Par François Brousse

Il est nécessaire d’aboutir au végétarisme total

Si vous n’y parvenez pas, vous n’arriverez jamais à connaître l’absolue Vérité.
C’est une vérité absolue que je vous dis là. …

Si vous êtes carnivores, vous portez sur vous le karma des animaux, ce qui est déjà très triste.

De plus, vous brutalisez votre corps, il n’est pas fait pour une nourriture sanguinaire et vous lui imposez des aliments autres que ceux que sa noble nature réclame. Il se révolte, et c’est de là que proviennent la plupart des maladies. Comme, par ailleurs, les animaux que vous mangez ont été immolés dans le désespoir, vous créez une barrière karmique qui vous empêche de réaliser votre moi profond.

Certains se demandent si Jésus était végétarien et répondent négativement : « C’est faux ! » D’après les apocryphes, Jésus s’adonnait au végétarisme. L’Évangile secret de saint Jean, notamment, affirme qu’il existe deux tables : la table du démon et la table de Dieu. La table du démon est couverte d’animaux massacrés …. La table de Dieu croule au contraire sous les fruits, les céréales et les légumes. Elle est aérée et baignée par les rayons du soleil. … Le végétarisme purifie le corps et c’est par cette purification que commence la véritable initiation.

L’animal possède une âme dite « âme astrale ». Lorsqu’il meurt, son âme astrale s’en va, mais ses rayonnements demeurent dans sa chair. C’est comme une relique, et quand vous ingurgitez un peu de son cadavre, vous absorbez les sentiments qui restent enfermés dans ses molécules. Ces sentiments, surtout ceux du dernier moment, celui où il est tué ou massacré, se nomment la peur, la violence et l’angoisse. Vous dévorez tout cela en même temps que sa viande. …

Il faut remplacer l’animal par des aliments purs, notamment par la béatitude calme des plantes. Elles n’ont pas d’âme astrale, mais seulement un corps éthérique ou vital. Par les végétaux, vous n’absorbez que la vie, sans agitation, sans bouleversement, sans bagarre.

La plante souffre, je veux bien, mais d’une manière extrêmement diffuse, qui n’a rien à voir avec la façon précise des animaux et des êtres humains. À sa manière, la plante éprouve des sentiments. Mais, pour qu’ils puissent s’exprimer pleinement, un système nerveux centralisé est indispensable. C’est ainsi qu’il suffit de couper quelques petits nerfs pour supprimer les douleurs faciales les plus vives. …

De toute façon, il nous faut, pour nous nourrir, choisir entre deux douleurs : ou bien la douleur vague, diffuse et presque impersonnelle de la plante, ou bien la douleur nette, vive et personnalisée de l’animal. C’est une question de degré dans l’intensité de la sensation. Le mieux serait de ne pas manger du tout et de se nourrir seulement du prâna atmosphérique. Certains êtres y parviennent. … Nous n’avons pas encore atteint ce haut niveau de développement et, puisque nous sommes obligés de vivre, et donc de manger, il est préférable de choisir des aliments beaucoup moins chargés de douleur que la nourriture carnée. …

Il faut ensuite purifier l’âme

Elle engendre de façon permanente des sentiments, tantôt inférieurs, tantôt supérieurs. Les premiers qui s’échappent d’elle sont la haine, l’envie, la rancune, la violence, le désir de détruire les autres. Comme la pensée a une force gigantesque, elle se matérialise. Elle produit des tourbillons démesurés qui se transforment en guerres, en révolutions, en épidémies et en séismes de toutes espèces. …

Il faut donc commencer par réaliser l’harmonie intérieure de la psyché, c’est-à-dire par supprimer toutes les impulsions de violence, de colère, de rancune, de rancœur et même de tristesse. Après tout, la tristesse est une erreur. Un saint triste est un triste saint. Comment faire ? Ce n’est pas facile, car nous sommes persuadés que la vie est une jungle et que, pour survivre, il faut se battre et détruire nos adversaires.

Si quelqu’un nous a fait du mal, ne pas oublier qu’il est l’instrument du karma. Vous ne devez pas le haïr, vous devez oublier :

« Si l’effort est trop grand pour la faiblesse humaine
De pardonner les maux qui nous viennent d’autrui,
Épargne-toi du moins les tourments de la haine
À défaut du pardon, laisse venir l’oubli ! »

Voici quatre vers de Musset qui traduisent admirablement l’attitude qui doit être la nôtre face à l’univers.

En somme, nous ne devrions pas en vouloir à nos ennemis. Par le fait même de notre rancune, nous nous attachons à eux et nous créons les conditions nécessaires pour leur faire du mal. Cela n’en finit plus ! Le pardon est fondamental. … Celui qui pardonne à son meurtrier est libéré. C’est simple et compliqué en même temps.

Comme le disait Bouddha : « Si la haine répond à la haine, où s’arrêtera la haine ? » …

La meilleure méthode consiste, je crois, à pratiquer la Bénédiction bouddhique. Il s’agit d’envoyer consciemment des pensées positives d’amour à l’univers entier. …

Considérez vous comme étant le centre de l’univers. Vous l’êtes tous. Devant vous, il y a le nord, derrière vous le sud, à droite l’est, à gauche l’ouest. En bas c’est le nadir et en haut, le zénith. La Bénédiction bouddhique consiste à dire : « Que tous les êtres soient heureux au nord, heureux au sud, heureux à l’est, heureux à l’ouest, heureux au nadir, heureux au zénith », et vous ajoutez : « Et que moi même je sois heureux », car vous faites partie de l’univers.

J’ajoute que vous ne devez même pas châtier, parce que, si la loi karmique est la Loi universelle, celui qui fait du mal sera maltraité, celui qui fait souffrir souffrira à son tour, l’assassin sera assassiné, le persécuteur sera persécuté, l’emprisonneur sera emprisonné.

Conclusion : à quoi bon essayer de faire du mal puisque celui ci vous sera rendu intégralement. La pensée positive et constructive étant, heureusement, à peu près cent fois plus puissante que la pensée destructrice, elle la domine.

Chaque fois que vous envoyez des pensées d’amour à l’univers, vous préparez votre destin futur qui sera heureux, et vous préparez aussi le destin de l’univers, qui sera moins malheureux. …

Après la purification du corps par le végétarisme et la purification de l’âme par la Bénédiction bouddhique, il reste à réaliser la purification de l’esprit. Le troisième et terrible monstre qu’il faut abattre est le doute. Vous doutez, par exemple, de l’existence de Dieu, de la survie des âmes ou du libre arbitre. Vous doutez d’une quantité de vérités.

Que faire pour vaincre le doute?

Il faut prendre les vérités face à face et les examiner sous l’angle de la méditation quotidienne. La meilleure est, à mon avis, celle ci : prendre sept grands livres inspirés, par exemple les œuvres de Salomon – le Cantique des cantiques, les Proverbes, l’Ecclésiaste, la Sagesse -, de Roumi les Distiques, les Vedas, le Zend Avesta, les ouvrages des grands auteurs, poètes, philosophes ou métaphysiciens tels que Pythagore, Plotin, Platon, Ulrich de Mayence ou Nostradamus, Victor Hugo, etc., et méditer un quart d’heure par jour sur une de ces pages inspirées. Quand je dis un quart d’heure, ce n’est pas limitatif. …

C’est ainsi que trois lumières purifient les trois étages de l’être, le corps, l’âme et l’esprit, de manière à le transformer en un palais où le roi de l’Infini pourra séjourner dans sa souriante majesté.

François BROUSSE : poète, philosophe et écrivain français. 1913-1995

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