Message du Guérisseur Lestrys transmis par Aurélia Ledoux

« Me voici de nouveau devant vous, votre ami à tous, le guérisseur Lestrys.

J’ai été positivement enchanté, que mon récit sur le voyage que j’ai vécu, pour parvenir en votre monde, ait été aussi apprécié.

(Le voyage spatial vers la Terre)

Je vous en remercie très vivement, oui, merci de tout cœur pour votre dévouement, votre intérêt. Vous êtes ceux qui permettent que tant de choses changent, sur mon peuple et beaucoup d’éléments.

Certes, mon peuple s’était écarté du bon chemin, celui du cœur, par abus d’une science malavisée, dépourvue de considérations émotionnelles.

Mais les choses ont bien changé depuis, en reconnectant notre âme à nos êtres vrais, ainsi que les grands Êtres de Lumière nous l’ont appris, nous sommes parvenus à dépasser les limitations inhérentes à notre espèce.

Oui, nous avons franchi de nombreux portails.

La plupart d’entre eux ont été franchis en votre monde, rien qu’en arrivant. Les vibrations de la planète étaient extrêmement élevées, dans les laboratoires où je devais me rendre.

Nous étions fraichement arrivés avec mon cher petit Stency, qui était un adorable enfant de deux ans à cette époque.

Il s’agissait d’un tout jeune petit laborantin et cela mécontentait grandement mes confrères de le voir peiner à certaines activités. Pourtant, ce petit nous servait avec un dévouement exemplaire. Il était chargé des travaux d’échantillonnage de roches, de cellules, de pollens, et en vérité, les mains fines des clones sont parfaites pour ce travail.

Nous venions d’arriver en ces galeries rosées, éclairées de lampes dorées, et vertes, où une atmosphère de travail intense se devinait.

Notre tâche principale, constituait à étudier la végétation de la planète, ainsi que son peuple, ses animaux, au niveau génétique uniquement.

Certains de mes confrères considéraient ces études comme fort insuffisantes, désireux d’envisager des expériences sur le terrain, comme de parler aux autochtones. Mais les ordres venaient d’en haut et ils étaient implacables, les autorités siégeant à la surface de votre monde nous avaient autorisés à atterrir, non à parler à la population.

Donc, il en a été ainsi, nous nous sommes terrés dans ces zones de peuplement souterraines qui se traduisent le plus nettement par « cités obscures ».

Certes le travail était bien plaisant et nous avions des serres à profusion, des lieux de vie confortables, mais comme j’aurais aimé pouvoir sentir le soleil, le vent sur mon visage. Stency lui aussi, était très curieux de savoir à quoi ressemblaient les « humains de la Terre ». Nous ne disposions que de vagues schémas, de type anatomique, avec aucune description du mode de vie des vôtres. Les bibliothèques restaient muettes à ce sujet. Tout cela était, je dois le dire, navrant. Il était formellement interdit de poser la moindre question sur les vôtres.

Et donc, ainsi, notre curiosité était de plus en plus grande, vous l’imaginez bien !

Mes confrères et moi, demeurions un peu déconfits par l’entretien austère avec le supérieur dirigeant la cité, et tous ces ordres secs ayant trait au secret. Nous nous sommes dirigés vers nos laboratoires d’une démarche chancelante.

Nous étions peu habitués à travailler ainsi en un lieu rocheux et souterrain. Les anciens laboratoires où j’ai été affecté, se situaient sur des astéroïdes et des nefs stellaires, et là au moins, on pouvait admirer la voûte céleste.

Ici, point de voûte céleste, point de fenêtres.

Nous avons suivi une enfilade de couloirs, peu avant l’heure du soir. Un grand nombre d’aliens sortirent de leurs lieux d’études et vinrent chaleureusement se présenter à nous. Ils étaient absolument ravis de notre venue. Tous se précipitèrent pour nous saluer et nous apportèrent des présents, en majorité des remèdes et des boissons revigorantes. Puis, comprenant notre état, ils nous laissèrent nous reposer avec une grande prévenance.

Nous sommes restés alités pendant près de deux jours, le temps que nos corps reprennent le sens de l’équilibre, qu’ils s’habituent à la pesanteur. La circulation des fluides devait se réorchestrer suivant un autre rythme. On nous mena tout droit vers une salle de gymnastique, où un spécialiste nous montra comment lever des poids et nous mouvoir, la gravité terrestre étant bien plus vive que celle d’un croiseur orbital. Notre squelette, nos os, nos articulations devaient se renforcer.

Il me faut avouer que, quoique assez vigoureux pour les miens, mes efforts étaient loin d’être honorables. Stency aussi dut lever des poids, plus petits mais tout aussi lourds pour son corps frêle. Des soigneurs lui firent passer des examens médicaux, sa croissance avait été ralentie par notre arrivée et la traversée spatiale. Il marchait bien mais était pris de vertiges.

Cela est du à la gravité, à la radiance de la planète, avait dit le soigneur. Rassurez-vous, en quelques jours, il n’y paraîtra plus. Chaque planète émet une pluie d’énergie, un chant bien particulier qui lui est propre, et cela stimule votre corps en une direction à laquelle vous n’êtes point habitués. Ceci parce que vous n’êtes point une espèce originelle.

L’espèce originelle, en effet, était les Terriens, les habitants des airs, des mers et des eaux de la Terre. Il y avait des entités subtiles, des êtres pensants et des créatures volantes, rampantes et galopantes. Nous étions émerveillés de découvrir autant d’espèces d’animaux et de plantes. Plusieurs biologistes nous présentèrent avec une jovialité spontanée, le fruit de leurs études sur les cellules de ces animaux, qu’ils prélevaient et multipliaient en laboratoire.

Je leur demandais quelle était la finalité pratique de ces opérations et ils me répondirent à peu près tous, que c’était pour combler le vide d’ADN de notre propre espèce.

Il vous faut savoir que notre espèce, les aliens Denakhs, est incapable d’enfanter, de se reproduire naturellement. Le seul moyen de contourner ce vide, est de créer des descendants par génie génétique.

Peu après ces entrevues avec nos aimables confrères, notre équipe se mit au travail. Notre étude, confiée par le chef de la cité, consistait à inventorier les formes de vie présentes dans un marécage. Notamment les algues microscopiques. Chez vous, ces algues se nomment les diatomées. Nos plus grands chercheurs pensent qu’elles ont un rôle dans l’épuration des milieux anaérobies, faiblement pourvus en oxygène.

Il nous était plaisant d’effectuer ces recherches, couplées à d’autres, sur la cristallisation de la glace. Comme notre équipe était nouvelle, cela lui fut confié. Les miens ont une peur panique de la glace, de la neige. Cela est bien normal, car nous sommes une espèce à sang froid, et toucher de la glace, n’est pas du tout naturel pour nous.

Mais nous nous sommes mis à l’ouvrage, absolument ravis de ces formes stellaires propres aux flocons de neige. Il y avait là une magie bien grande, qui nous stupéfia tous, mes compagnons et moi-même. Il existait une énergie à l’œuvre sur cette planète, qui structurait tout ce qui poussait, notamment la maturation du cristal, l’eau étant un cristal liquide, prenait cette forme elle aussi.

Cette heureuse harmonie, était identique à celle des systèmes cellulaires délicats, qu’il nous avait été donné d’observer. Tout cela était très surprenant.

Elle se rencontrait aussi dans les cellules des humanoïdes de la Terre. Oui, cette espèce était habitée de la même harmonie. Et je me refusais à croire cette espèce aussi imparfaite moralement et psychiquement, tel que mes supérieurs me l’avaient inculqué. Ceci pour une raison très simple, mon petit Stency était pourvu d’une plus grande part d’ADN humain que nous. Et comme ce petit me surprenait, comme il était affectueux, toujours serviable !

Le soir venu, je soignais ses petites mains couvertes de gelures par les travaux du laboratoire, je les couvrais d’onguents et il me remerciait toujours. Ses yeux étaient emplis de cette lueur de confiance inaltérable, malgré tous les mauvais traitements qu’il avait subis.

Je m’employais le matin même à trouver une paire de gants suffisamment petite pour mon minuscule compagnon. Je me levais plus tôt à cette fin. Et Stency, sentant mes pas dans notre chambre, me suivit aussitôt.

Il faut dire qu’il s’était énormément attaché à moi. J’étais le seul à prendre soin de lui et à éviter à certains autres de mes collègues, peu patients, de le rabrouer trop sévèrement quand il peinait au travail.

Nous sommes sortis des laboratoires et avons enfilé une série de coursives descendantes.

Celles-ci menaient tout droit à un abîme rougeoyant, d’où une chaleur douillette s’échappait. C’était là, les appartements des hauts dirigeants, bien mieux chauffés que notre niveau, grâce à la lave qui s’écoulait en contrebas.

Plus loin, une galerie plongeait dans la roche, menant au réacteur à fusion, installé très profondément. Un tel réacteur à hydrogène était indispensable aux travaux menés dans la cité et au remisage des navires.

Nous avons suivi plusieurs coursives, heureux de profiter du rougeoiement de la lave, qui était exceptionnellement haute à cette saison. Nous sommes ensuite entrés au centre de soins. Et là, j’eus une surprise, un valet femelle se tenait face à moi. Cette radieuse créature parla d’une voix angélique.

Que me vaut le plaisir de votre venue ? Ce petit s’acclimate t-il bien ?

Je dus bégayer quelque peu. La soigneuse alien s’approcha de Stency et examina ses doigts avec beaucoup de douceur.

Cela est très bien dit-elle. Vous avez agi comme il convient. Voici ce baume pour les plaies qui affectent les plus jeunes. Et celui-ci est pour les ecchymoses.

Elle m’offrit une série de remèdes, je me confondis en remerciements. C’était une alien de haute taille, vêtue d’une livrée mauve et violine, avec un corsage rose foncé qui lui seyait admirablement. Elle possédait de grands yeux argentés et un sourire d’une infinie douceur.

Avant que j’aie pu proférer la moindre parole, la guérisseuse revint avec une paire de gants pour Stency.

La gravité nous affecte tous beaucoup, au début, dit-elle. Le travail en laboratoire est dur pour cet enfant. Je vais examiner son squelette, si vous le permettez. Comment vous portez-vous ?
J’assurais qu’en cet instant, je me portais le mieux du monde. Les malaises et autres nausées ayant fini par disparaître, ce qui n’était pas le cas de certains de mes collègues, quoique très habiles généticiens, d’une bougonnerie persistante.

L’humeur est déterminante pour que cessent ces troubles. Il faut juste vous sentir à l’aise dans ce que vous faites.
Il en est bien ainsi, assurais-je

La guérisseuse étendit le petit Stency et le fit passer sous une série de lampes délivrant un éclairage ionisé. Des images de l’intérieur de son corps apparurent. Elles montraient un niveau énergétique stable qui avait encore besoin de se régénérer. Les articulations du petit clone avaient gagné en robustesse et ses jambes s’étaient mieux développées. Je subis un examen identique.

C’est très bien, fit l’aimable apparition. Voici un reconstituant, riche en minéraux, pour améliorer la solidité de vos cartilages. Vous avez pris du poids, ce qui est normal, il faut vous en accommoder. Votre corps a besoin d’exercer des efforts musculaires plus importants pour se mouvoir. Je suis à peu près certaine que vous ne vous en rendez plus compte.

J’assurais qu’il en était bien ainsi. Nous avons remercié notre nouvelle amie et sommes sortis.

La journée se déroula ensuite fort ordinairement. Le petit Stency fit merveille, ses mains protégées par des gants épais lors de la découpe d’échantillons glacés. Je me posais mille et une questions sur cette cité, sur ce qu’il pouvait bien y avoir au dessus et en dessous. Je m’enquis auprès d’un alien vénérable de tout ce que cela pouvait bien signifier.

Je me demande, ô maître de grande sagesse, ce qui peut générer de pareilles variations en ce niveau de lave. Il pourrait sembler bien hasardeux de constituer une zone de peuplement sur une faille terrestre.
Cela est juste, fit l’ancien. Mais tu penses trop Lestrys…. Il se trouve que l’énergie de cette planète s’échappe au niveau de ses failles, cette énergie tellurique est très importante pour nous. Nous l’absorbons et elle nous maintient en bonne santé.

Un autre alien au caractère singulièrement amer, en proie à des spasmes persistants, qui lui donnaient un teint verdâtre, lui jeta un regard furieux.

Je devinais que l’ancien ne voulait pas converser si ouvertement des mystères de ce monde devant les autres. Il se déplaçait avec plus de peine qu’autrefois. La venue sur cette planète avait cependant modifié son état d’esprit.

Je vins le trouver à l’heure du soir, alors que les autres étaient partis assister à l’éclosion de nouvelles moisissures.

Ta curiosité est grande, dit-il en riant. Bien, je vais essayer de te répondre. Lorsque cette planète a été découverte, il a été déterminé par les hautes instances alors en poste à l’époque, qu’elle constituait un danger pour notre espèce, car formée d’une énergie différente. Nous ne sommes pas des êtres qui ayons beaucoup d’appétit, qui ne buvons, ni ne mangeons tellement. Or, cette planète était faite pour ce type d’êtres, des êtres de chair, de plaisir alimentaire ou matrimonial. Des êtres involués dans les instincts que notre espèce est parvenue à dominer totalement. Néanmoins, cette espèce possédait un haut degré de perfectibilité génomique, un grand potentiel physique, et une capacité à transcender les obstacles, à s’adapter à son environnement. Et en plus, elle pouvait procréer. Les savants les plus habiles se sont réunis et ont décidé la création de clones, de valets, possédant de l’ADN humanoïde. Le seul moyen de contrer ces instincts des humains, a été de faire subir le conditionnement aux plus jeunes dès leur cinquième année. Ceci pour brider chez eux les émotions et cette faiblesse due aux états d’âme. Donc, nos génies ont agi de la sorte, et les jeunes couvées de clones se sont succédées. Mais depuis peu, il y a eu des problèmes. Des désertions ont eu lieu dans l’espace, cela est venu à mes oreilles. Puis, les clones ont refusé d’effectuer des expériences sur des Terriens vivants. Cela a été la source de dysfonctionnements importants que l’empire a dissimulé aux autres équipes de chercheurs. Depuis, cette planète est devenue plus instable, m’a dit un laborantin. Il y a des problèmes avec le niveau de la lave. Elle ne correspond plus aux modélisations, son niveau s’élève ou s’affaisse de manière anarchique. Comme si le souffle de la planète était devenu précipité. Ils ont du réparer des plafonds à cause de fissures régulières, il existe parfois de très vives secousses, plus loin sous cette terre qu’ils appellent l’Amérique.

Ô noble ancien, je m’interroge bien, avez-vous vu les hommes de la surface pour leur demander d’où viennent de tels prodiges ?

Eh bien non, et tu le sais, cela est strictement défendu. Mais je suppose que tu en as très envie. Hélas, il arrive des choses terribles aux transgresseurs, ils sont bannis et exposés à la glace aussitôt. Alors je te mets en garde, ne t’avise jamais de gagner les grands élévateurs !

Je baissais les yeux. Les grands élévateurs étaient réservés aux génies les plus influents, ceux là seuls conversaient avec les autorités politiques de la surface, car capables de changer leur apparence.

Je demande cela pour savoir, noble ancien.

Bien, ta curiosité est légitime, et te répondre un peu abaissera ton envie de désobéir. Certains chercheurs ont fabriqué en grand secret des instruments de lecture des émissions de la surface. Ils regardent ce que les Terriens nomment la « télévision ». Hélas, ils ont plutôt été déçus par ce qu’ils voient. Il s’agit surtout d’émissions incitant à la consommation, à la paresse des masses, et à la débauche, pour les pires. Il existe cependant de brillants reportages scientifiques très avisés, mais en trop petite quantité, et diffusés sur trop peu de groupements de signaux. Les signaux sonores sont plus intéressants, ils montrent les conversations des humains et leur génie musical très étendu.

Ensuite, il y a les livres écrits par ce peuple. Les savants qui ont appris à lire les graphies des Terriens en sont enchantés. Ce peuple est riche, avec un haut degré de pensée, d’imagination. Mais tout cela est secret. Les génies de la cité osent à peine en parler entre eux. Il arrive que les bennes qui collectent les déchets de la Terre pour prendre le métal, ramassent au passage des livres. Donc, je suppose que les membres de ce peuple ont des niveaux de bonté, de connaissances et de raffinement d’esprit très variables, d’un membre à l’autre, mais fort suffisant pour faire des êtres intéressants. Ta pensée est-elle satisfaite ?
Il en est bien ainsi, je vous remercie de me confier cela, noble maître.
Bientôt, je m’en irai, et je serai recrée à l’identique, comme l’ont été nombre de mes ancêtres. Nous sommes la vie d’une roue sans fin. Ceux de la surface arborent des visages différents, tu serais surpris de ce que tu verrais. Leur vie est différente, ils possèdent des allures très dissemblables, et pourtant ce sont les enfants d’un même peuple.

Je méditais sagement ces paroles. Notre échange, en grande partie télépathique, n’avait pu être pleinement compris par le petit Stency, mais il en mesurait toute l’importance.

Deux semaines plus tard, le sage me convia à son chevet. C’était son heure de passer dans l’autre monde. Tous les aliens qui étaient ses proches étaient présents. Je le fixais avec une grande tristesse. Il sourit doucement et m’invita à approcher, ce que je fis.

Je m’agenouillais et il posa sa main ridée de plus de 1000 ans sur mon front. Il me fit don alors de ses pensées, des pensées immenses, incroyablement précieuses ! Je pleurais à chaudes larmes. Je vis alors la surface de la Terre. Il avait vu ! Un autre alien avait désobéi, lui aussi, ou plutôt une autre alien celle qui officiait aux soins des blessés !

Elle lui avait montré la surface de la Terre, les villes, les habitants nombreux dans les rues aux heures de pointe, l’agitation, les files de véhicules très denses dans les rues, les villes visibles du haut du ciel la nuit, lors des rentrées atmosphériques. Je vis des Terriens, occupés à travailler sur des consoles, dans les magasins, au polissage des pièces de véhicules, à la pose des ouvrages de maçonnerie, de rails, de bâtiments d’ingénierie spatiale et maritime. C’était un grand peuple. Tout cela était fondamentalement opposé à ces émissions télévisuelles de bas étage.

Je vis des Terriens en train de prier, d’aider leurs enfants à accomplir leurs premiers pas, de soigner des massifs de plantes avec un grand dévouement, et de chanter. Combien ce peuple nous était semblable !

La guérisseuse lui avait légué ces pensées, ce grand secret. Elle le tenait d’un autre alien mourant, qui le lui avait confié avant de partir.

Mes larmes coulèrent, de gratitude, pour ce don immense. Je me mis à trembler. J’embrassais l’ancien. Tout le monde fit de même. Alors, il bénit toute l’assemblée et ferma les yeux.

Nous nous sommes recueillis, puis avons attendu.

Alors lentement, le corps desséché de l’immense ancêtre s’illumina, il flotta doucement au dessus du lit, puis une lumière insoutenable jaillit dans la pièce. Enfin, la lumière diminua. Le corps de l’ancien se mit à fondre, comme de la neige. Il n’en resta qu’une petite flaque, et du sable brillant, puis le sable et le liquide s’élevèrent vers la lumière vive qui éclairait la pièce et disparurent à leur tour.

Un très grand alien s’en était allé. Il en était quelquefois ainsi.

Quelquefois le corps restait comme pour les vôtres, d’autres fois, il devenait pure lumière.

Les miens honorent les morts et les placent dans des nécropoles, ou de petites chapelles souterraines où ils reposent paisiblement, autrement ils sont déposés dans des landes fleuries. Très longtemps plus tard, les os des sanctuaires sont ensuite enterrés avec respect, lors de cérémonies de remerciement.

Ces cérémonies ont un caractère sacré, un caractère de continuité de l’âme.

Peu après ce choc qui nous bouleversa tous, nous nous sommes réunis pour nous réconforter. Stency pleurait à chaudes larmes. Il aimait beaucoup cet ancien, qui avait toujours été bon et patient avec lui.

Pour le consoler, je le menais quelques jours plus tard dans la salle de clonage, avec une permission exceptionnelle du superviseur.

Cette salle était très propre, agréablement éclairée, et ne comportait que des tables et des sphères de verre, rien d’autre. Il y avait quelques tuyaux de verre qui les entouraient et des appareils de prise de vue stéréoscopiques au plafond. C’était un lieu reposant.

Là, dans de grandes cuves de verre, de minuscules créatures translucides se développaient. Chaque cuve était recouverte d’un tissu de couleur rouge, orange ou jaune. Les clones, avaient découvert les chercheurs, se développaient mieux ainsi. Une musique immensément souriante et paisible baignait cette pièce harmonieuse.

Je perçus des pensées très légères de ces petits êtres immensément purs, tous des petits clones à naître d’ici quelques mois.

Ce fut la guérisseuse qui nous fit visiter ces installations. Plus loin, il y avait des cuves de valets, plus grandes, avec des nutriments plus riches également, déversés en abondance.

Nous avons contemplé avec émerveillement un valet presque parfaitement constitué, qui naîtrait d’ici quelques jours. Le petit être remua avec vigueur.

Ils ne voient pas très bien expliqua la radieuse alien guérisseuse, mais ils perçoivent notre intérêt, nos émotions.
On dirait qu’il veut sortir, fis-je remarquer
En effet, celui-ci a une grande énergie. Ses mains bougent remarquablement pour un être si jeune.

Le petit valet racla lentement les parois de la cuve, presque trop petite pour lui, de ses mains filiformes. Stency approcha timidement sa main d’enfant et l’alien présent dans la cuve se tourna aussitôt vers lui. Il posa sa main exactement tout contre celle du petit clone, Stency en fut bouleversé.

Je promis à mon petit compagnon que nous reviendrions dès que possible.

Une autre salle, plus loin, était presque dans la pénombre. Nous ne pouvions entrer en ce lieu. Seules de faibles lampes rouges éclairaient le plafond. Une dizaines de cuves seulement l’occupaient. Elles faisaient le soin d’une attention toute particulière. Les créatures qui les occupaient étaient en effet des premiers, cela voulait dire des aliens au génome originel non muté.

Ces êtres étaient appelés à redevenir de futurs nobles, de futurs génies qui avaient quitté la vie. Et bien sûr, une cuve abritait un début de vie, élaboré à partir du génome de notre ancien.

En certaines occasions le processus ne réussissait pas, l’âme souhaitait suivre un autre chemin.

La cuve abritant notre ancien était située dans le fond de la salle. Elle était reliée à un microscope. La guérisseuse le mit en route, dans un petit bureau où elle nous convia. Sur un écran, nous pouvions apercevoir un œuf en cours de division cellulaire.

Elle nous montra ensuite ce que cet œuf deviendrait au bout de plusieurs jours. Il fallait onze mois pour faire éclore l’œuf d’un premier, environ quatre pour un clone. La coquille se constituait rapidement et seuls des instruments de sondage permettaient de surveiller le bon développement des petits premiers.

Les images révélèrent des petits êtres en parfaite santé, tout à fait paisibles. Stency parut un peu plus heureux, confiant en ce fait que la vie de notre ancien reviendrait se poser à l’intérieur de ce nouveau corps qui allait croître.

Je croisais les yeux de la guérisseuse, et je sus en un instant ce qu’elle voyait.

Elle savait ce que l’ancien m’avait montré, tout ce flot de pensées lumineuses.

Croyez ce que vous avez vu, dit-elle aussitôt. Il y a un immense espoir pour nous sur ce monde.

Alors, je souris d’un air radieux, tout à fait ravi de ressentir les présences douces des jeunes êtres dans leurs cuves.

Voici ce récit, qui s’ajoute à ce que je vous ai déjà conté, par le truchement de la pensée, d’images souriantes. Et combien je devine d’intérêt en vous ! Alors je vous remercie pour tout et vous dis à une autre fois.

Nous sommes bien heureux de vous avoir trouvés, je vous envoie toute mon affection,

Le Guérisseur Lestrys

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