Par Corinne Vidor – Côme Shelvene

Nous entrons tout juste dans l’ère du verseau, qui représente l’universalité. Cela signifie que nous devons reconnaitre le groupe comme plus important que nous-même et créer une société de justes relations.

Comment cela s’apparente-t-il dans notre vie de tous les jours?

C’est une transition et nous essayons d’élever nos désirs personnels (qui nous instrumentalisent et nous soumettent), à une vie ou nous sommes remplis par des sentiments nobles et ainsi laisser faire ce qui est juste pour mon Être. Et cela m’inclut automatiquement dans une vie de groupe. La difficulté est d’apprendre à identifier nos désirs pour ne pas s’y soumettre et reconnaitre quand cela est juste.

L’oubli de Soi, ou plutôt l’oubli du « moi » !

Amour pour l’autre ? Nous avons de très beaux exemples tels que Gandhi, Amma, Sœur Emmanuelle, l’Abbé Pierre, etc. Mais on ne demande pas à chacun de tout quitter, ou de vivre dans la pauvreté (ce qui est un dharma propre à chacun) et cela appartient à chaque être qui doit le ressentir car rien n’est imposé. Mais pour entendre son Être intérieur et sa guidance, il faut aller dans l’oubli de soi. C’est oublier son petit égo pour privilégier le grand Soi. Le Soi, c’est quand il n’y a plus rien qui nuit à notre santé comme des colères, des peurs, des angoisses, des tristesses, du rejet, de la haine, du dégout, etc. Le seul état qu’évoque le Soi est la joie, sereine et continue. Pour autant, on ne peut se rendre compte de cela qu’à travers l’épreuve du groupe !

En revanche, je peux m’isoler, au travail, chez moi, dans le monde et choisir la voie de mes désirs personnels, où je n’ai de compte à rendre à personne et vivre ainsi dans une satisfaction individuelle. Je me fais mes petits plaisirs et je vis dans le confort qui me convient, sans déranger personne. Oui, c’est possible. Mais ce n’est pas le chemin de la vraie Libération. Cette libération ne sera totale que si en participant à la société et en groupe, je suis en état de bienveillance et de joie constante.

Comment arriver à cet état « absolu »?

En commençant un travail sur Soi ! Mais attention, au début un travail sur Soi prend surtout des allures de quête du bien-être et consiste à prendre conscience de ce qu’on aime et de s’y adonner. Puis, pour aller plus loin, nous prendrons conscience de nos pulsions et réactions et de ce qui est de plus en plus caché au fond de nous-même ; puis vient un travail de réflexion sur notre vie au sein de la communauté : qu’est-ce que je subis ou pas ? Suis-je à la bonne place? Est-ce que je remplis mon projet d’incarnation (dharma) ?

C’est le début de travail sur Soi. Pour autant, ce n’est que le début. Vivre ensemble, en groupe, en universalité, c’est autre chose.

Comment vivre le groupe?

» L’autre » : celui qu’on ne connait pas, qui a priori, n’a pas la même façon de penser ou d’être que moi. Tout me différencie de lui et pourtant, au-delà de mes préjugés, de mes sentiments de rejet, je vais faire l’effort de ne pas laisser mes pulsions prendre le dessus.

Quand on travaille en groupe, on peut facilement voir tous les défauts de l’autre : il ne va pas assez vite, est orgueilleux, prétentieux, rustre, soumis, goujat, etc. Ce qui va m’irriter. Pour autant, je sais que la quête du groupe à ce moment est plus importante que le « moi » ; que si on avance, c’est ensemble et que personne ne peut être mis sur la touche, car il faut s’entre-aider. La société est à l’image du groupe et elle doit apprendre à agir pour Tous avant d’agir pour soi, par le respect avant l’emportement et les passions. Pour le Bien de l’ensemble avant les intérêts particuliers. Pour la tolérance avant la séparativité.

Le vrai travail des êtres en évolution

C’est ici que commence le vrai travail du dépassement. On ne peut se permettre de se laisser aller à nos désirs quand on travaille en groupe, car on sait que nos faiblesses sont celles que devra porter le groupe. Par amour de la Vie, je vais tacher de m’améliorer, de prendre en charge mes irritabilités, même si c’est à cause de quelqu’un que je ne connais pas ou que je n’apprécie pas. Mais je me dois d’être entièrement amour et joie dans mes démarches, pour ne pas laisser mes désirs prendre le pas et m’emporter.

Ce travail est colossal, parce que cette occasion de travailler sur Soi est réelle, dès lors que je ne fuis plus, que j’affronte mes états de souffrance, ou que je partage avec le groupe et lui fait confiance. De la même manière, le groupe aura à me faire confiance aussi.

Mais si j’approche ce travail avec confiance et amour pour les autres (autant qu’ils peuvent compter sur mon amour et mon engagement), alors je me transcende. J’apprends à comprendre les faiblesses que je vois chez l’autre, qui m’irritent mais qui sont miennes. Je vais les appréhender avec leur soutien et leur aide, y compris non verbale. Car c’est intrinsèque à la notion de groupe.

Un regard sur Soi qui est réel et unique

Voila ce que promet un travail de groupe, car il va mettre le doigt sur ce que je cherchais encore à cacher dans une sorte d’isolement (physique, émotionnel, mental).

Il est facile ne pas se remettre en question avec ses amis ou sa famille, car on choisit ses amis par mimétisme : mêmes façons de penser, de s’habiller, état d’être. Quant à notre famille, elle nous a « amidonné » de telle sorte qu‘il est difficile de s’extraire des formes-pensées qu’elle nous a transmises et d’en voir les travers.Volonté d’oubli de soi (le moi égoïste) et de service à la Vie

Seule l’expérience d’un groupe uni (unité) et aux différents profils sociaux (richesse des différences) offre la promesse d’un travail dans l’amour inconditionnel : le dépassement commun, la vigilance, l’entre-aide. C’est cela qui permet de s’avancer sur le sentier des êtres dévoués à la cause de l’Amour sur Terre. À ce moment, les êtres d’une telle unité deviennent des « frères » et dépassent le cadre de l’amitié.

Ce genre de groupe est rare, car il requiert un oubli de soi. Il ne suffit pas de le vouloir, le rêver, l’espérer. Il faut une volonté d’oubli de soi (le moi égoïste) et de service à la Vie.

La connaissance n’est pas le savoir

Des stages, des documents, des formations d’éveil spirituels sont disponibles sur le net, mais sachez-le : la connaissance n’est pas le savoir (encore moins l’expérience, ni la réalité du dépassement de soi).

Vous pouvez tout savoir sur tout, lire tous les livres les plus occultes, passer des heures derrière votre ordinateur, ce n’est pas « Vivre le Groupe » et apprendre à se dépasser.

Si vous vivez isolé, sans vous confronter au groupe et à son expérience collégiale, vous ne vous transcendez pas. Souvent les êtres ressentent l’appel, mais ne souhaitent pas s’engager réellement. La personnalité reprend le dessus et ils cèdent à leurs sirènes : préférer la piscine, le déjeuner de famille, un loisir, se trouver des excuses plutôt que s’engager au service de la Vie.

Être dans cette démarche d’Amour est très difficile pour la personnalité.

Et quand ce changement tant attendu se produit, vous verrez alors la famille, les amis vous dire que vous avez changé, que votre nouvelle façon de voir les choses est « originale » ! Pourtant, même si la tempête intérieure se manifeste en vous, une petite voix plus profonde vous dit : « Continue, car c’est le chemin de ta liberté ».

Changer véritablement est difficile et le vrai changement est rare

En passant par l’expérience du groupe, beaucoup de personnes abandonnent, restent isolées ou s’écartent, car elles vivent trop de contraintes personnelles et n’arrivent pas réellement à lâcher leurs habitudes, leur pré carré de confort, leur anciennes vie d’obéissance à leurs désirs (qui de fait leur procurent du plaisir). Ils sont face à leurs épreuves et ils bloquent. Sur ce chemin, il y a beaucoup d’appelés et peu d’élus. Qui appelle ? C’est l’âme de chacun et pas un « maitre » ou un « initié » ! Il est normal de se sentir appelé en ces heures du Verseau, car l’humanité entière doit passer par cette voie de résurrection vis-à-vis de l’âme. L’Être intérieur chez celles et ceux qui se sont préparés de vie en vie pour le rendez-vous, va pousser la personnalité à devenir consciente de ses faiblesses pour libérer la claire lumière de l’âme, l’Amour-Sagesse.

Amour,

Corinne Vidor.
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