par Véronique

L’Âme appelle à construire le Pont. Quand il est l’heure, l’Appel résonne clair à l’intérieur.
Le Pont qui réunit des lieux auparavant privés de liens, de contact, de la possibilité même du contact et de la communication. L’Âme appelle à comprendre la conscience comme un pont et à construire le Pont.
Ou plutôt les Ponts. Les Ponts constituant le Royaume souverain de la personnalité intégrée ; le Pont visant à connecter puis unifier l’Âme et la personne ; le Pont entre les Âmes œuvrant ensemble en conscience ; le Pont entre Ciel et Terre, mettant en relation la lumière et la matière, l’information créatrice et la forme créée ; et enfin le Pont inclusif dans l’Esprit de Tout ce qui Est.

La construction des Ponts est une œuvre multidimensionnelle consciente, qui peut être simultanée, séquencée ou entremêlée. Elle est à la fois soumise aux rythmes des temps, des réponses, des compréhensions, des cycles d’évolution des personnes et du règne humain, et à la fois accessible par des sauts quantiques immédiats et irréversibles.

Dans ce premier article sur la conscience-pont, je traite de la construction du Royaume intérieur souverain, le socle cohérent et singulier de la personne humaine disposée à œuvrer de concert avec l’Âme. Ce socle est nécessaire pour permettre à l’Âme de rentrer en contact avec l’expérience incarnée, pour que sa voix soit audible et que la coopération consciente puisse s’établir durablement. Le Royaume est un symbole qui représente la personnalité intégrée.

Les « bonnes fées marraines »

Chacun d’entre nous est doté, à son arrivée sur Terre, d’une personnalité singulière constituée de différents corps actifs – les corps physique, émotionnel et mental – et de caractéristiques propres, héritées de ses lignées ancestrales, génétiques et culturelles ; façonnées par le temps, le lieu et l’environnement dans lequel il vit ; influencées par la position du zodiaque lors de la naissance ; conditionnées par le passif karmique et les choix de l’Âme en amont de l’incarnation ; encadrées par les archétypes de l’inconscient collectif humain ; contrôlées partiellement par les forces cherchant à dominer les êtres humains.
Ce « don » de naissance, nous pouvons le considérer comme nos « bonnes fées », les qualités, les potentiels et les aides que nous nous sommes choisis pour réaliser la meilleure expérience possible pour l’Âme.

Toutes ces caractéristiques, il importe de les reconnaître comme les plus appropriées pour nous, celles qui nous correspondent, et de les remercier d’être la toile de fond, la trame sur laquelle se tisse notre expérience.

Le Voile de l’oubli

Avec toutefois une entrave majeure : le Voile de l’oubli posé lors de l’arrivée en incarnation nous déconnecte de l’Âme et semble nous projeter dans une expérience séparée, parfois vide de sens et souvent lieu de souffrance.
Dans cet oubli, chacun se construit depuis l’enfance une personnalité, avec les conditions d’existence décrites ci-dessus et les réponses apportées à chaque instant aux innombrables défis de la vie. Et chacun s’identifie à la personnalité créée par l’expérience.

Une part importante des expériences, notamment celles traumatiques ou considérées par la personnalité comme négatives, est refoulée dans une grande zone « no man’s land », appelée l’inconscient humain. Ici un voile supplémentaire est superposé au voile d’oubli de l’Âme, c’est le déni.
Le déni va couvrir tout ce que nous ne voulons pas voir de nous, ce que nous souhaitons oublier, ce que nous considérons comme dangereux, honteux, douloureux.

Tout ce qu’à ce moment nous ne savons pas encore transmuter pour nous en guérir et nous en libérer, qui nous est insupportable, on l’entasse dans une grande pièce sombre de la maison, et on referme la porte par-dessus.

Cette zone inconsciente refoulée est très active et commande beaucoup de nos pensées, émotions et actes, mais fonctionne de manière cachée : nous sommes tout simplement ignorants d’une grande part des motivations réelles à l’œuvre dans nos actes.

Et cette inconscience génère des processus de fractionnement, de dissociation intérieure sur lesquels nous n’avons tout d’abord pas de maîtrise. La personnalité est alors constituée de multiples sous-personnages aux intérêts divers, parfois divergents voire conflictuels. Sans que nous le remarquions, nous sommes soumis tour à tour à la volonté de ces sous-personnages se présentant comme autant de « moi ».

Je souhaite mettre un terme à la grande injonction relativiste qui professe : « Je dois m’aimer comme je suis, avec mes qualités et mes défauts ».
À cela je préfère : « J’accepte ce qui se présente dans l’instant, les conditions qui me sont données ».

Nos qualités et nos défauts, nos sous-personnages, ne constituent pas notre essence et ne sont pas « ce que je suis ».
Ils sont issus d’un programme de pilotage automatique, géré par l’ego relayant les grandes tendances de l’inconscient.
Ils ne m’appartiennent pas et je ne leur appartiens pas.
Ils ne sont pas moi et je ne suis pas eux.

Cesser de s’identifier à ces formes est la clé.
Elles ne caractérisent pas ce que Je Suis, tout au plus reflètent-elles un équilibre manifesté à un moment donné à travers mon expérience incarnée. Alors s’aimer, oui, dans le sens d’apprécier ce qui est vécu avec toutes les caractéristiques actives en sachant qu’elles sont adaptées à ce que l’Âme désire expérimenter.

Les défauts apparents sont les germes des qualités les plus précieuses. Une qualité et un défaut, dans le monde duel, procèdent de la même bande fréquentielle ; il s’agit juste de s’aligner pour créer la combinaison optimale au sein de la personnalité intégrée.

La bienveillance et la compassion envers les sous-personnages rencontrés, aussi ridicules, antipathiques ou terribles puissent-ils se manifester, est d’une grande aide pour la réussite du processus. Attention au sous-personnage du Juge intérieur !
Il est une des armes fatales de l’ego pour entraver la libération.

Si les sous-personnages sont là, inutile de faire comme s’ils n’y étaient pas. À ce point du processus, aussi délicat et pénible que ce soit, nous sommes obligés de reconnaître que s’ils sont là, c’est qu’il y a résonance dans notre champ. Leur offrir un lieu sûr pour s’exprimer et être reconnus est déjà un bouleversement primordial dans la structure.

La farandole des sous-personnages

Ces sous-personnages, dont certains sont évoqués comme archétypes, dans les mythologies ou les contes de fées, ou bien traités dans la psychologie jungienne ou par certains auteurs comme Marianne Costa et Alejandro Jodorowski dans l’excellent livre Métagénéalogie, ont chacun leurs caractéristiques et expriment leurs besoins, leurs frustrations, leurs croyances.
Un processus d’identification opère à l’intérieur, qui fait qu’à chaque fois qu’un de ces sous-personnages prend les manettes, notre interface s’identifie à lui et nous fait croire qu’il s’agit de notre réel « moi ». En fait ce sont de puissantes tendances structurées dans l’inconscient, reliées à l’inconscient collectif humain. Elles ne constituent pas notre identité réelle mais nous sommes soumis à ces forces, qui nous obligent à porter des masques sans même que nous le sachions.

Les bons

Ces sous-personnages illusoires nous font porter des masques dans le monde extérieur ; nous jouons des rôles au fur et à mesure de nos interactions avec les autres, sans même savoir que nous changeons de casquette selon l’activité ou la relation en train d’être expérimentée, et sans même savoir que nous sommes soumis tant au désir de paraître le mieux possible, qu’aux croyances qui nous gouvernent concernant la bonne façon de remplir tel ou tel rôle. Tour à tour nous mettons le masque de parent responsable, d’enfant joueur, de séducteur irrésistible, de travailleur consciencieux, d’amoureux passionné, d’ami fidèle, …, autant de fictions que nous nous jouons avant tout à nous-mêmes avec plus ou moins de réussite. Ça, c’est pour la partie « acceptable » des sous-personnages.

Les méchants

Car il existe les sous-personnages occultes et indésirables, reflets de la libido, maîtres de nos pulsions et de nos peurs, et ceux-là sont nos monstres particuliers redoutés, et d’autant plus puissants et dangereux qu’ils agissent dans l’ombre que nous leur projetons, et que nous préférons nous bander les yeux plutôt que de reconnaître qu’ils sont les maîtres de nombre des motivations réellement à l’œuvre. Ce sont en nous les forces addictives, parasites, autodestructrices, perverses, les pulsions de mort, de rejet, les avidités, les attirances et les répulsions, les rébellions, les peurs ataviques de manque, le désespoir et l’illusion d’impuissance. Tout cela, généralement, on ne le voit pas en nous. On le voit volontiers chez l’autre, mais en soi, le programme de déni empêche la conscience de poser son regard dessus.

Les cadeaux empoisonnés

Une autre part importante des sous-personnages vient des lignées, et particulièrement des parents, dont les tendances inconscientes non-résolues viennent peser fortement sur les enfants, qui à leur tour vont être soumis à un sous-personnage illustrant la tendance non-résolue du parent. Par exemple, la mère acariâtre va offrir à son rejeton un sous-personnage râleur qui apparaîtra à intervalles plus ou moins rapprochés…
Autre héritage dont on se passerait bien, faire peser (plus ou moins consciemment) des pressions sur les enfants afin qu’ils se conforment au désir parental, et ainsi forcer l’enfant à porter un masque pour espérer plaire à cet amour conditionnel. Ce sont quelques exemples pour illustrer ; il existe d’innombrables combinaisons possibles.

Nature et vie du sous-personnage

L’être humain incarné sur Terre a pour nature fondamentale d’être un émetteur-récepteur. Il reçoit de multiples influences qui cherchent à s’exprimer à travers lui. Tant qu’il n’a pas construit sa souveraineté personnelle, il a très peu de prise sur ce qu’il émet, notamment sur la qualité des fréquences qui l’habitent et l’utilisent ; il est une girouette brassée au gré des marées émotionnelles et des manipulations mentales.

Un sous-personnage n’a pas de vie propre incarnée, c’est pourquoi il emprunte notre véhicule pour agir sur Terre dans la matière ; son logis « réel » se trouve dans le champ astral terrestre, relié au corps émotionnel personnel. Il est une forme-pensée.
Toute forme a dans son programme un objectif de perdurer, de continuer à exister. Les formes-pensées issues de l’astral aussi obéissent à cette loi. Leur motivation principale est de vivre !

Un sous-personnage est une fiction qui se nourrit de l’énergie de l’hôte humain, spécialement de son attention et du fait d’arriver à lui imposer sa volonté propre, ce qui lui permet de se renforcer.
Il passe par le corps émotionnel humain pour entrer dans la structure, et il utilise les émotions fortes et les habitudes pour capter l’attention et prendre le contrôle de l’expérience.
Il a du pouvoir si et seulement si l’hôte accepte de l’héberger, de le nourrir et de lui offrir son espace comme lieu d’expression. Nous sommes « victimes » des sous-personnages tant que nous ignorons qu’ils vivent à travers nous.
Dès que nous en sommes conscients, le rapport change.

Nous avons alors le choix à chaque instant de les accepter ou non dans notre structure, et le temps des négociations est venu.

Le corps mental va ici servir d’outil pour élaborer le sous-personnage, le comprendre comme forme structurée et le mettre à distance, permettre la désidentification.
La personnalité est à ce moment de l’expérience un agrégat composite de formes-pensées constituées en archétypes, résonant sur des structures cohérentes organisées hors du champ de la personne, sur le plan astral ; et ensuite l’élaboration par le corps mental va permettre à la conscience de les voir et de s’en distancier, d’engager avec elles un dialogue et d’instaurer son propre pouvoir personnel, prélude à la rencontre avec l’Âme.

Le champ de bataille

Forcément, autant de monde à l’intérieur – potentiellement tout l’héritage de l’épopée humaine –, cela se transforme souvent en expérience chaotique et très inconfortable.
Car la conscience personnelle est dotée d’un programme de censure et d’illusion de continuité, qui nous permet d’oublier qu’il y a cinq minutes nous étions un enfant geignard alors que maintenant nous sommes une superwoman qui assure, mais parfois le programme de filtre ne suffit pas à endiguer la foule désunie enfiévrée.

Cela peut générer des champs de bataille intérieurs, lorsque deux forces antagonistes sont stimulées et actives dans la même expérience, par exemple. Cela a pour conséquence que la personne éprouve des difficultés à opérer des choix, car les intérêts des deux parties intérieures aux commandes sont divergents, et il n’existe alors pas de structure de direction suffisamment claire pour décider consciemment. Dans ce cas, il faudra apprendre à discerner les motivations à l’œuvre dans les deux propositions et se positionner depuis son centre.
Parfois notre intérieur est dissonant et même inaudible quand des sous-personnages saturent l’espace mental afin d’emporter l’attention de l’interface. On peut voir cela illustré dans le monde extérieur, par exemple, quand des enfants essayent de monopoliser l’attention de leurs parents en criant plus forts les uns que les autres.

La personnalité fragmentée est soumise à son corps émotionnel exubérant et sous contrôle des forces inconscientes.
Elle est parfois même accro aux émotions fortes, peu regardante sur la qualité fréquentielle mais plutôt intéressée par l’intensité de l’émotion, grâce à laquelle elle éprouve l’impression d’être vivante à travers les sensations corporelles découlant des déchaînements hormonaux déclenchés par la stimulation émotionnelle.

En surface, dans le monde extérieur, elle va s’efforcer de porter des masques respectables pour paraître et donner le change, alors qu’à l’intérieur elle est ballottée et soumise au gré des tempêtes émotionnelles générées par les forces souterraines en conflit.

Choisir d’être maître en soi

L’intérêt de la vision du Royaume souverain est qu’il est une image symbolique, permettant de rentrer en contact avec le plan astral en soi et collectif, car le langage du plan astral est celui des symboles. L’image du Royaume et du Roi souverain est comprise et opérative pour modifier la structure.

Il est très important de savoir qu’on a toujours le choix : nous ne sommes pas destinés à être possédés et manœuvrés par des formes-pensées parasites, perverses ou prédatrices.
Rentre dans notre structure et notre interface uniquement ce que nous acceptons. Tant que nous vivons, au premier plan de l’expérience, l’expression de forces très sombres, c’est qu’en nous existe un lieu de résonance où elles sont autorisées à siéger. À nous de débusquer ce lieu, de voir ce qui s’y trouve et de proposer une résolution.

C’est notre travail personnel.

Avoir toujours à l’esprit cette loi primordiale pour avancer depuis son centre et son pouvoir : nul ne peut jamais m’atteindre sans mon autorisation. Si je vis une situation où je m’estime victime, c’est que j’émets dans mon champ la résonance pour vivre cette expérience. C’est dur à accepter dans des circonstances dramatiques, mais c’est une clé pour reprendre la maîtrise sur sa vie, surmonter les épreuves et les défis.

Il est important de rappeler le pouvoir des autorisations et de l’indication donnée à l’intérieur, l’intention formulée. Je peux me programmer à l’intérieur et dire :
« J’interdis l’entrée aux énergies de basse fréquence.
Je choisis d’accueillir en moi exclusivement ce qui nourrit la vie, l’harmonie et la joie ».

Cela offre une direction sur laquelle les formes déjà accordées vont pouvoir commencer à se structurer ensemble et se renforcer mutuellement. Cela va rendre d’autant plus visibles les forces dissonantes et permettre de les confronter.
Bien sûr, le programme a peu de chances d’entrer directement en complète application, mais il va offrir une orientation consciente nouvelle.
Primordial aussi de surmonter la peur. La peur est la porte ouverte pour les formes-pensées de basse fréquence.

Comment surmonter la peur ? Tout d’abord en sachant que dans 95% des cas, elle est contre-productive. Elle peut être un indicateur de danger réel, et dans ce cas elle est salutaire, mais doit rester une information provisoire pour être bénéfique. Une peur qui s’installe, c’est la vibration générale de la structure qui baisse et la porte ouverte aux formes-pensées parasites de mauvaise qualité. Cesser toute culpabilisation/victimisation sur le fait d’être humain.
Délaisser la peur, le pessimisme, le cynisme, le désespoir, la paranoïa ; ils ont assez de clients !

Ces fréquences nous paralysent ; la peur est le passe-partout de l’énergie vampirique.
La seule manière d’être certain de ne pas se faire trop manipuler, c’est de trouver le chemin de l’Âme, de suivre sa voie et sa voix. Et ce chemin démarre du Royaume intérieur souverain,
c’est-à-dire de la personnalité cohérente et consciente.

Ancrée, centrée, alignée. Choisir d’être insoumis au système – au monde extérieur du pouvoir falsifié – mais soumis à l’Âme – au monde intérieur du pouvoir réel.

LA CONSTITUTION DU ROYAUME

Un jour, l’Appel de l’Âme vient débusquer la conscience et la sortir des voies convenues et des évidences. C’est le grand chamboule-tout, la remise en question de ce qui était considéré normal et certain. Les certitudes, les conditionnements, les habitudes, les croyances s’effondrent : les voiles se déchirent, les programmes cessent de fonctionner, la personne découvre que la réalité n’est pas ce qu’elle croyait, mais infiniment plus vaste et ouverte. Vient l’heure de la transmutation intérieure, de la fin du déni et de la mascarade ; et commence la conciliation des forces vers un objectif commun conscient.

Il est primordial de comprendre ce travail symbolique de constitution du Royaume intérieur souverain comme une étape nécessaire et suffisante pour entamer l’œuvre suivante : la connexion consciente avec l’Âme. Le Royaume est satisfaisant quand les grandes tendances sont connues et que les principaux programmes de déni et de sabotage sont désactivés.
Il s’agit de comprendre ce travail comme une étape et non comme un but en soi.
Il est important de ne jamais figer la population du Royaume.

La structure bouge à chaque instant. Savoir se mettre à distance des processus et des programmes d’identification consiste précisément à apprendre à réactualiser sa vision et sa compréhension à chaque instant, et à apprécier de voir la structure bouger en dépassant une éventuelle peur du changement, et un attachement aux « étiquettes » rassurantes. Le principe de ce travail, c’est qu’il va modifier profondément la structure personnelle ; et certainement de nombreux sous-personnages initialement actifs vont être puissamment transformés et de ce fait même élaborés différemment.

C’est le crapaud qui se transforme en prince au contact du baiser.

La vision sera élargie, on connaîtra ses « tendances lourdes » sans leur donner de pouvoir ni de substance. On proposera à un sous-personnage reconnu comme délétère ou négatif une nouvelle utilisation qualitative de sa fréquence : la sublimation du défaut en qualité. La proposition doit être ferme avec ces sous-personnages, soit de s’associer soit d’être réaffecté par l’Univers hors du Royaume. Ensuite un engagement intérieur sera pris, tel un décret du roi, encadrant la possibilité pour le sous-personnage d’évoluer au sein du Royaume.

L’alchimie de la constitution du Royaume consiste à associer toutes les forces vues en permettant à chacune d’exister en offrant le meilleur de sa fréquence essentielle à l’ensemble. Toute figure, tout symbole possède en propre son ombre et sa lumière ; il s’agit ici de proposer, ou plutôt d’inciter fermement les sous-personnages, s’ils veulent continuer d’être bienvenus, de choisir de servir l’œuvre collective, l’innocuité et le bien commun.
Les buts du Royaume sont : la paix, la cohérence, le dialogue, la motivation unifiée dans un but commun.

La Transmutation

Je n’aborderai pas dans ce texte les techniques possibles de transmutation des forces d’emprisonnement/destructrices en forces libératrices/constructrices. Il y a de nombreuses techniques déjà existantes et d’autres à inventer ; psychiques, corporelles, créatrices. Mon conseil principal serait de rester ouvert quant aux formes, et créatif quant aux moyens et techniques. On peut utiliser une technique dans un cadre particulier, en l’adaptant à notre propre cas, puis la délaisser pour une autre technique plus appropriée lors de la transmutation suivante. Les formes n’ont aucune importance, elles sont un outil, et sont valables si et seulement si elles nous correspondent dans un temps et pour un travail donné.
J’insiste aussi sur l’importance que ce travail est intérieur et relève de la responsabilité personnelle de chacun.

Personne ne peut faire le travail à la place d’un autre, et personne ne sait mieux que toi ce qui est bon pour toi. Apprécions d’inventer nos propres moyens de libération, de les expérimenter pour nous-mêmes puis de les proposer aux semblables sans jamais donner à notre solution viabilisée un statut d’unique vérité.

Archétypes auxiliaires

Pour débuter, il est intéressant de s’offrir consciemment des sous-personnages intérieurs œuvrant pour le Royaume (présentés dans l’ordre dans lequel ils apparaissent dans ma compréhension) :

– Le collecteur vigilant, qui a pour mission de repérer les sous-personnages lorsqu’ils se manifestent, de les recenser et de leur proposer de coopérer au sein du Royaume.

– Le médiateur, chargé d’inciter les sous-personnages en souffrance à s’exprimer dans la profondeur de leur motivation, et chargé d’inviter les parties plus élevées à proposer la résolution des problématiques mises en lumière.

– Le parent bienveillant, Celui qui sait, le Novateur, le Guide. Ces figures représentent la possibilité de transmutation, de solution, de sublimation, c’est-à-dire la réponse consciente de haute qualité vibratoire qui va être offerte au problème énoncé à un moment donné.

– Le guerrier, celui qui va pouvoir dire « non », trancher les liens toxiques et employer la force et la détermination dans le cas de formes-pensées récalcitrantes à l’alignement.

– Le roi, souverain dans le Royaume intérieur. Il symbolise la personnalité intégrée, ayant réalisé sa plus grande part de transmutation. Figure archétypale solaire, il rassemble, rayonne et décrète.

– Le prophète, l’annonciateur et le révélateur. Le porteur de la Vérité divine. Il relie le roi et Dieu ; il est la conscience révélant l’existence de l’Âme à la personnalité, et révélant à l’Âme que la personnalité est prête pour le rapprochement et la connexion.

L’appel à l’expression et à la conciliation

L’établissement du Royaume vise à l’instauration de l’archétype du roi comme force attractive/rayonnante d’alignement et de paix intérieure, de cohérence harmonique.
Pour réaliser le Royaume, un recensement s’impose.

C’est le travail du collecteur présenté ci-dessus. Au fil des mises en lumière des figures de l’Inconscient, et de la prise de conscience des masques sociaux et des héritages parentaux, se dessine la structure des forces en présence.
Le collecteur recense les formes personnages, et ainsi il les reconnaît et reconnaît leur volonté d’être, de s’exprimer et de participer à l’expérience. Cette reconnaissance/acceptation est très importante car elle est le prélude à une possible conciliation et association.

Il est important, lorsque se présente un conflit intérieur, de lui permettre de s’exprimer. Pour cela on peut constituer une sorte de lieu intérieur neutre et bienveillant, dans lequel la figure du médiateur appelle une tension à venir s’exprimer en sécurité, avec la promesse de ne pas être jugée ni censurée, de pouvoir s’exprimer dans l’entièreté de son besoin du moment et de sa vérité propre. Il a été stupéfiant pour moi d’entendre les vérités de parts logées en moi, dont j’ignorais totalement et l’existence et les besoins…

Ce peut être par exemple une part qui s’exprime en écho de l’enfant intérieur blessé, et alors après l’avoir accueillie et écoutée avec bienveillance, on peut demander à l’intérieur à une part plus élevée de notre être de lui offrir le soutien parental dont elle a besoin. Nous devenons notre propre parent et apprenons à assouvir nos besoins et à résoudre nos frustrations depuis l’intérieur, sans besoin de les projeter dans le monde.

D’autre fois, en appelant la tension à s’exprimer, il arrive qu’on découvre que deux forces opposées sont précisément en lutte intérieure de manière larvée. Alors nous faisons intervenir une troisième partie, un médiateur témoin, qui va écouter les deux parties de manière impartiale. Ensuite il appellera une part plus élevée pour proposer une résolution adaptée, actualisée, innovante et intelligente, tenant compte des besoins des deux parts en conflit, et de leur point de tension.

Le Pardon, donner sa part à chacun, est une part importante de la conciliation intérieure. Nous sommes tous plombés de mémoires blessées de victimes, de coupables et nous avons vraiment besoin de lâcher ces blessures, de cesser de nous y accrocher en leur accordant une importance démesurée dans la mesure où ce sont des mémoires du passé qui nous pourrissent le présent. S’accrocher à ses blessures et refuser de pardonner est une forme d’agression auto-immune. Le pardon a pour objectif la résilience de celui qui pardonne, et la possibilité de changer de registre relationnel. Il sort du paradigme « proie/prédateur, rivalité pour la ressource », et permet la coopération intelligente, respectueuse et responsable.

Voir le paradoxe comme la promesse vivante d’une nouvelle libération. Lorsqu’une situation nous apparaît comme paradoxale, contradictoire, illogique, nous pouvons être certains qu’il se passe là un mouvement, le déplacement d’un ancien équilibre vers un nouveau. Le paradoxe est l’expression du mouvement vivant. J’ai appris à aimer rencontrer ces paradoxes car ils sont souvent le prélude à de belles avancées de conscience et à l’ouverture de nouvelles perspectives.

Apprendre à ne plus s’identifier aux sous-personnages, et à les reconnaître chaque fois qu’ils essayent de prendre le contrôle, le leadership, et en conscience choisir alors de suivre leur volonté ou non.

Convoquer l’Assemblée constituante et donner les grandes règles du Royaume. Proclamer sa motivation principale depuis le cœur, et demander à toutes les parts de s’engager à servir conjointement et loyalement ce but le plus élevé.

L’usage de la force

Mais il arrive qu’on soit confronté à ce que la part élevée en nous, le Royaume relié à l’Âme, œuvre pour le bien commun, et qu’une part désaccordée – on va l’appeler « ego » – s’adonne au sabotage systématique de ce que nous construisons. Il importe alors de démasquer le saboteur et de lui imposer le respect des règles du Royaume. Cela s’appelle être maître chez soi. L’ego est appelé à être aligné au service du Royaume.
Le processus permet de lui enlever ses prérogatives de « pilote automatique » et de le subordonner à l’intention proclamée consciemment.

De manière encore plus pernicieuse, il arrive que l’ego semble s’associer aux motivations élevées, alors que sa motivation réelle est masquée par la motivation élevée et qu’il se cache donc derrière pour des motifs moins « avouables ». Alors là, attention aux retours de bâton ! La vigilance s’acquiert par l’expérience…

D’une manière générale, il importe d’inviter au travail collectif toutes les parties opposantes, les commensaux passifs, les parasites épuisants, les guérilleros acharnés, les rebelles de principe, les usurpateurs filous, les professionnels de la mauvaise foi… toutes ces parts sont habituées à travailler pour capter notre attention et notre énergie, elles sont donc aptes à être employées pour le bien commun. Les valeurs clés à installer en soi sont ici la coopération, le partage des ressources, la communication.

On se croirait dans le monde extérieur, n’est-ce pas ? et pourtant tout cela se passe à l’intérieur.

Malgré tout, parfois, le guerrier est appelé à la rescousse, pour faire entendre la puissance de la Volonté accordée à une part résistant à la négociation. Celui-ci, tel que symbolisé par l’archange Michael, rappellera la Loi, tranchera de son épée les liens toxiques et émettra le puissant rayon divin qui soumet le démon…

Le roi et le prophète

Le roi est le personnage-pivot du Royaume. Il intègre les caractéristiques singulières en un tout cohérent, une cohérence harmonique. Le roi règne dans le royaume personnel ; il établit la paix dans la personne ; il concilie les intérêts contradictoires et il maîtrise les forces antagonistes en les associant à l’œuvre commune, en mobilisant leur énergie au service de l’ensemble. Il décrète et règne sans avoir besoin d’agir. Il attire, rassemble et rayonne, il est le centre rayonnant tel un Soleil, autour duquel les habitants du Royaume/planètes vont graviter en une danse harmonieuse et cohérente. Le roi réussit son accession au pouvoir précisément quand il parvient à agglomérer, associer et assujettir l’ego fragmenté et sa force. Le roi légitime rassemble ses sujets auparavant divisés, qui sont satisfaits et soulagés de se soumettre à son autorité bénéfique, œuvrant pour le Bien commun. Le roi est la force transcendante de cohésion.

Enfin, le prophète intervient lorsque le Royaume est déjà suffisamment constitué et opératif. Il catalyse le SENS, c’est-à-dire qu’il associe le sens-direction, le sens-signification/compréhension, le sens-symbole, le sens-sensation/information sensorielle, le sens-sentiment, le sens-idéal. Il donne sa légitimité au roi en le liant à Dieu et a pour charge de représenter le messager du Divin pour le Royaume. Il constituera la base formelle de la prochaine étape du chemin : la constitution du pont reliant l’Âme à la personnalité intégrée. Qui peut proclamer le légitime ou l’illégitime aux yeux de Dieu ? Seul le véritable Prophète le peut, et il assume une lourde responsabilité. Pour lui, l’alignement à la Loi est indispensable, ainsi que la Foi et l’offrande de Soi.

Le Prophète est l’intermédiaire entre Dieu et son groupe humain ; il a pour mission d’éclairer la vision et de rapporter ce qu’il a pu recevoir et comprendre du Divin. Il détient le pouvoir du Verbe aligné.

Nous pouvons noter que nos personnages créés consciemment au service du Royaume sont tous détachés des intérêts particuliers et œuvrent spécifiquement pour le service commun et le plus grand bien de tous.

Et le but de tout ça ?

Ce temps accordé au dévoilement des illusions intérieures pourrait sembler superflu et inutile. Il est en fait une étape importante pour apprendre à se connaître afin de comprendre précisément les véritables motivations à l’œuvre au fond de soi. Tant qu’on reste en surface en refusant de plonger en dedans, on s’illusionne sur la réalité superficielle, on risque de rester dans le paraître et d’empêcher la véritable rencontre avec l’Âme, qui se produit uniquement quand la personnalité est suffisamment cohérente et intégrée.

En revanche, quand on connaît ses grandes tendances, et qu’on prend soin de s’en désidentifier, de les prendre comme des parts en travail en voie de résolution, elles se libèrent progressivement et ce travail se termine. On peut alors enfin être soulagé de ces anciens poids et disponible au nouveau.

Dans ce mouvement il importe de proposer à chaque part reconnue une place singulière et une valeur, d’associer les parties en vue de l’objectif commun sur une motivation énoncée clairement, de mettre à l’unisson les personnages secondaires aux intérêts auparavant divergents.

Ce travail d’allègement et de façonnement de la personnalité nous permet d’affiner notre expérience, de trouver notre centre, de comprendre les mouvements intérieurs qui se succèdent sans en être chavirés, d’instaurer le dialogue intérieur.

Il nous enseigne à trouver notre authenticité, à cesser de nous mentir à nous-mêmes et de nous illusionner sous l’emprise du déni. Nous apprenons aussi à y cultiver la vigilance, la patience, la persévérance, l’humour (c’est-à-dire la capacité à rire de soi-même) et l’acceptation des conditions du « jeu ». Nous apprenons à discerner le faux pour cesser de le servir.

La personnalité délestée et harmonisée dispose enfin d’assez d’espace pour permettre à l’Âme de venir s’exprimer au premier plan de l’expérience. La personnalité est alors aux commandes de l’ensemble de ses actes, suffisamment consciente de ses motivations pour comprendre ce qui se passe et pouvoir choisir consciemment de se positionner en retrait, de se mettre au service de l’Âme de manière prioritaire et d’offrir beaucoup moins d’importance aux problématiques de l’ego, de renoncer à la prééminence personnelle. De reprendre son pouvoir afin d’être l’instrument de l’Âme, subordonné exclusivement au Maître intérieur. Enfin les parts qui étaient disparates sont associées et unifiées pour connecter l’Âme et lui permettre d’œuvrer dans l’incarnation.

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