Ou « Soyez le changement que vous désirez voir s’effectuer »

par Olga Brix

Il est un endroit en nous, un endroit libre, libre de toute dépendance. Sa porte est juste à côté de celle des messages de la vie à la vie. Pendant que je vous parle, je sais, je sens que cet endroit en nous-même est trop proche, trop près, trop accessible pour que l’on puisse le voir facilement. En lui est la clef de notre autonomie.

Nous avons été élevés dans une société où l’on apprend à se noyer dans un verre d’eau, où l’on voit les adultes faire porter leurs erreurs de comportement sur les autres : les parents, les patrons, le gouvernement, les syndicats, les émigrés, les manouches, sur cette mystérieuse « conjoncture actuelle », tout ce qui nous est extérieur est potentiellement coupable… et bien sûr, personne n’est responsable.

Dans cet endroit-là se situe ma quête. Et vous dire ce par quoi elle passe ? Certains, certaines parmi vous ont dû le saisir :
Je ne désire plus être esclave du monde de la forme. Je désire déceler et démêler chez moi et chez les autres les réactions types du monde de la forme : sensiblerie, susceptibilité, jugement, facilité à mettre les gens dans des positions de culpabilité… etc.

Je ne suis pas entrée dans le travail intérieur pour garder au quotidien toutes les entraves, tous les réflexes du monde de la réalité ordinaire.

Dans le même temps, si je suis née ici, c’est pour assumer le monde de la forme, ne pas le rejeter et être capable d’y circuler comme tout un chacun.

J’ai donc décidé de prendre les éléments un par un, sans me mettre de pression. J’ai décidé de travailler sur toutes ces petites routines qui me faisaient me vexer, qui me révoltaient.

Une des choses qui maintenant m’amuse, venant des personnes qui travaillent le spirituel du côté de la réalité ordinaire, c’est que je devrais être « parfaite » c’est-à-dire garder éventuellement mes tares internes, cela ne se voit pas, mais… mais ne plus fumer ni boire d’alcool ! Eh bien je travaille sur mes tares internes ! Quant à la forme, je fume moins, beaucoup moins, mais j’aime cela et l’assume. Je bois moins, beaucoup moins mais j’aime cela et l’assume. Si cela a une importance dans le monde de la réalité non-ordinaire, tout viendra en temps et en heure, dans « l’espace » de mes capacités. Mais je rappelle que le tabac pur (ah ! si on y avait accès dans le commerce !!!) et l’alcool, sont tous deux des Esprits à respecter. Le tabac est une Plante de Pouvoir et mon désir le plus profond est de réduire encore ma consommation en lui redonnant ses lettres de noblesse tout autant que lorsque je bois une très bonne Vodka ou un très bon vin.

Parlons un peu de la notion de discipline :

Il faut se lever tôt parce que le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt !
Lorsque l’on entre dans une voie de recherche, il faut :
Ne pas manger de viande ! Mais porter des chaussures de cuir ne pose aucun problème !!!
Ne pas juger ni critiquer !
Ne pas fumer !
Ne pas boire !
Etre fin prêt au lever du jour afin de faire tel ou tel rite.
Faire ces rites aux mêmes heures… etc.

C’est très bien tout cela ! Je me suis longtemps culpabilisée face à mon énorme indiscipline. Je suis souvent allée en voyage vers mes Esprits Tutélaires afin de trouver comment, comment être cet être de perfection dont tout le monde parle !

La réponse est venue peu à peu, par une suite de questions.

Comment suis-je ? Qui suis-je ? Est-ce que je veux changer ? Ou bien me transmuer en prenant appui sur ce que je suis ? Me trahir ? Ou me respecter ? Oui, ces questions sont choquantes parce que dans le monde dans lequel nous vivons, se respecter, voudrait dire se discipliner afin de montrer que l’on est « bien ! »

Autre question : quel est le résultat escompté ? Déjà, j’avais bien souvent exprimé que pour moi, prier à l’église le dimanche afin d’écluser ses faiblesses de la semaine passée, ne servait à rien. Puis, la prière, telle que je l’avais apprise, ne me convenait pas.

J’ai alors compris que ma vie, ma vie au quotidien, pouvait devenir la meilleure prière. Par rapport à mon indiscipline, au lieu d’avoir un moment pour faire ceci et cela, pourquoi ne pas étaler et vivre ces rites plusieurs fois dans la journée ? Pourquoi ne pas tenter d’être une prière le plus souvent possible, sans se culpabiliser lorsque l’on ne l’est pas…

Mes Esprits Tutélaires ont apprécié. Leurs messages ne me viennent pas uniquement lorsque je bats le tambour. Ils me viennent n’importe quand dans la journée. Plusieurs fois. Ma réceptivité s’affine peu à peu. Par rapport à mon tempérament, j’arrive peu à peu à créer l’ordre dans mon « désordre », j’évite les habitudes et, sans routines, je suis bien obligée de prendre conscience de ces moments et de les vivre dans l’instant présent. Allons donc voir ces mots.

Changer : « Faire ou devenir autre. Faire autre, faire que quelque chose ou quelqu’un soit autre ». Et pour transmuer on trouve cette jolie définition dans ‘Histoire de l’Art’ de Faure : « L’ombre même est de la lumière, elle est transparente, elle est aérienne et les couleurs du prisme, selon les mille tons voisins, l’incidence de l’éclairage, s’y décomposent et s’y transmuent en gammes de plus en plus nuancées et subtiles que nul n’avait jamais observées auparavant. »

Changer voulant dire faire ou devenir autre, changer peut s’effectuer en reniant totalement sa propre nature. On se fait un coup de discipline et de volonté, on fait tout ce qu’il faut, mais sa propre nature reste en plan, en soubassement, à l’arrière non respectée, frustrée, la petiote ! Un proverbe nous dit pourtant (intéressants, les proverbes) « Chassez le naturel, il revient au galop ! »

Transmuer implique de partir des éléments existants, implique une reconnaissance, un respect pour ces éléments auxquels s’incluent d’autres éléments afin d’obtenir une mutation. Lorsque l’on parle de transmutation du plomb en or par exemple, les éléments sont transformés en profondeur.

Ils sont fondus dans leur entièreté, mélangés et c’est la fusion de ces éléments en entier qui crée la mutation – au cours de moultes procédés. Et Brenet, dans ‘Dictionnaire pratique et Histoire Musicale’ écrit : « Jeux de mutation. Jeux d’orgue utilisant pour une même note plusieurs tuyaux de longueur différente émettant les harmoniques des sons fondamentaux. Les jeux de mutation de l’orgue donnent d’autres sons que celui de la note touchée. » Ici, c’est encore plus clair : on touche la même note mais en faisant suivre un autre chemin à l’air propulsé dans les tuyaux.

Revenons sur la et les quêtes…

Le chamanisme met dans des situations où, vu du monde de la réalité ordinaire, l’on touche et vit l’extraordinaire. J’ai décidé de ne pas sombrer dans l’excitation de l’extraordinaire, mais de le vivre avec la même simplicité et sincérité que l’on peut mettre à vivre sa vie de tous les jours. Les situations du monde qui nous entoure nous sautent aux yeux. Le côté absurde et révoltant de ce qui se passe me fait parfois plonger dans un délire d’incompréhensions, mais je ne désire pas m’arroger le droit de donner des leçons. Chacun a la vie qu’il ou elle a choisi même s’il, elle, pense la subir. Si quelqu’un me pose des questions sur lui ou elle-même, je tente de lui faire comprendre les choses par d’autres questions.

Par contre, si quelqu’un me marche sur les pieds, je ne verrai aucune noblesse de ma part à me laisser faire. Là, je serai capable d’intervenir drastiquement.

Souvent, je sens, j’entends ce qui se passe derrière les paroles des personnes, parfois j’entends les phrases avant qu’elles soient prononcées. Récemment, je me suis fait mettre royalement à ma place par mes Esprits Tutélaires parce que je ne faisais pas assez cas de cette capacité.

Voilà ma quête première, vous voyez, je ne vous ai pas parlé de quête de vision, mais de ma quête de vie. Loin de moi le rejet de la quête de vision, bien au contraire, mais à mon avis cela ne fait pas partie du démarrage du travail chamanique. Je parle toujours bien sûr dans le cadre de nos civilisations occidentales. Il est un moment où cette quête n’est plus un désir, mais un besoin formidable et l’on trouve tout naturellement les moyens de la vivre.

Il arrive même parfois qu’elle se déclenche sans que l’on n’ait rien fait pour se préparer… consciemment.

Ce que l’on vit a un sens et ce sens nous a mené, expérience après expérience, question après question à l’endroit où l’on se trouve. La façon dont nous avons vécu nos expériences nous donne les clefs pour vivre la suite. Si nous affrontons nos épreuves directement, face à face avec un tantinet d’humour, peu à peu, l’élagage de nos empreintes du passé s’accélère.

Extrait de « Tu es libre, pense librement, ou Une des façons d’y accéder par les voies chamaniques » de Olga Brix

http://www.vivresanslimites.org/

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