Transmis par Samuel

La ligne entre le croyable et l’incroyable devient poreuse.

L’onde de ces réalités supplémentaires déferle sur le flot unidirectionnel de notre existence. L’entrechoc est de plus en plus fort. La pensée s’arc-boute alors, tel un courant de marée qui entame la renverse. Elle tente de retracer une nouvelle frontière plus en aval.

Une part de l’incroyable est reconnue plausible, voire même comme parfaitement établie. Elle trouve sa place dans la société d’accueil du croyable. Elle est enrôlée afin de défendre la nouvelle frontière et protéger la pensée de l’infiltration du reste de l’incroyable. Les murs sont toujours abattus pour être reconstruits un peu plus loin, concrétisant les conquêtes et rejetant ce qui reste déstabilisant.

Les rêves imbriqués

Je dors en présence de mes compagnons cristallins. En ce moment, je garde au plus proche de moi une pointe de quartz. Elle ne facilite pas toujours le sommeil car sa résonance m’amène à des ajustements intérieurs. Je ressens avec plus d’acuité ce qui bloque en moi. Un travail énergétique s’opère dans le silence de chaque nuit.

Alors que je sombre tardivement dans le sommeil, je suis plongé en fin de nuit dans un rêve intense. Les situations se mettent en place dans un fatras d’incohérences mêlées à des émotions exacerbées. Je m’exerce depuis longtemps à reprendre le contrôle de mes rêves. Je réalise dans celui-ci que mes débordements émotifs ne se justifient pas par le vécu du rêve. Une force plonge une sorte de tison en moi afin de maintenir cette inflammation émotionnelle. Je freine de toutes mes forces pour arrêter le rêve et m’ouvrir une porte de sortie pour reprendre conscience.

J’ouvre les yeux. Allongé sur le ventre, ma tête est à moitié enfouie dans l’oreiller. Je sens une forte pression sur le haut de mon crâne pour me maintenir dans cette position. Je prends conscience de la situation pour l’avoir déjà vécue.

En dirigeant mon regard, je vois une forme sombre dressée à côté de moi. Sa patte exerce toujours une prise sur ma tête. Je lui dis intérieurement qu’il est inutile pour elle de continuer puisque je me suis extrait de son rêve induit et que je l’ai démasquée.

Elle ne renonce pas et veut me faire replonger. Je résiste. Je lui dis que je ne veux pas me battre ce matin et qu’elle doit partir. Mais sans que je le sente venir, je me vois rassembler une force intérieure pour me dégager de sa prise. Me redressant dans le lit, je donne une série de coups dans cette forme sombre. Bien qu’inconsistante, cette forme recule. L’aube naissante éclaire suffisamment l’ensemble de ma chambre. Je suis assis maintenant dans mon lit face à elle.

Dès qu’elle se met à bouger de nouveau, je vécus un véritable paradoxe.

Je suis de nouveau allongé sur le ventre dans mon lit comme initialement à ce que je croyais être mon réveil. L’entité est là, juste à côté de moi. Je la vois simplement passer au travers d’un mur. Elle a finalement renoncé.

Les pensées s’entremêlent. En sortant de mon rêve incohérent et intense, je me suis retrouvé dans un autre niveau de rêve, moins profond. Dans celui-ci, tout était si confondant avec la réalité du monde physique. J’avais été dupé. Dans ce rêve, toute ma chambre était cohérente. J’avais les sensations physiques et mon mental était présent au point que je pouvais m’adresser consciemment à cette entité.

Avec le recul, je réalise que j’étais encore dans le monde astral des rêves. Je pouvais affronter cette créature. Mes coups portaient car mon corps subtil pouvait atteindre son corps astral. Et c’est en la repoussant astralement que je me suis libéré de cette seconde illusion particulièrement confondante.

L’engourdissement de la conscience prend un état de rêve pour la réalité.

Les rêves peuvent être de plusieurs niveaux imbriqués et interconnectés. Cette strate onirique si proche de ma réalité quotidienne me rappelle que les rêves sont simplement d’autres réalités ou que notre réalité n’est qu’une illusion parmi les autres…

Un autre rêve à plusieurs niveaux interconnectés

Les deux nuits suivantes s’écoulent sans incident. Au matin de la troisième nuit, les premiers rayons de lumière chassent l’obscurité. Je me tourne dans le lit pour me mettre sur le ventre. Je sens alors une présence grimper au pied du lit et s’allonger de toute sa longueur sur moi. Je ressens sa vibration sur mon dos et l’arrière de mes jambes.

Elle me susurre à quel point je dois reconnaître que ce contact est agréable. Il n’y a pas cette froideur qui caractérisait la créature précédente. Ce n’est pas non plus une présence réconfortante et bienveillante. Simplement une entité qui m’invite à savourer ce contact rapproché.

À peine lui dis-je que je ne veux pas, que l’entité me dit de tourner la tête. Je vois ma conjointe allongée à côté de moi se lever et quitter la chambre. Cette présence poursuit d’un ton languissant en me répétant que nous sommes seuls dorénavant dans la chambre. Elle ne veut pas que je me retourne sur le dos pour la voir. Je ne dis plus rien pour ramener mon attention sur les sensations que cela induit en moi. Elle se meut sur mon dos et désire que je la touche. À son contact, je réalise qu’elle adopte une forme déstabilisante. Cela porte un nom, une succube. Je retire mes mains en lui criant intérieurement un non chargé d’inquiétude.

Je vécus de nouveau le paradoxe.

J’ouvre les yeux et je réalise être dans une position similaire à ce que je croyais être mon réveil quelques instants plus tôt. Ma conjointe est endormie à mes côtés. Elle ne s’est jamais levée. Du coin de l’œil, je perçois un mouvement furtif et puis plus rien. Encore une fois, ce dernier niveau de rêve était si confondant avec la réalité du monde physique.

Les Ténèbres

Les crânes de cristal sont verrouillés afin que l’Humanité actuelle ne succombe pas à l’ivresse de la puissance comme l’avait fait les Atlantes.

Les crânes de cristal n’offrent pas leurs Pouvoirs,
ils nous donnent la Compréhension.

Le monde physique est une terre d’exil pour notre conscience. Lorsqu’elle se sent appelée à retrouver son Âme, puis sa partie divine son Esprit, elle se met à briller. La conscience se charge de la vibration Amour. Nous devenons Lumière.

Les êtres cristallins, présents dans les pierres et crânes de cristal, œuvrent à ouvrir des portails en nous afin d’insuffler la Vie dans nos corps de chair et de sang. La Vie est Amour, Lumière et Savoir.

Les Ténèbres cherchent à se nourrir de l’énergie des Porteurs de Lumière. Elles ne peuvent pas s’empêcher d’écouter leur ventre, de crier leur manque et de chasser tout ce qui brille devant Elles.

Les Ténèbres ne veulent pas que l’on fuit nos douleurs, nos luttes intérieures ou nos passions. Elles nous poussent à les garder, à continuer de les éprouver, à avoir mal, à avoir envie, afin de Les nourrir inlassablement.

Une arme contre nous-mêmes

La discorde est plus redoutable que les Ténèbres de l’astral. Elle n’est souvent pas le fait des sceptiques qui s’excluent d’eux-mêmes de cette réalité en la rejetant avec véhémence ou plus simplement en la fuyant. La dissension est davantage la prérogative de ceux qui ne sont plus imperméables aux réalités additionnelles.

Cependant par leurs phrases ciselées, ils jugent et condamnent comme à l’âge sombre de l’Inquisition. En ce temps-là, on répétait que le malin s’agrippait aux âmes fatiguées. Ce qualificatif édulcoré désignait autant les mauvais croyants que ceux se laissant corrompre dans leur foi.

Aujourd’hui, en prêchant que l’Ombre ne peut s’approcher de ceux qui établissent un royaume de Lumière en eux, ils ouvrent l’enfer de la suspicion. Par ce procédé fallacieux, vivre des expériences avec une part sombre de la réalité devient répréhensible et accusatoire. Je deviens coupable. Coupable d’attirer à moi ces expériences. Parler de ses vécus avec les Ténèbres amène souvent une forme de défiance, comme si vivre ces réalités-là pouvait salir.

Mais que sont ces mêmes Ténèbres. Elles sont des formes de vie et des consciences coupées de la Source universelle qui évoluent dans une fréquence vibratoire imbriquée dans la nôtre. Elles abritent aussi des races prédatrices. Cet astral est un champ d’existence qui leur assure une impunité d’action à notre égard.

L’astral est le monde des égarés et des créatures contrefaites.

Aussi limité qu’il puisse être, le champ astral nous enveloppe totalement.

Nul ne peut atteindre l’aube sans passer par le chemin de la nuit.

Cette citation de Khalil Gibran peut également s’entendre que pour atteindre les plans de Lumière, il est nécessaire de passer, sans s’attarder, par l’obscurité du plan astral.

Lorsqu’on entreprend le chemin nous menant à la Lumière, les Ténèbres veillent et font ressortir autant les créatures de l’astral que nos propres démons intérieurs. Au contact des Ténèbres, la conscience ne s’éteint pas. Au contraire, elle se révèle à elle-même, libre de tout effroi. Elle ne fuit pas les Ténèbres mais sans s’y attacher pour autant.

Les Ténèbres sont simplement nécessaires à l’œuvre de Dieu. J’accepte qu’Elles fassent partie de mon Chemin. Je le revendique haut et fort,

Je suis un Traîne-Ténèbres.

Crédit illustration : James Zapata
Par Samuel

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