L’alchimie de la création du Mal dans le monde physique est le processus par lequel la souffrance se répand sur tous les êtres sans discrimination aucune.

Le processus alchimique fait que ce Mal ne peut être purgé en exterminant les êtres dont les actes le répandent, en devenant ainsi la cause de la douleur des autres.

Le processus alchimique de la création et de la transmission du Mal est la raison pour laquelle des enfants innocents sont amenés à vivre concrètement un cauchemar, sans que les actes commis par leur esprit dans leurs vies antérieures en soient la cause et même si leur innocence fait qu’ils ne sont pas en mesure de créer leur monde physique en le rêvant sous forme de cauchemars.

Ce paradoxe, qui semble invalider le processus de création physique en le rêvant, ou en subissant le poids de la dette karmique, explique le processus alchimique de transmission du Mal.

Pour cela, il faut prendre en considération non seulement la réalité physique, mais sa dimension spirituelle qui s’étend de la dimension astrale à son expression la plus aboutie. A l’origine, l’alchimie du Mal qui permet la création de la souffrance et de la division qui font régner le Mal sur Terre, est produite par un processus qui débute par la détermination d’une pensée de cauchemar qui deviendra agissante lorsque son auteur réagira de façon cohérente dans sa réalité physique, qui n’est autre que sa relation avec l’Autre.

Par cette pensée qui déterminera sa relation, l’auteur de ce processus prend à l’Autre un morceau de son esprit qui se mettra à son tour à vivre un cauchemar de nature identique à celui avec qui il est en relation. Il fera donc le même cauchemar, sur le même thème. C’est la réalité agissante, par laquelle un schéma de cauchemar se reproduit dans tout ce qui représente le cadre de vie de celui qui pense et qui est.

Cet exemple, qui concerne deux êtres à l’origine, démontre comment le processus est une transmission dynamique dans le sens que, même si à l’origine la pensée devient matière, la matière devient aussi pensée lorsque l’acte perpétué à l’encontre de l’Autre fait que la pensée de l’Autre devienne un cauchemar créateur de sa propre réalité et de celle de ceux avec qui il est en relation.

Sur le plan éthérique, cette deuxième personne sera donc affectée par la même catégorie de formes de conscience non-éveillées, que l’on nomme des démons, que la première personne.

En effet, toute énergie produite par une interférence entre deux êtres est consciente et d’une vibration spécifique, ce qui fait que la même obscurité affecte le psychisme des deux personnes qui sont en relation et se transmet lors de leurs relations avec les autres personnes qui constituent leur environnement. Lorsque des thèmes et des intensités de cauchemars et d’actes qu’ils produisent diffèrent, il y a un processus de création alchimique de différentes catégories et hiérarchies de démons, certaines plus nocives que d’autres si elles ont la capacité de produire un effet multiplicateur et une amplitude plus vaste, pouvant créer la souffrance à grande échelle.

Ce processus mène ainsi à la création de démons sur le plan éthérique, tout comme des actes bienveillants mènent à la création d’anges protégeant le psychisme de ceux auxquels ils sont attachés.

Ainsi, dans certaines familles, dans certains lieux, dans certains pays, il peut y avoir une certaine catégorie d’entités influençant le psychisme plutôt qu’une autre. Ceci est la raison pour laquelle un enfant innocent qui naîtrait dans un pays qui aura connu des guerres et des révolutions où la souffrance est à son paroxysme, serait hanté par des démons lui procurant des pensées liées à la mort. Il vivrait alors cette forme de souffrance de façon aigue, en dépit du fait qu’il soit un rêveur créateur de sa réalité, de même qu’un être dont l’esprit ne serait pas souillé par le sang des autres dans ses vies antérieures. Ce processus alchimique est aussi le même par lequel un enfant vivrait une grande souffrance dans une famille ou un milieu abusif ou pour toute autre forme de souffrance perpétuée par des êtres faisant le Mal.

Le processus étant de nature dynamique, ne se produisant donc pas dans un seul sens, le processus de création de démons sur le plan éthérique est auto-renforcé. Ainsi, ce qui débute entre deux êtres se perpétue naturellement dans une société. C’est donc par ce processus qui s’auto-renforce et qui s’intensifie que le rayon de pensée et donc d’action de démons de certaines catégories s’élargit.

Avec le temps, au fil des siècles, l’éther de la Terre entière est occupé par ce que nous nommons des démons qui influencent le psychisme, que l’on appelle l’inconscient collectif, des êtres qui vivent dans cet espace physique et spirituel. Normalement, l’éther devrait être occupé par un équilibre des polarités d’ombre et de lumière, qui est compris par l’harmonie des contraires dans le symbole du yin et du yang ou par la balance de la justice permettant à deux êtres de vivre sans que le poids des actes de l’un ne soit au détriment de l’Autre qui fait partie de la conscience collective, du Tout soumis à la justice Divine. C’est la loi de l’équilibre.

Lorsqu’il y a déséquilibre, il y a une majorité d’enfants innocents naissant sur Terre et vivant un cauchemar insupportable, même si leurs proches font de leur mieux pour les préserver du monde extérieur. Ce processus d’auto-renforcement sur le plan de l’énergie ou de la conscience collective est le processus par lequel la liberté de chaque être naissant sur Terre diminue à chaque génération. Toutefois, même un être naissant dans un tel environnement peut produire l’amour et le miel qui adoucira la vie des autres. Ceci fut joliment décrit par le Mowlānā Jalāl ad-Dīn Muḥammad Balkhī, mieux connu sous le nom de Rūmī :

« Deux espèces d’hyménoptères en un même lieu se nourrirent ; mais de l’un vint la piqûre, et l’autre produisit le miel. Celui-ci se nourrit : de lui ne sortira qu’impureté ; celui-là mange et, tout entier, il devient lumière divine. L’un mange et ne donne naissance qu’à l’avarice et à la haine ; l’autre fait de même, et de lui naît tout l’amour spirituel. Celui-ci, c’est un ange pur ; l’autre un diable, une bête brute. Or ils se ressemblent tous deux par l’apparence, c’est admis ; l’onde amère est limpide aussi bien que l’eau douce »  

Ainsi, si l’on réagit en tuant les méchants, que ce soit dans un pays ou dans l’éther, ceci ne peut absolument pas purger cet environnement où prolifère le Mal. Au contraire, nous participons ainsi à la propagation du Mal de la catégorie de notre relation avec l’Autre.

Voilà ce que signifie cette vérité que tous les esprits sont Un, que leur réalité physique soit une religion différente, un pays différent, une classe sociale différente, un monde différent, englobant tout aussi bien les esprits de forme animale, végétale et minérale.

Ainsi, le Mal ne peut être exterminé, il ne peut que diminuer progressivement en étant remplacé par le Bien qui s’accumulera dans l’éther, qui est notre liquide amniotique à tous sans discrimination, par des actes produisant le bonheur de l’Autre. En effet, si des actes produisant le bonheur sont réservés à une classe sociale, à une ethnie ou à un groupe religieux, le fossé accentuant ainsi la souffrance des autres fera que les démons de la souffrance envahiront quand même tout ce milieu, s’étendant progressivement à la Terre entière et même à d’autres planètes.

On ne peut donc prévenir la souffrance d’un être en s’efforçant de le protéger de son environnement. On ne peut durablement prévenir la souffrance d’un être qu’en s’efforçant de prévenir la souffrance de tous les êtres existant dans son environnement, indépendamment de leurs formes et de leurs différences. Ceci explique par exemple pourquoi un être riche dans un pays constitué de citoyens pauvres ne peut prévenir de façon efficace les actes conduisant à sa souffrance ou à celle de ses enfants.

De même, un déséquilibre dans l’épanouissement de différentes formes de vie, y compris les formes animales et végétales, ne peut que mener à la souffrance par le processus d’auto-renforcement du Mal au fil du temps; des années ou des siècles, dépendant de l’intensité et de l’envergure des actes d’agression contre les autres formes physiques qui occupent inévitablement le même espace éthérique dans lequel baignent toutes les formes de vie, faisant que cette souffrance se concrétise à tous les niveaux.

Comme l’expliqua Rūmī : « Je viens de cette âme qui est l’origine de toutes les âmes, je suis de cette ville qui est la ville de ceux qui sont sans ville. »  

Nous voyons ainsi la propagation du Mal dans l’espace, mais cette transmission dynamique a un effet accumulateur dans le temps, car l’énergie ne se disperse pas mais voyage dans l’espace-temps et rejoint des formes d’énergie similaires.

Une personne de la Terre qui aurait une polarité plus obscure attirerait donc naturellement vers elle des êtres de polarité similaire, ne pouvant donc attirer vers elle des actes de bienveillance, des anges ou des êtres évolués; ceci à moins d’accumuler des actes de bienveillance autour d’elle-même, indépendamment de la polarité des autres qui l’entourent, de façon à créer à terme un environnement où la polarité du Bien accumulera suffisamment d’énergie pour affecter positivement sa vie.

Ainsi, si l’on souhaite un futur individuel qui comprend plus d’argent ou plus de joie, nous devons adhérer à la loi de l’équilibre qui démontre que l’on ne peut obtenir durablement une chose pour soi et pour les siens que si on l’obtient pour tous. Souhaiter l’abondance dans un pays ou souhaiter le rayonnement d’une religion est un souhait qui ne peut donc se réaliser que si l’on émet ce souhait pour tous les pays, pour toutes les religions, pour tous les genres, pour toutes les formes de vie, indépendamment de la diversité des aspirations de chacun. Comme le décrivent de façon si belle ces paroles venues du bassin culturel de l’Iran, dont la religion musulmane rayonna à la période de l’être éclairé que fut  Rūmī : « La vérité est un miroir tombé de la main de Dieu et qui s’est brisé. Chacun en ramasse un fragment et dit que toute la vérité s’y trouve. » 

L’anatomie du Mal est donc l’anatomie de nos propres pensées et actes, car nous sommes tous des alchimistes. En tant que tel, nous pouvons contempler les propos sublimes de Rūmī : « L’ombre ne fait que nous désigner le soleil : il donne, à tout instant, clarté spirituelle. Ces ombres — l’intellect et l’univers sensible — nous portent au sommeil comme propos nocturnes ; mais lorsque le soleil se lève, la lune se partage en deux (Coran LI, 1). Il n’est rien d’aussi merveilleux que le soleil en ce bas monde ; mais le soleil de l’âme seul est stable et à l’abri du temps. Bien que dans l’univers sensible le soleil soit un astre unique, on peut concevoir son semblable dans l’univers intérieur ; et ce soleil spirituel, plus haut que la sphère éthérée, n’a son pareil ni dans l’esprit ni dans notre univers sensible. Notre pouvoir d’imaginer aurait-il la capacité de présenter à notre esprit un soleil qui l’égalerait ? »

Auteur anonyme

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