Au-delà de la valse cosmique, faite de tourbillons en état de grâce évoluant dans un mouvement renouvelant sans cesse la création, se maintient un fragile équilibre qui permet de perpétuer cette magie que nous nommons la Vie.

Ce mouvement cyclique qui transporte en avant, nous permettant de concevoir l’évolution, n’est possible que par le biais de l’équilibrage dynamique qui est l’essence même de cette impulsion renouvelant sans cesse toute création.

Si cet équilibre nous rend égaux et libres, cette essence qui la caractérise est pure et neutre, ne permettant à aucune des forces existantes de surpasser l’autre, car nul n’est égal au Tout.

Ainsi, les vents contraires renvoient en arrière lorsque le principe de Vie est bafoué, ne respectant pas l’égalité des parties concernées.

Alors, la Terre se redresse sur son axe, car la grâce du mouvement ainsi produit est égale à la compassion qu’elle étend à tous les êtres, sans que soit compromise sa neutralité qui est aussi pure que celle de l’eau qui l’abreuve, faisant s’éclore la Vie.

Comme le pH du sang de la Terre, qui n’est autre que l’eau pure qui ruisselle sur les feuilles et sur les toits, étincelant du vert lumineux de la nature; celui du sang de l’humanité est presque de la même équation mathématique, représentée par le chiffre 7.

L’égalité de cette équation neutralise ainsi nos différences au niveau de notre essence.

Mais si notre essence est neutre, nos pensées le sont moins et nos comportements tendent aux extrêmes, ne permettant pas cet état de grâce auquel nous aspirons tous lorsque la nature est en rébellion.

La couleur de la neutralité est verte comme la nature, mais aussi comme le chakra du cœur, car c’est la couleur de l’amour universel, celle de la compassion qui se rééquilibre entre les extrêmes; tel le pH qui neutralise les polarités de l’acide et de l’alcalin, afin de prévenir toute maladie qui pourrait survenir suite à un déséquilibre.

En effet, la neutralité de l’eau pure est assurée par sa nature dipolaire, permettant aux molécules d’eau de s’attirer les unes les autres, le côté positif de l’une attirant et neutralisant le côté négatif de l’autre.

Le chimiste danois Søren Sørensen, qui inventa le concept de pH en étudiant l’hydrogène, décrivit le ‘p’ comme étant l’abréviation du mot allemand ‘potenz’, signifiant le ‘potentiel’ de l’élément ‘h’ symbolisant l’hydrogène. Car, pour toute Vie, il s’agit avant tout de potentiel, tous les potentiels étant équilibrés car étant neutralisés.

Le fait de neutraliser peut s’appliquer sur le plan géopolitique, tout autant que sur tous les plans, y compris ceux de nature électrique, chimique et mathématique.

Afin de neutraliser une situation impliquant deux ou plusieurs parties, il s’agit avant tout d’être neutre.

En effet, afin de rendre neutre, la loi de cause à effet sous-tend que la cause doit être similaire à l’effet désiré. Il est ainsi possible de neutraliser des parties en conflit, mais aussi des territoires, ou une base chimique, ou alors une électricité positive neutralisant la négative.

De même, on peut rendre neutre une opération mathématique en y intégrant un élément neutre, cet élément faisant de sorte que tous les autres éléments restent inchangés.

La neutralité ne peut quelquefois être rétablie, lorsque l’humanité perd son état de grâce, que par un processus de rééquilibrage dynamique, afin de diminuer les effets d’un ou de plusieurs éléments en déséquilibre.

Ainsi, lorsque le déséquilibre est déjà fait, la nature n’a pas d’autre choix que de rétablir la neutralité en rendant chaque élément ou partie inoffensif par le biais d’un retour de force opposée.

La neutralité est pure comme l’eau de source, n’émettant aucune particularité, n’ayant aucun parti pris, aucun qualificatif ni aucun effet extrême créant un déséquilibre entre les polarités existantes, permettant ainsi à tous les potentiels de croître dans un mouvement d’évolution synonyme de Vie.

Afin de neutraliser les parties opposées, il est donc nécessaire d’être impartial et de respecter tous les extrêmes, permettant ainsi à chacun d’équilibrer le rapport de forces et de tourbillonner en chœur dans l’éternelle danse cosmique. Car au-delà des apparences et de l’illusion du monde physique, au-delà des frontières qui nous séparent, des perceptions subjectives, règne en maître l’essence même de la Création.

Déjà, la mémoire de l’Homme avait enregistré le fondement de la neutralité dans la conscience collective grâce à la sagesse éternelle de Socrate.

En effet, la sagesse de son enseignement devint intemporelle, faisant de l’exercice de la conversation un processus obtenant un effet neutralisant par le biais d’une prise de position neutre pendant tout l’exercice.

La neutralisation était un exercice maîtrisé par Socrate, qui assumait systématiquement le rôle de celui qui n’avait aucune connaissance. Il feignait l’ignorance en posant des questions à propos des hypothèses les plus simples, empêchant l’autre partie de s’aventurer vers plus de complexité.

L’autre partie, qui devait s’efforcer d’expliquer sa compréhension de choses simples, se retrouvait finalement à court de réponses; découvrant que, pour toute question fondamentale, il n’existait finalement aucune réponse satisfaisante.

Par ce processus, chacune des parties finissait par admettre son ignorance, permettant à chacun une ouverture d’esprit et une flexibilité menant à un positionnement moyen acceptable à tous.

Les convictions étant ainsi écartées et le questionnement permettant plus de compréhension, cette évolution faisait éclore la fleur de la compassion.

Ainsi, dans sa conversation avec Ménon, Socrate lui fit réaliser son ignorance par le biais de ses humbles questionnements. Ménon fut si surpris par l’effet inattendu de cette conversation qu’il s’exclama en ces termes :

« Oh Socrate, avant même d’être en relations avec toi, j’avais bien entendu dire que tu ne fais rien d’autre que douter toi-même et qu’amener les autres à douter et, à présent, telle est l’impression que tu me donnes : me voilà ensorcelé par toi, j’ai bu ton philtre magique, je suis, c’est bien simple, la proie de tes enchantements, si bien que je suis maintenant tout embarrassé de doutes ! A mon sens, supposé que l’on doive ici faire à la raillerie quelque place, tu es, de tout point, tant par ton extérieur qu’à d’autres égards, on ne peut plus semblable à cette large torpille marine qui, comme on sait, vous plonge dans la torpeur aussitôt qu’on s’en approche et qu’on y touche. C’est une impression analogue qu’à cette heure, je crois, tu as produite sur moi ! Bref, tu fais bien de te résoudre à ne point prendre la mer pour quitter ces lieux, ni même à t’absenter d’ici; car si, résidant comme étranger dans un autre pays, tu t’y comportais de pareille façon, bien vite serais-tu mené, pour sorcellerie, devant les autorités ! »

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