Message du Guérisseur Lestrys transmis par Aurélia LEDOUX

Je me tiens devant vous, je suis le guérisseur Lestrys.

En ce jour plaisant, je viens vous conter la suite de mes aventures avec tous mes compagnons aliens.

Nous étions de retour en notre belle demeure, une jolie tour de pierre rosée près d’une cascade. Il se trouvait que le temps était fort humide et pluvieux, mais Panresu revint nous honorer de ses visites dans les jours qui suivirent.

J’en étais vivement soulagé, tant ma science pour soigner le petit Lokhaïl se trouvait dépassée.

Je n’avais jamais vu ce type de manifestation énergétique. Cela faisait comme si tout le système cellulaire du petit être s’effritait, puis se désagrégeait, pour être remplacé par un nouveau corps, plus lumineux, plus énergétique et plus harmonieux.

Nous ne savions que faire et notre si jeune compagnon tellement brave souffrait de ces changements.

Quatre jours plus tard, une nef argentée se posa devant notre demeure et un rai lumineux en forme de couloir se déploya pour protéger les occupants de la pluie battante.

On frappa et j’ouvris avec célérité.

Le sage Derryl apparut aussitôt et nous étions si heureux de le voir que nous avons tous émis des paroles de bienvenue.

Je suis de même ravi de vous revoir tous, exposa t-il avec affection. Mais nous avons peu de temps. Où est l’enfant ?

Je filais à l’étage et revins en portant le jeune alien. Derryl le prit contre lui, l’entoura dans une couverture chauffante et m’enjoignit de le suivre.

Je saluais mes compagnons et filais à sa suite, mais Stency se mit à sangloter en me poursuivant, il refusait de me laisser partir.

Qu’il vienne donc, exposa le sage Derryl. Ce lieu est sans danger pour les enfants, il devra juste mettre des cristaux protecteurs.

Giorgio tendit son pendentif à Stency. Il était blême. Le fait de risquer de perdre un être si attachant nous affectait tous beaucoup. Le tout jeune alien qui s’était rapproché de mon ami Terrien, Nimlin, se mit à pleurer également. Giorgio le serra près de lui comme l’aurait fait un père dévoué.

Ils ne vont pas très loin, expliqua t-il. Ils seront absents un jour ou deux.

Oui, c’est vrai, confirma le sage. Nous sommes venus aussi vite que possible. Nous devons l’emmener maintenant.

Et, traversant le couloir de lumière, nous sommes montés dans la belle nef argentée.

Derryl souleva le jeune alien et l’étendit sur une table entièrement lumineuse. Il se gratta le front et parla directement par l’esprit. Il examinait les lésions de ses poignets sans parvenir à tout comprendre. Les « petits gris » sont des créatures étranges.

C’est une forme de vie inverse, conclut-il. Il est en train de se désintégrer complètement. Les aliens de Kolménide ne peuvent résister aux hautes vibrations. Comme l’âme de cet enfant est très pure, elle est en train de lui constituer un nouveau corps grâce à l’énergie de ce lieu. Il est très faible, il lui faut de l’aide. Nos experts vont réussir à le stabiliser. Ils ont déjà réussi à guérir beaucoup de clones.

Stency perçut notre échange télépathique, il ouvrit de grands yeux inquiets et m’adressa un regard implorant.

Il va bien, lui expliquais-je. Les soigneurs vont s’occuper de lui.

Il faudra faire muter entièrement l’organisme de ce jeune pour réédifier toute sa trame tissulaire.

Combien de temps ? demandais-je

Un mois, peut-être plus. Le voyage l’a beaucoup affaibli. Et se trouver brutalement en un lieu comme celui-ci l’a poussé dans ses derniers retranchements.

Je murmurais une prière à l’intention des grands esprits guérisseurs.

De tels esprits, disaient mes ancêtres, se rencontraient fréquemment sous terre, près des sources et au cœur des plus vastes forêts. Ils sentaient ceux qui étaient affaiblis et agissaient en conséquence.

Je fixais le paysage par la baie vitrée, résolument brumeux et couvert. Cette eau était nécessaire au maintien du foisonnement végétal ambiant.

Cette eau, que nous avions analysée était si pure, qu’elle contenait en elle-même un composé capable de faire croître les feuillages deux à trois fois plus vite qu’à la surface de la planète.

Je songeais aux cellules du jeune alien inconscient qui se reconstruisaient. Comme pour son corps, il semblait en être ainsi. Et les Grands Êtres de l’intérieur avaient certainement réussi à trouver le moyen de régénérer un organisme aussi affecté.

C’est une forme de vie inverse, exposa mon guide par la pensée avec délicatesse. Il faut que vous le sachiez et la vie inverse n’est pas tolérée ici. Ce processus de décomposition est normal. Ce jeune a été crée sans soin et il est considéré comme un rebut, un esclave inférieur chez les siens. Voici pourquoi son système cellulaire se désagrège. Il contient peu de codes d’ADN issus de la vie elle-même. Le matériau qui compose son corps est essentiellement minéral et l’intérieur est formé de métalloïdes, comme le magnésium, le calcium et aussi le quartz. Cela est une bien grande transgression de créer des êtres aussi insensibles.

Mais… Lokhaïl n’est pas… Il n’est pas insensible ! protestais-je

En effet, c’est pourquoi il a survécu, il a accepté le changement, il fait partie de votre famille maintenant. C’est ce qui constitue sa plus grande protection et c’est pourquoi nous allons tenter de le recréer à l’identique.

Vous le pouvez vraiment ? demandais-je d’un ton éperdu

Cela est en vérité délicat, exposa le sage.Voici pourquoi il devra être isolé, il ne faut aucune influence extérieure tant que le système cellulaire se reconstruit. Nous allons agir comme pour une naissance. C’est effectivement une sorte de renaissance.

Le vaisseau fusa au-dessus de vastes montagnes à une folle allure, il franchit de hauts pics de neige et je pensais soudain que nous avions volé très loin de notre habitat. Voila qui était exaltant, grandiose et un peu inquiétant de songer combien ce pays était vaste. La mer parut, droit devant nous et le temps changea aussitôt, l’étendue de mer azurée fit place à une terre désertique coiffée de fiers sommets, les vallées plus loin à l’intérieur des terres étaient riches et fertiles. De vastes demeures, des palais fastueux et de superbes temples s’y dressaient, entourés de vergers immenses, et de cultures très belles.

La nef gagna une haute montagne parée de végétation estivale, avec de beaux rochers couleur or. Le soleil brillait et réchauffait agréablement cette contrée. La nef se posa sur une belle esplanade et nous sommes descendus en un lieu accueillant, très chaud et empli de vie. Des milliers d’oiseaux chantaient, les insectes bondissaient au-dessus des plantes et de multiples papillons volaient autour de nous. Des petits animaux duveteux jouaient à se poursuivre et je surpris également des amphibiens dans l’herbe.

Comme cet endroit était beau ! Une source coulait près de la montagne, et Derryl me désigna une vaste arche sombre, un lieu creusé dans la montagne. Il porta le petit alien et je le suivis, un peu intimidé, tant l’arcade était vaste, de plus de trente mètres de haut. Je levais les yeux et réalisais que je ne voyais pas le sommet de la grotte, juste des éclats de verdure à peine éclairés par le soleil, très haut, qui faisaient penser à quelque fantastique ouverture dans la paroi.

J’entrais à l’intérieur de la caverne, qui était délicieusement fraîche, je marchais sur un sol finement dallé de pavages gris ardoise si parfaitement ajustés entre eux, que seule une mince ligne transparaissait. Loin devant nous, un éclat doré était visible.

Derryl marcha et avança la main face à une très belle porte de lumière dorée, qui semblait pour ainsi dire constituée d’énergie.

La porte s’ouvrit et je descendis un petit escalier à sa suite. Les murs parés de statues gracieuses, semblaient faits d’or liquide.

Un groupe de quatre hommes et de six femmes de lumière nous attendait. Ils prirent le petit alien et l’étendirent dans une sorte de sarcophage de pierre garni de coussins. Une lumière très vive tomba sur lui. Une haute silhouette bleue se tenait en retrait. Et elle observait la scène.

Je la reconnus aussitôt, mon cœur bondit de joie. Il s’agissait de la charmante guérisseuse qui officiait en notre cité, juste avant les effondrements. Trop heureux de songer qu’elle s’en était tirée, je vins aussitôt à sa rencontre.

Je suis si soulagé de vous voir saine et sauve ! Quelle joie, j’ai beaucoup pensé à vous en ces tunnels périlleux emplis de lave, assurais-je

Ma joie est aussi très grande, émit l’adorable apparition d’une voix douce, légère comme la soie, et votre petit n’a rien lui non plus. Quel bonheur !

Me direz vous votre nom ? osais-je demander

Je suis Célia Oranimel, se présenta la ravissante alien

Mais comment êtes-vous donc arrivée jusque ici ?

Je viens de ce lieu. J’ai grandi ici, et toute ma famille s’y trouve également. Il était important pour moi de gagner vos cités et de pouvoir soigner mes frères, de leur apporter… de l’espoir, exposa t-elle, son regard luisant de pureté.

Je souris largement, ravi que cette alien à l’esprit si noble ait ainsi pu agir pour préserver les miens. Mais cette dame alien était bien jeune, et je songeais que cela était inapproprié de vouloir converser si vivement avec elle.

Croyez bien, cher ami, que votre âge me ravit. Vous avez voyagé si loin ! assura t-elle en serrant doucement ma main

Cela, je dois dire, me fit éprouver un choc très vif et j’adressais un sourire rayonnant à cette alien qui transportait mon esprit en un rêve éveillé. La radieuse apparition se pencha ensuite vers le petit Stency, toujours assez timide avec les inconnus. Lui aussi se souvenait d’elle.

Tu as été si courageux, émit-elle. C’est un bien long voyage et tu as du marcher des jours et des jours.

Stency ne dit mot et sourit poliment, mais il laissa la belle alien saisir sa petite main, chose assez inattendue.

C’est exceptionnel, exposais-je. Vous avez une manière très heureuse de vous y prendre avec les plus jeunes.

Oui, expliqua Célia. C’est un lieu de soins et les enfants sont notre spécialité. Nous soignons aussi de jeunes animaux et des êtres plus âgés.

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