Jugée trop futuriste, l’Atlantide fait peur. Difficile d’admettre un passé vraiment technologique, des gens habillés comme nous, qui prennent le bus pour aller au boulot, des avions, des fusées, des télés internationales, une mode, des concours de cuisine ?… Tout comme nous, quoi.

Du coup, les auteurs n’osent pas montrer cette Atlantide-là.

Ils postdatent leurs intuitions, surtout celles qui impliquent trop de développement technologique. Le bédessinateur Edgar Jacobs nous montre des OVNIs atlantes, mais par un artifice de scénario, il situe la scène à notre époque. Le voyant étasunien Edgar Cayce n’a pas eu cette pudeur : en 1935, il rapportait que le paysage de l’Atlantide était semé de centrales d’énergie. A sa suite, certains auteurs ont voulu y voir des centrales nucléaires.

Le prophète endormi a témoigné de l’incroyable technologie des Atlantes, leurs avions, leurs fusées, et d’autres engins spatiaux sophistiqués. Leur science étant différente de la nôtre, leurs innombrables inventions reposaient sur l’utilisation des forces naturelles, dans les domaines de l’agriculture ou bien du son et de l’image. Ils possédaient des miroirs d’obsidienne polie où ils recevaient des images lointaines ou passées. Ils connaissaient la photographie, les rayons X, le laser et maîtrisaient même la gravité.

Ils possédaient aussi des centrales à énergie Vril ainsi que des centrales à foudre. Les grands anciens avaient hérités des premiers géants un goût prononcé pour le feu du ciel.

La maîtrise des Atlantes ne s’arrêtait pas là. Au terme d’une civilisation vieille de plusieurs centaines de millénaires, ils avaient exploré les arcanes les plus secrètes de la science. Leur technologie avait atteint une telle sophistication qu’elle pourrait fort bien nous sembler magique, comme la nôtre restera magique aux yeux d’un sauvage de Papouasie ou d’Amazonie, s’il en reste. Leur science nétait pas magie, mais leur connaissance l’était. Car ils étaient animés par la soif de se dépasser eux-mêmes.

Les ingénieurs atlantes n’étaient pas limités par l’utilisation d’un seul hémisphère cérébral, comme le sont les nôtres. Ils savaient se servir aussi bien du mental logique que du mental intuitif, fleuron de l’esprit.

A contre-courant de l’éveil du Verseau, notre époque relègue le cerveau droit et sa fabuleuse créativité à des tâches subalternes, dites culturelles ou récréatives. Nos ingénieurs savent compter, appliquer des recettes, créér des liquidités en vendant du vent, ce qui est très fort, mais très nul.

 

S’il existait un baromètre atlante de la qualité de l’être, au départ, nos ingénieurs seraient notés sur la moitié de la note. Pire encore, leurs inventions sont moitié moins nombreuses que les leurs, et d’une utilité plus que moitié moindre.

On observe en effet dans les électro-encéphalogrammes de nos contemporains que le cerveau droit a une activité très réduite. Le cerveau gauche, computeur logique, tire toute la couverture. Fait troublant : les zones d’activités sont strictement les mêmes dans les deux hémisphères.

Le cerveau droit ne joue pas sa partition propre, comme il le devrait dans un monde moins décentré. Au lieu d’inventer le monde qui doit venir, il joue la partition du cerveau dominant, celui de la logique.

A force d’être condamné à de basses besognes, notre ligne directe avec le divin renonce à sa tâche sacrée.

Pour s’occuper, elle sert de calculette au cerveau gauche, l’as des chiffres. Nous avons lâché la proie pour l’ombre, Esaü a vendu son horloge intérieure contre un plat de Rolex. Les Atlantes se servaient de tous les pouvoirs de l’esprit. Ils pensaient en alpha, pratiquant la voie du milieu. Leur héritage est énorme : théorème de Pythagore, sorcellerie, géométrie d’Euclide, Archimède, Vaudou, sortilèges, Hippocrate, transes sacrées, Héraclite, Platon, Jésus, soufisme, Templiers, envoûtements, Vinci, danse africaine, divination, astrologie, alchimie et médecine naturelle sont quelques reliques fanées de la science des Atlantes.

Nos catégories ont changé, pas la réalité qui leur échappe. N’excluons rien ni personne, aimons-nous vivants, telle est la leçon qu’ils nous laissent.

Toute technologie suffisamment avancée est indiscernable de la magie. (Arthur C. Clarke)

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