Message du professeur Zolmirel transmis par Aurélia LEDOUX

1ère partie
2ème partie

Je suis là devant vous.

C’est votre ami, le professeur Zolmirel.

J’en étais resté à ce moment très précis, où des vaisseaux-lumière avaient été vus, au dessus de ma planète.

Vous en souvenez-vous ?

Depuis la venue de ces vaisseaux, tant de choses merveilleuses sont advenues, que je ne sais par où commencer.

Notre planète était un lieu paisible, où il faisait bon vivre. Comme je l’ai dit, elle était constituée de trois peuples, très complémentaires, avec de nombreux autres peuples, presque tous des voyageurs stellaires.

Il s’agit d’une planète possédant un climat tropical assez humide, avec parfois, comme en votre monde, des jaillissements d’eau soudains.

Avec l’aide de nos anciens, nous n’avions pas trop de mal alors à prédire chaque crue et à déplacer nos habitats, juste à temps. Il fut par la suite décidé que les lieux des crues ne seraient plus habités du tout, ou alors seulement de maisons flottantes pour les scientifiques qui étudient la végétation.

Les Kolals, nos chers amis, avaient découvert une succession de temples extrêmement anciens et de palais, ils avaient donc fort à faire. Il me faut avouer que tout cela m’excitait au plus au point. C’était l’un des plus grands chantiers archéologiques de tous les temps. Nous avions déterré une civilisation entière !

Il nous fut donné de croire que cela confortait en tous points nos mythes sur les voyageurs stellaires.

Cette civilisation avait en effet beaucoup voyagé dans l’espace, et elle venait… des Pléiades!

Ce formidable champ d’étoiles que vous nommez ainsi, composé de sept sœurs luisant d’un éclat bleuté magnifique.

Nos savants aimaient beaucoup observer les étoiles. Et bien sûr, ils étaient fascinés par la venue toujours plus grande de vaisseaux-lumière en nos cieux. A la fin, nous étions franchement impressionnés. Il y avait tant et tant de vaisseaux, que la nuit ne tombait plus sur notre jungle.

Bien sûr, je l’ai dit, déjà, ces présences étaient amicales, il ne se dégageait que des pensées d’amour de ces vaisseaux.

Une délégation de sages Galmols, de Kolals et d’Ilstirr a décidé de se réunir dans une clairière, pour en débattre.

Cet évènement a suscité la venue de nombreux informateurs. La clairière était non loin du site de fouilles et bien sûr, les écrivains et les informateurs voulaient obtenir les derniers détails des recherches.

J’étais avec mon ami, le sage Kolal Amoni, un être que j’apprécie au plus haut point.

Il s’agit d’un grand alien, bien plus grand que moi. Son teint est blanc et faiblement luminescent, il possède de grands yeux noirs chaleureux. Amoni avait fait la connaissance de deux jeunes Ilstirr qui le suivaient comme son ombre. Le premier était espiègle et très téméraire et le deuxième extrêmement timide. Les deux petits aliens se nommaient Nerti et Zilner. Tous deux possèdent un teint nacré et bleuté avec de grands yeux très vifs.

Notre petit groupe avançait dans la jungle à l’heure du crépuscule et les végétaux alentours résonnaient de dizaines de petits bruits furtifs produits par les animaux. Nous étions heureux de respirer l’air du soir. Chacun de nous avait travaillé à l’étude de l’un des palais, et notamment pour le modéliser et le dessiner. Cette étude devait servir à déterminer la manière dont il avait été construit.

Hélas, nous n’y étions point parvenus. Ces palais étaient impossibles, car ils étaient composés de fort peu de pierres gigantesques. Certaines parties, et notamment des pièces immenses, semblaient constituées d’un seul bloc de pierre. Cela était-il possible, de découvrir ainsi dans la nature, des blocs rectangulaires qui puissent être creux, de manière à abriter une salle de jeu ou d’offrandes, toute parée de statues ?

Les statues elles aussi nous intriguaient, elles semblaient littéralement soudées à leur socle, par un procédé inconnu.

Qui pouvaient être les formidables bâtisseurs de ce mystérieux palais ? Avaient-ils précédé notre monde, pourtant immensément ancien. Ce palais avait-il été moulé ? La stratification rocheuse visible, s’opposait à cette théorie.

Notre civilisation date d’environ 800 000 ans, et nos plus vieux écrits attestent que notre race a évolué en gravissant des sentiers de plus en plus nobles, de plus en plus éthérés aussi. Notre espèce vient de ceux que vous nommez les reptiles, ou Reptiliens au départ.

Bien sûr, elle a muté, elle est devenue de plus en plus distincte de ses pères et mères. Il existe à présent en notre peuple, des êtres soit sexués, comme les vôtres, soit hermaphrodites, comme en d’autres peuples aliens.

Cela ne constitue pas un problème, mais est accepté pleinement par nos autorités. Les mutations ont également fait de nous des êtres de plus en plus éthérés, capable de franchir des lieux stellaires de haute radiance. Mais en cette instant, la radiance siégeant à la surface de notre planète était vraiment très élevée, presque trop. Les enfants montraient du doigt les vaisseaux argentés devant nous, leurs parents effrayés peinant à les endormir le soir, les faisaient rentrer chez eux à grand peine. De même, mon ami le sage Amoni, peinait à contenir le petit Zilner dont la curiosité était portée au sommet.

Je veux voir un de ces vaisseaux, disait le petit alien. Je veux absolument monter à bord ! Qui peuvent être ces voyageurs venus de si loin ? Le sais-tu toi ? demandait-il à mon ami immensément âgé avec excitation
Je ne sais que ce que j’ai entendu, répondit Amoni. A savoir que les anciens ont pu converser par télépathie avec les êtres qui habitent ces navires. Ce sont des êtres tout illuminés. Ne t’approche pas de ces navires s’ils se posent. La radiance pourrait t’incommoder.
Je n’ai pas peur ! répondit Nerti en se redressant fièrement malgré sa taille minuscule.
Cela est absolument vrai, mais il faut être prudents mon jeune ami, dis-je au petit alien qu’Amoni serrait près de lui comme un père.
Leur père, il l’était et conscient pleinement de ce rôle, il veillait constamment sur les deux jeunes aliens. Avec Zilner, il n’avait pas grand mal, mais Nerti était toujours assez aventureux, désirant approcher les fauves la nuit alors qu’ils allaient boire au marais, ou impatient de prendre le chemin de l’espace.

Mon monde comportait de nombreux fauves, qui mangeaient encore des herbivores en ce temps. Nous pouvions très nettement sentir leur présence. Lorsqu’ils songeaient à nous assaillir, il ne suffisait que d’un regard pour les faire fuir. Les fauves de cette espèce étaient peureux et redoutaient nos ondes mentales, ils songeaient à quelque intrusion. D’autres, plus rares, acceptaient de communier avec nous et en venaient même à se comporter comme des chats affectueux.

Mais dans la jungle profonde, il y avait également des amphibiens toxiques, des serpents et d’autres créatures semblables à des scorpions ou des insectes géants qu’il ne fallait pas trop déranger. Ces êtres ne nous faisaient généralement aucun mal, grâce à notre prescience, mais un enfant imprudent était vulnérable.

Le petit Nerti avait été longuement mis en garde, ce qui ne changeait rien.

Je ne crains rien puisque vous êtes avec moi, disait-il avec un sourire désarmant
Le sage Amoni eut un air résigné et nous avons continué notre promenade sous une marée stellaire de plus en plus vive, entrecoupée de l’éclat multicolore de vaisseaux nombreux. Ces vaisseaux se déplaçaient au ralenti au dessus de nous. Ils formaient comme des sortes de globes d’éclairage étranges, si géants et lointains en même temps. Nous avons gravi un raidillon et sommes parvenus en un lieu où l’un des temples de pierre avait été fraichement déterré. Le temple luisait sous l’éclat conjugué des vaisseaux. Un éclat de lumière a immédiatement attiré notre regard. Un éclat régulier fusait au pied de ce temple en forme de pyramide, et ce vers les vaisseaux. Voilà qui était bien stupéfiant. Le petit Nerti prit aussitôt un cliché de ce phénomène. Et il bondit pour s’en approcher, le sage Amoni à ses trousses.

Mon ami est très grand et plutôt posé, mais en cet instant, il courait avec une rapidité que j’aurai été bien en peine de déceler chez lui.

Zilner, lui, avait très peur du phénomène et ce fut moi qui dus le rassurer. Nous nous sommes approchés du haut temple, un vaisseau bleuté, en particulier planait à bonne distance du grand bloc pyramidal.

Nous étions à découvert. Comme fasciné, Nerti s’est approché du faisceau, il tendit lentement la main pour le toucher.

Ne fais pas ça ! dit précipitamment Amoni
Le petit alien a poussé aussitôt un cri de douleur. Il est tombé sur le sol. Sa main blessée se couvrait peu à peu de cloques.

Comme sentant ce qui était arrivé, le faisceau s’est éteint. Nerti était à peine conscient, frappé par une énergie mystérieuse.

Petit imprudent ! s’est écrié Amoni encore plus pâle que d’ordinaire.
Il s’est avancé vivement pour l’emporter, le petit Zilner, très impressionné, ouvrait de grands yeux. Il a poussé un cri.

Nous nous sommes retournés. Un homme de haute taille était là, juste derrière nous, comme jailli du néant. Il portait une longue tunique bleue bordée de rouge et la tunique brillait. Je sais que c’est impensable, mais son visage aussi émettait un éclat chaleureux ! L’homme était bronzé et possédait un visage rayonnant de santé. Ses yeux océan étaient deux lacs d’azur admirables, ils brillaient eux aussi, ressortant magnifiquement sur son visage. Il possédait d’amples cheveux brun roux et souriait largement. Il s’est incliné pour nous saluer et nous avons fait de même. L’homme souriait, car il était très ému.

Je viens d’en haut, dit-il en désignant le vaisseau. Je suis si heureux de vous voir !!!
Nous sommes honorés seigneur, avons-nous répondu en restant sur nos gardes, car autant de brillance dérangeait un peu nos yeux sensibles
Comprenant aussitôt notre mal être, l’homme est devenu moins lumineux, moins éclatant.

Pardonnez-moi, a-t-il dit. Pardonnez-nous. Un enfant. C’est un enfant… c’est lui qui a interrompu notre faisceau d’activité, a-t-il dit en réfléchissant.
L’homme s’est approché vivement du sage Amoni, comme s’il voulait porter le petit Nerti inanimé. Mon ami a tout d’abord reculé, puis lui a tendu lentement le petit être inconscient.

Je me nomme Oraste, a dit l’homme affable. Par ici, suivez-moi donc, nous allons soigner votre jeune.
Il nous désigna la prairie, où un vaisseau lumière majestueux attendait. Nous avons avancé avec quelque crainte mêlée d’un émerveillement immense. Un sentiment d’amour incroyable nous a peu à peu inondés, de la tête aux pieds. Et certains bientôt que nous allions faire une fameuse découverte, nous nous sommes avancés vers le vaisseau.

Des hommes et des femmes souriants étaient visibles à l’entrée. Il y en avait trois. Ils nous ont regardés avec bonté. Chacun d’eux était légèrement luminescent, d’une couleur correspondant à son habit. Le vaisseau lumière faisait environ 600 mètres de long. Il nous attirait comme un aimant. Son éclat était blanc bleuté et les parois semblaient comme vivantes. Nous sommes entrés en suivant Oraste, comme songeant à un rêve magnifique, sauf que nous étions bel et bien là.

Oraste nous a menés en une petite porte ouverte vers l’intérieur du navire blanc. Une serre se trouvait derrière, visible de loin. Nous sommes entrés en un magnifique couloir bleuté et orangé, plus doux pour notre regard. Des êtres affables jouaient de la musique, devisaient ou riaient. D’autres êtres de lumière peignaient ou s’occupaient de jeunes animaux. Il y avait des salles très nombreuses, avec des machines impossibles qui nous stupéfiaient tous. Le niveau de technicité atteint par ce peuple dépassait notre entendement. Les parois du vaisseau étaient comme vivantes, elles changeaient parfois de place en un lent mouvement.

Des portes se dessinaient sur les murs, puis disparaissaient la seconde d’après. Je vis de mes yeux les êtres de lumière soigner un homme, en faisant repousser son bras presque instantanément.

Oraste nous a menés à travers un couloir montrant d’autres navires, ceux-là métalliques, d’où descendaient de petits aliens hésitants, certains très contrariés.

Nous sommes entrés en une vaste pièce ovale. Un homme blond de très grande taille était assis devant une très belle table arrondie. Il a souri largement. Oraste lui a donné le petit alien et il est sorti.

La porte orangée et ovale, elleaussi, a disparu du mur. Nous avons regardé l’homme et il a souri.

Soyez les bienvenus a t-il dit, je me nomme Dorian. Asseyez-vous donc, a-t-il proposé en riant.
Des sièges absents la seconde d’avant, ont pour ainsi dire poussé du sol. Nous avons contemplé ce prodige sans en croire nos yeux.

Cela n’est que fort ordinaire a dit Dorian avec un rire. Asseyez-vous donc sans crainte, vous êtes nos amis. Comment se nomme ce petit ?
Nerti, a répondu Amoni en prenant place sur un fauteuil très confortable
Nerti. Très bien, il ne manque pas d’audace, a répondu Dorian en palpant la main enflée du petit alien. Ce qu’il est adorable. Il est toujours aussi curieux ?
Oui, admit Amoni. Je vous prie de nous excuser si cela a … troublé la liaison que vous vouliez avoir avec cette bâtisse millénaire.
Excuses acceptés, ce n’est rien. Et cet enfant ira aussi bien que faire se peut. Il devrait être plus prudent, dit Dorian avec une immense bonté. Nous vous devons des explications. Vous devez être intrigués. En vérité, cela est de notre faute si cet enfant a agi ainsi. Il voulait que les êtres du vaisseau se manifestent ! admit-il avec un grand rire amusé
Il en est bien ainsi, en convint Amoni
Dorian palpait toujours la main du jeune alien, avec des gestes très légers. Nous étions figés de stupeur et d’émerveillement devant tant de capacités à soigner.

Nous nous demandons, qui vous êtes… S’il vous plait, accepteriez-vous de nous répondre ? demandais-je à notre hôte.
Absolument, assura Dorian courtoisement. Nous sommes ici parce que votre monde a été choisi. Il doit gagner la voie d’existence suivante. Il en est ainsi parce que votre calendrier, votre chemin d’évolution est complet. Vous aimez des enfants qui ne sont pas de votre sang, de votre peuple. Vous aimez déterrer des monuments, ouvrir la voie à de nouveaux systèmes de navigation, de découvertes stellaires. Vous aimez tout du monde et de votre vie. Que disent vos légendes ? demanda Dorian Que disent-elles, sur les Pléiades ?
Nous sous sommes regardés avec une joie réciproque Amoni et moi.

Elles disent, exposa mon ami, que les anciens navigateurs stellaires des Pléiades sont venus visiter notre monde qu’ils l’ont… édifié. Qu’ils ont fait jaillir la végétation et les paysages, qu’ils l’ont peuplé de créatures pensantes. Mais nous ne sommes pas des habitants originels de cette planète. Sur les palais, des statues d’humains et d’aliens inconnus parfaitement nouveaux ont été trouvées. Il est dit que les aliens et les humains ont pu se mêler et que des races hybrides sont nées de cette union, des êtres couplant les qualités des deux espèces. Cela dit, sur ce monde, nos trois peuples sont très différents génétiquement. Et nous n’avons pas non plus le même ADN que les humanoïdes. Nous sommes des êtres ayant fait une incursion sur ce monde, des fugitifs, des errants. Cela suite à la persécution d’autres factions. Les factions, disent les légendes, opposées à l’étude de la vie, à la lumière.
Vous êtes des aliens éclairés, reprit Dorian. Vous êtes effectivement une exception pour certains des vôtres qui ont choisi de rester en la voie matérielle. Votre monde est un très ancien monde, sur ce monde se tenait une civilisation humanoïde, voici, très longtemps. Cette civilisation a choisi de partir coloniser d’autres planètes. Elle a donc laissé ces temples, ces vestiges fantastiques en souvenir. Nous sommes les enfants de ce peuple. Les êtres des Pléiades sont revenus. Et nous sommes heureux, si ravis de songer à votre présence !
Nous le sommes aussi. Cela est un honneur, une joie immense de vous voir enfin ! s’écria Amoni. Nous avons tant cherché concernant ces palais. Ils semblent faits d’une seule pièce ! Quel moule assez fantastique pourrait permettre d’assembler des salles entières d’un seul tenant ? Nous ne comprenons pas cette ingénierie.
La pensée, dit simplement Dorian, c’est le moule de la pensée. L’esprit est assez vaste pour servir à créer toutes sortes de choses. Nos pères ont agi de la sorte.
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