.

Tout comme le cygne habite sur l’eau, mais ses plumes ne sont pas salis par l’eau, de même, une personne libérée habite dans ce monde plein de Maya, mais n’est pas touchée par cette illusion. L’âme ou le soi (Atman) est exactement égal à Brahman. Ce n’est pas une partie de Brahman qui se dissout finalement dans Brahman, mais le Brahman entier lui-même. Alors, les sceptiques demandent comment l’âme individuelle, laquelle est limitée et une dans chaque corps, peut être pareille à Brahman ?

Shankara explique que l’âme n’est pas un concept individuel. Atman est seulement un et unique. Le concept selon lequel il y a plusieurs Atmans est faux.

Shankara dit que tout comme la même lune apparaît comme multiple à travers ses reflets sur la surface d’une eau couverte de bulles, l’unique Atman apparait comme de multiples atmans dans nos corps à cause de Maya.


Atman se prouve de lui même, cependant, quelques preuves sont discutées—par ex:, une personne dit « je suis aveugle », « je suis heureux », « je suis gros » etc. Donc quel est cet ego ici ?

Seulement cette chose est l’ego qui est là-bas dans tous les états de cette personne — ceci prouve l’existence de Atman, et aussi que la conscience est sa caractéristique. La réalité et la Félicité sont aussi ses caractéristiques. Par sa nature, Atman est libre et au delà du péché et au delà du mérite. Il n’éprouve pas le bonheur ou la douleur. Il ne fait pas de Karma. Il est incorporel.

Quand le reflet de l’atman tombe sur Avidya (l’ignorance), atman devient jiva — un être vivant, avec avec un corps et des sens. Chaque jiva se sent comme s’il avait son Atman propre, unique et distinct, appelé jivatman. Le concept de jiva est vrai seulement dans le niveau pragmatique. Dans le niveau transcendental, seulement l’unique Atman, égal à Brahman, est vrai.

« Le Soi est la Vérité éternelle, intemporelle. Sa nature est non-duelle, un-sans-second. »

‘Advaita-Vedanta (l’enseignement de la non-dualité) révèle cette Vérité, et la nature de la Réalisation de Soi est une expérience directe qui transcende toute perception et toute notion. L’illusion de la dualité, qui se manifeste sous la forme de la notion d’un ego, un mental, un corps et un monde objectif, est complètement absente.

Les sankalpas (notions ou intentions présumées réelles en raison du manque de recherche au sujet de leur nature) sont le constituant de l’illusion. Ce qui demeure lorsqu’on se libère de l’illusion, c’est L’Etre-Conscience-Félicité, le Soi. L’Être est en lui-même : la Conscience se connaît elle-même ; la Félicité repose en elle-même. Seul existe le Soi et il se connaît lui-même par lui-même.
Le chercheur de Vérité doit aborder la Vérité de façon à obtenir les fruits désirés. La réalisation de Soi est un bonheur profond et permanent ; elle est le but de la vie. L’aspirant doit avoir un intense désir de libération. Ayant discerné ce qui est éternel et afin de faire l’expérience source du bonheur qui en découle, il doit alors demeurer détaché de tout ce qui est temporaire, tout ce qui est mutable, tout ce qui est purement apparence phénoménale éphémère, tout ce qui dépend des sens, tout ce qui dépend du mental, et de tout ce qui vient du jiva (l’individu).

L’aspirant doit être doté du pouvoir de discrimination. Il doit embrasser la quête de la véritable nature du Soi. Il doit discerner le réel de l’irréel, afin de se rendre compte que le réel est à jamais et que l’irréel n’a jamais existé. Il se doit de considérer tout ce qui est transitoire, changeant, objectif, composé de parties, sporadique ou dépendant comme étant irréel. Il doit réaliser que ce qui est éternel, immuable, non-objectif, indivisible, sans parties, continuel, et non-dépendant constitue la Réalité éternelle.

http://www.unisson06.org

Vous pouvez partager ce texte à condition d’en respecter l’intégralité et de citer la source: http://elisheanportesdutemps.terrenouvelle.ca

Copyright les Hathor © Elishean/2009-2014/ Aux Portes du Temps


Print Friendly, PDF & Email
Annonces