La Méditation

Toute activité humaine implique la préparation d’un cadre approprié, qui crée une atmosphère et est à la base du succès de l’entreprise. La  » chambre intérieure  » de notre esprit ressemble à une pièce en désordre : on y trouve de nombreuses choses inutiles, et elle se révèle inconfortable, empêchant de se concentrer. Pour nous préparer, nous devons décider d’éliminer toutes les choses inutiles, une par une. Cela peut paraître simple, mais c’est souvent difficile à faire. Mais si nous examinons les objets inutiles et les retirons, un par un, ne gardant que ce qui est fonctionnel et confortable, avant longtemps, la pièce sera nette, ordonnée et agréable à regarder. S’asseoir dans un tel endroit chez soi, c’est comme se mettre en congé par rapport à l’extérieur. Les pensées gênantes et inutiles de notre  » chambre  » mentale doivent être traitées de la même façon et triées. Cette préparation a pour résultat un esprit paisible, dépouillé, l’état de Wu Chi.

Ces pensées désordonnées proviennent directement de notre vie quotidienne, et c’est là que la  » préparation  » commence, et pas seulement quand on s’assoit pour méditer. La préparation la plus importante a lieu dans le corps, qui est un laboratoire d’expérimentation et de travail sur la méditation. Il doit être entretenu correctement et dans le meilleur état possible. L’esprit, qui en constitue une partie indéfectible, doit, en contrepartie, être clair et bien reposé. Cela signifie qu’il faut éliminer les activités. délétères et renoncer à fumer, boire; manger des aliments qui ne vous nourrissent pas, etc. Les mauvaises habitudes affaiblissent et endommagent le corps et gênent les pensées claires et paisibles.

Mais c’est comme si l’on nettoyait la pièce  » extérieure  » remplie sans discernement d’objets dotés d’une valeur sentimentale. Beaucoup s’insurgeront. Considérant qu’il suffit de  » réduire  » ce qu’ils reconnaissent comme de mauvaises habitudes.

Mais prenons l’exemple du placard que l’on vide. Nous tombons sur un vieux manteau qui ne nous est plus d’une grande utilité. Il est temps de s’en débarrasser. Allons-nous commencer par en couper une manche et garder le reste ? Ce serait absurde. C’est pourtant exactement la même chose quand nous voulons  » réduire  » une habitude qui nous fait du tort. Si nous voulons réussir à méditer, nous devons avoir la volonté de renoncer, l’une après l’autre, aux choses qui nous empêchent de bien méditer. Au début, cela peut sembler douloureux. Tous ceux qui ont dû un jour vider un placard longtemps négligé ou une pièce trop encombrée connaissent ce sentiment, aussi devons nous nous rappeler la sensation d’agréable soulagement qui s’ensuit une fois que tout est fini.

Tout en entreprenant la tâche immédiate et fondamentale de nettoyer notre corps et notre esprit, nous devons commencer un travail complet dans le domaine de notre vie quotidienne. Un exemple très simple : si nous faisons la fête toute la nuit avec des amis, nous ne pourrons méditer correctement le lendemain, car nous serons trop fatigués. Par extension, nous devons examiner notre vie et notre façon de l’ordonner, nous débarrasser des engagements inutiles, et ainsi la simplifier afin d’avoir assez de temps à consacrer à la pratique de la méditation. Nos relations aux autres doivent être organisées et contrôlées, afin de ne pas empiéter sur cette période. Toute notre vie doit être aussi claire et ordonnée que notre corps et notre esprit si nous voulons méditer avec succès.

A la question :  » Comment nous est-il possible de méditer avec tout ce que nous avons à faire dans la journée ?  » on répond souvent en conseillant de s’écarter de nos tâches quotidiennes, dans un endroit tranquille. Autrefois, ce genre d’intention était facile à satisfaire, indépendamment de la profession que l’on exerçait. Aujourd’hui, il est extrêmement difficile de trouver un endroit calme, et l’on perd les bénéfices des quelques moments de paisible méditation qui peuvent se produire naturellement dans la journée. Cette perte est beaucoup plus importante qu’on ne le suppose, car c’est celle de ce que nous pourrions appeler notre héritage naturel ou un droit acquis à la naissance.

C’est notre droit naturel, en tant qu’êtres humains, de bénéficier de cet héritage vrais, étant donné les conditions actuelles, nous l’avons oublié. C’est la tension quotidienne et le manque d’accomplissement personnel que nous considérons comme notre lot. Nous comprenons que les choses s’amélioreraient si nous sortions de cette situation. Pour cela, nous prenons des vacances, buvons, regardons la télévision, parfois même allons faire une retraite dans un monastère. Mais pour nous, ces activités à durée variable ne sont que transitoires et ont une fin, tôt ou tard. Et souvent, nous revenons de nos vacances plus épuisés que nous ne sommes partis, avec la menace, suspendue au-dessus de notre tête, de retrouver le train-train quotidien le lundi matin.

Étant donné la situation de notre vie actuelle, nous devons comprendre qu’il n’est pas seulement utile, ou attrayant, voire instructif d’intégrer la méditation dans notre vie de tou
s les jours ; c’est aussi un accomplissement pratique très important et puissant. Certains peuvent se demander :  » Comment est-ce possible, si toute l’ancienne sagesse que nous détenons dans nos livres insiste toujours sur la nécessité d’une vie très retirée  »  »

On a souvent associé la méditation à la fuite et au retrait de la vie ordinaire. De nombreuses méditations traditionnelles étaient ainsi pratiquées hors du monde, dans des monastères ou des habitations situées dans les hautes montagnes. Comme dans d’autres cas, cette séparation entre la méditation et la vie de ce monde matériel n’était que provisoire, mais bien distincte. Se retirer de la société pour méditer fournissait l’occasion de simplifier, si bien que l’on pouvait mieux se concentrer sur la méditation, et l’on pouvait ainsi, plus tard, réintégrer le monde pour aider les autres.

Mais qu’en est-il de nous, qui sommes incapables de quitter travail et famille pour apprendre à méditer ? Notre vie ne peut être simplifiée de la même façon que celle des moines. Il est beaucoup plus difficile pour nous que pour eux de nous concentrer, même aux moments de la journée où nous nous asseyons dans un coin tranquille pour méditer. Notre situation, lorsque nous pratiquons la méditation traditionnelle, est semblable à celle d’une fleur sauvage. De même que celle-ci est constamment exposée aux caprices des éléments, notre méditation est plus vulnérable aux effets de notre environnement social. Les fleurs et les humains les moins résistants ne persévèrent pas dans cette situation. Mais celles qui y parviennent deviennent plus robustes que celles qui ont poussé dans l’environnement protecteur d’une serre.

L’élément très important dans la pratique de la méditation est la patience. Sans elle, il y a peu d’espoir de succès. Il faut beaucoup de temps pour progresser. Si nous nous lançons dans la méditation pour en retirer un plaisir quelconque, nous n’évoluerons jamais. C’est seulement en cherchant à nous entraîner pour nous développer et finalement nous connaître nous-mêmes ainsi que notre propre aspect Yin; en nous fixant ces buts et en les alimentant avec application et patience, que nous pourrons faire des progrès. Il faut beaucoup de temps pour pêcher un poisson, et il faut beaucoup de temps au poisson pour mordre à l’hameçon. Il en est de même pour la méditation. Il n’y a aucune garantie que le poisson morde aujourd’hui. Nous devons simplement travailler et accepter les résultats quand ils arrivent.

L’outil recommandé est le tabouret de méditation. Il peut être fait à partir d’une petite plate-forme en bois d’une soixantaine de centimètres de côté, ou de soixante-quinze centimètres de côté pour une personne plus large. Les pieds arrière auront 7,5centimètres de plus que ceux de devant, pour favoriser une position bien droite de la colonne vertébrale qui permettra une méditation assise confortable (voir illustration 4-la).

On peut aussi remplacer les pieds par des livres et utiliser une simple planche carrée, du moment que l’arrière est plus haut de 7,5 centimètres. Dans les pays développés sur le plan technologique, on peut se rendre dans une entreprise qui vend du contre-plaqué et de petits barreaux. Pour une somme modique, ils vous couperont la plaque à la taille désirée et tailleront des barres de 7,5 centimètres que l’on peut aisément fixer sur la plaque à l’aide
de clous pour la surélever. Celle-ci peut être agrémentée de poignées le long du centre pour en faciliter le transport en cas de méditations à l’extérieur. Il est bon de poser un coussin sur le tabouret, ou un drap ou une couverture pliée, ce qui le rend plus confortable. En général, les oreillers sont trop mous.

Souvent, on place de l’encens à côté. Pour méditer la nuit, nombreux sont ceux qui font brûler une bougie.

On peut aussi poser une théière remplie de thé chaud tout près. Le but est de créer une atmosphère plaisante et confortable. Le moment de la méditation peut ainsi devenir un moment attendu, comme celui des vacances. Puis, nous adoptons une attitude positive pour méditer. Nous trouverons ainsi plus facile de poursuivre notre but avec constance et application. Le tout est d’en faire une expérience agréable.

Kao Pa-Lon, un érudit accompli. vécut sous la dynastie Ming (1386-1644). Il écrivit quatre poèmes décrivant le plaisir qu’il avait à méditer pendant la journée.

1. J’aime méditer dans les montagnes

Le temps semble reculer
Le pin projette une ombre verte
De blancs nuages tournent lentement.
Les animaux ont leurs petits dans un endroit sûr
Les oiseaux font leur nid dans les grands arbres ; Toutes les créatures sous le soleil
Savent comment vivre.
Pourquoi l’homme ne le sait-il pas ? S’abritant dans une caverne,

Buvant l’eau des cascades,
Autrefois, il n’avait guère de soucis.

2. J’aime méditer près de l’eau

Qui efface les inquiétudes du monde.
Elle passe en s’écoulant et ne revient jamais.
Seul un poète comme moi le remarque.
L’eau est parsemée d’algues.
Des fleurs sauvages ont atteint la perfection.
Parfois, des poissons viennent taquiner la surface.
Des canards barbotent paresseusement. Comme une pierre dans l’eau
Moi aussi, je suis tranquille.

SOURCE : http://antruong.free.fr/

http://yog-lavie.eklablog.com/

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