Transmis par Bertrand Duhaime

LE MYTHE DU BOUC ÉMISSAIRE: DANS L’EXPÉRIENCE PERSONNELLE, COMME DANS CELLE D’UNE COMMUNAUTÉ, RIEN N’EST JAMAIS LA FAUTE DE L’AUTRE…

Chacun porte une peur bien cachée, celle de la punition ou de la sanction. Elle provient d’une cause lointaine, plus précisément du choix de l’être humain de s’incarner dans la densité, en s’enfonçant dans l’Ombre, où règne en souveraine maîtresse la dualité, où se mène donc l’expérience du positif et du négatif, afin de découvrir où se situe, pour un être particulier, le juste milieu, facteur d’ordre, d’harmonie, d’équilibre, de maîtrise.

Lors de la chute présumée, qui exprimait une descente dans la matérialité, donc de la sortie du paradis, où il pouvait tout créer instantanément, l’être humain a choisi de descendre s’incarner sur terre pour s’individualiser et prendre conscience de sa propre réalité. Sauf que, par ce choix, il s’est alourdi de la matière de sa chair, son corps physique. Passer de l’état de pur esprit à celui d’un être revêtu de matière a engendré des limitations, un enfermement, qui ont réduit son pouvoir personnel aux possibilités de son mental et de ses sentiments.

Mais cette expérience prolongée du séjour dans la matière faisait partie du Plan divin du Créateur, de permettre à l’être humain de passer de l’incapacité de prendre conscience de sa réalité individuelle, tant qu’il était perdu en lui, à la conscience individualisée.

La vie dans la densité matérielle présente un grand nombre de difficultés dès qu’elle s’accompagne d’un sentiment d’être séparé de la Source originelle. En raison d’une densification trop rapide, résultat de son impatience à expérimenter les dimensions inférieures, l’être humain a obnubilé sa conscience, il a perdu le souvenir de son pouvoir et de ses origines divines, ce qui l’a amené à se concevoir comme une entité différente, extérieure à Dieu, plutôt insignifiante et limitée.

Ce que le désir peut amener à faire quand il est puissant! Dès lors, il s’est retrouvé dans nombre de confrontations pénibles en raison de son temple de chair et de son milieu dense. Toute ses préoccupations se sont regroupées autour de la dynamique de ses trois centres d’énergie inférieurs, la nécessité de la survie, la jouissance des sens, le besoin de procréer, la domination du milieu.

Il faut comprendre que, pour faire l’expérience du bien et du mal apparents, qui lui permettrait de devenir semblable à Dieu, soit de reprendre conscience de sa réalité totale, par le déploiement de ses facultés latentes, il fallait bien que l’être humain se retrouve dans un milieu où il pourrait développer les notions apparemment opposées du négatif et du positif qui représentent les deux polalrités de la Création, issues d’une Source divine unique, dans une contemplation de Sujet à Objet (Dieu qui se regarde être et rêve, pour ainsi dire, de ce qu’il peut exprimer).

Ce principe d’oscillation entre deux pôles s’est manifesté sous forme de l’alternance entre la santé et la maladie, le bien-être et la douleur (ou la souffrance), la facilité et la difficulté, le succès et l’échec, l’obligation de travailler et l’interdiction de suivre ses inclinations, la vie et la mort et quoi encore. Par incompréhension de ses déboires, l’être incarné a développé cette conception qu’il devait subir toutes sortes de punitions divines.

Dans cette perspective, il a vite fait de comprendre que, lorsqu’il s’agissait de subir un contrecoup du sort, il valait mieux qu’un autre le vive à sa place. Méconnaissant sa réalité, l’être humain s’est pris à projeter ses torts sur autrui dans un désir de souffrir personnellement le moins possible.

C’est ainsi que, progressivement, il a sombré dans des comportements comme la négation, le mensonge de protection, l’accusation fausse, la délation, la prédation, ce qui est allé jusqu’à soumettre certains de ses semblables dans l’esclavage. Avec le temps, ce réflexe de la projection s’est amplifié, devenant son système généralisé de protection, qui a formé sa seconde nature : en cas de coup dur, il attribuait le tout à son voisin, à la vie, au hasard, au destin ou au sort, à la chance, à la fatalité… et pourquoi pas, à Dieu lui-même, ce grand punisseur et vengeur. Dans ses négociations maladroites avec la vie, faite d’expériences personnelles, il pensait moins souffrir en niant sa responsabilité dans ce qui lui arrivait.

Dans la perspective de la réincarnation, ce réflexe systématique de projection a formé des engrammes dans l’ADN de son espèce et des propensions dans l’instinct collectif de sorte que, d’une incarnation à l’autre, il se reproduisait instinctivement dès l’enfance.

À force d’entendre chez ses parents, sa fratrie, sa parenté, ses formateurs et ses maîtres et sa société des dénis de responsabilité comme «C’est pas moi qui ai fait cela, cherchez ailleurs», il a perdu de plus en plus son pouvoir de créer son propre destin et le sens de sa responsabilité dans tout ce qui lui arrive. Et comme il était peu appelé à changer, puisque tous les autres faisaient comme lui, il s’est déresponsabilisé de plus en plus tout au long de ses multiples vies. Ainsi, s’il se mettait à boire, c’était la faute de la société ou du système, celle de sa femme qui l’avait quitté ou de son époux violent, celle d’une surcharge de travail par ses patrons. Depuis, pour tout ce qui ne va pas, l’être humain se trouve des tas d’excuses pour reporter sa responsabilité sur l’extérieur et s’en laver les mains.

Par bonheur, le grand changement de conscience qui se fait présentement, par la montée des énergies spirituelles, invite chacun à la reprise complète de sa liberté, de sa souveraineté, avec la nécessité d’assumer toutes ses responsabilités. Avec le temps, la nouvelle conscience pourra amener tous les gens à accepter le fait que chacun est totalement responsable de ce qui lui arrive qui lui rapporte ce que, consciemment et inconsciemment, il dit, fait, pense et ressent.

Évidemment, pour y parvenir, chacun devra comprendre les mécanismes de la créativité de l’Esprit divin. Ainsi, chacun devra comprendre que son existence ne se limite pas à une seule incarnation, mais à une suite d’incarnations à travers lesquelles il évolue à sa façon et à son rythme, devenant plus achevé, en quête de sa propre vérité, de sa propre découverte de lui-même en tant que divinité. Chacun devra encore comprendre que, puisque tout est lié dans la Source divine unique et que, dans l’Ordre universel, le hasard ne peut pas exister, ce qui mènerait à la négation de l’existence même de Dieu, dans la troisième dimension, le plan de la densité, tout effet comporte une cause, toute action engendre une réaction.

En raison du présent degré limité de sa conscience, l’être humain peut croire qu’il existe, dans la vie, nombre d’apparents mystères. Mais, la connaissance repoussent les frontières du miracle et du mystère dans un monde où le Créateur n’a jamais rien voulu cacher à ses créatures. Dans ce contexte, le fait d’accepter l’entière responsabilité de son destin, ce qui favorise la reprise de la maitrise de la vie personnelle, changera toute la dynamique de l’Évolution.

Même un Maître spirituel admettra qu’il faut passer par nombre d’étapes avant de devenir parfaitement conscient de ses pensées, de ses paroles, de ses gestes et de ses ressentis, soit de ses actes d’être humain. Mais nul n’entrera dans le Monde nouveau s’il ne se prépare pas à acquérir un pareil degré de maîtrise. En ce moment même, il se présente pour chacun une priorité, celle d’arrêter de juger autrui et d’accuser les êtres qui sont à l’extérieur de lui lorsqu’il lui arrive quelque chose qui ne lui plaît pas.

Puisqu’il sait si bien s’attribuer les mérites des ses réussites, l’être humain devra également assumer les conséquences de ses échecs apparents, question de responsabilité. Devant une réalité désagréable, chacun doit immédiatement se demander : «Quel état d’être conscient ou inconscient a bien pu m’attirer ce vécu? Comment ai-je pu engendrer cette situation? Comment me suis-je inséré dans cet événement? S’agit-il d’une souffrance ancienne mal guérie, d’une perte d’intérêt, d’une propension à la dévalorisation personnelle, d’une inclination au sabotage personnel, d’une peur inavouée, d’un sentiment de culpabilité, d’un mouvement de colère, d’un désir d’autopunition?»

À la manière d’un aimant, chaque être incarné attire rigoureusement ce qui correspond à son rayonnement personnel, à son taux vibratoire… mais aussi aux choix d’expérience de son âme, antérieurs à sa naissance. Celui qui comprend ce fait ne peut qu’accepter l’urgence de se libérer de ses blocages intérieurs, de s’ouvrir à sa responsabilité, d’explorer ses qualités divines et humaines pour trouver enfin la sérénité, cet état permanent de l’être réalisé qui mène à la plénitude.

Mais, simultanément, le fait de reconnaître sa responsabilité personnelle implique la nécessité d’accepter ses choix d’expérience avec leurs conséquences. Et , puisque le Créateur ne juge pas et ne sévit jamais, laissant simplement ses lois et principes agir, cela va jusqu’à ce qu’un être particulier admette avoir pu se tromper, se le pardonner amoureusement et lâche prise en regard de ce qui ne lui convient plus. Autrement dit, il doit admettre la leçon de chaque expérience puisque qu’il s’agit de la seule manière qu’il puisse grandir en conscience ou en sagesse, ce qui revient au même.

En ce moment, il y a peu de gens qui peuvent comprendre suffisamment bien le registre de la responsabilité personnelle pour admettre qu’il n’y a pas un iota de ce qui arrive à un être qu’il n’ait attiré ou planifié d’une manière ou d’une autre. Par exemple, encore peu de gens admettront qu’un enfant molesté, violé ou assassiné puisse être responsable de ses mauvais traitements par la dynamique des retours karmiques, donc dans une récolte accumulée, ou dans la planification d’expériences antérieure à la naissance à travers lesquelles il veut comprendre un principe et gagner en maîtrise personnelle.

Dans ce dernier propos, il ne faut pas comprendre qu’il faille tolérer ces situations pénibles sans intervenir ou agir. Il faut plutôt comprendre que, dans toute interaction, chaque intervenant est aussi responsable de ce qui se passe que l’autre. Autrement dit, il y a une raison à ce qui se vit, dont les deux protagonistes doivent comprendre le sens et rouver la solution.

Bien sûr, dans la logique courante de la projection de responsabilité sur autrui, comme le fait la plèbe lors d’un procès criminel éprouvant pour une conscience délicate, pour un être apeuré ou pour un être profondément blessé par le choix d’un autre, il est perçu comme impensable, immoral, horrible et révoltant qu’un être dise qu’un violé puisse détenir, dans ce qui lui arrive, une égale part de responsabilité à celle de son violeur.

Pourtant, dans la perspective de l’Ordre divin, qui s’exprime partout avec la même intelligence et la même sagesse, dans un équilibre parfait de la miséricorde et de la rigueur, il en est bel et bien ainsi. Qu’on veuille lapider ou lyncher l’auteur de ces propos ne changera rien à une réalité qu’il faudra bien que tous admettent un jour, si l’humanité souhaite comprendre le processus parfaitement ordonné de la Création cosmique.

Le problème qui se pose, c’est que personne ne peut savoir pourquoi ce violeur ou ce violé se sont choisis pour vivre, tels des miroirs réversibles, cette expérience apparemment aberrante. Seul, avec Dieu, chacun d’eux le sait, dans le tréfonds de son âme. Il peut s’agir, chez deux protagonistes consentants, qui ont pu oublier le souvenir du contrat qu’ils ont passé ensemble avant leur incarnation, d’un besoin de l’un d’eux d’explorer un point de sa propre noirceur pour y porter une plus grande lumière. Il se peut encore que, dans une autre vie, la victime apparente ait perpétré un crime semblable et qu’elle ait choisi de comprendre à son tour la portée de son geste d’antan.

Il se peut qu’il s’agisse d’une grande conscience lumineuse qui a fait le choix de produire, par un choc brutal, un changement de conscience chez une part de l’humanité en amenant, par la réflexion commune, tout un système à disparaître. Ces deux âmes peuvent avoir choisi de porter plus loin leur compréhension et leur compassion. Le mystère des expériences de chacun lui appartient, quand seul Dieu et lui en connaissent les raisons. Alors, qui peut en juger?

Il faut rappeler que ce propos ne signifie pas qu’il faille tout excuser sous ce fallacieux prétexte qu’un être gagne à tout accepter sans sévir parce que chacun mérite ce qui lui arrive. Il doit plutôt incliner à présenter l’autre joue, soit, dans l’Amour, à tenter de développer un nouveau point de vue, d’en comprendre complètement le sens, plutôt que de réagir mécaniquement, par pulsion de vengeance ou de rétorsion, afin de trouver une arme supérieure pour l’harmoniser à tout jamais. Il invite simplement à un changement de paradigme pour un changement de réalité. Du reste, il n’y a pas plus de hasard dans les vécus de chacun que dans le moment, dans l’historie du monde, où il décide de procéder à ce vécu.

Ainsi, celui qui a choisi de vivre telle expérience apparemment répréhensible à tel moment de l’histoire a également accepté le système de justice qui sera appelé à le sanctionner. D’autre part, suite à une expérience incomplète, chacun est appelé à découvrir ses failles et à améliorer ses attitudes et ses comportements, soit à guérir ses modes de fonctionnement imparfaits.

Toutefois, la présente manière de présenter ce qu’implique la responsabilité personnelle, qui requiert une nouvelle compréhension de la dynamique de la Création, ne peut qu’ouvrir à une plus grande ouverture du coeur, donc à exprimer plus grand Amour, envers soi d’abord, et une plus grande compassion envers autrui, de même qu’à une plus grande force, à une plus grande confiance dans la vie, à une plus grande marge de liberté, à un retour au sens du Grand Jeu amoureux de la Vie, qui ramène à l’esprit d’enfance.

Car, si chacun en vient à assumer l’entière responsabilité de tous les aléas de sa vie, il ne pourra que choisir de l’améliorer et de collaborer également à l’amélioration de celle des autres, même de toutes les créatures de son univers. Chacun trouvera plus de sécurité dans la responsabilisation que dans la déresponsabilisation. Il ne pourra que mieux ouvrir sa conscience à la nécessité d’inclure le plus grand bien de tous les êtres concernés dans tous ses choix.

S’il y en a que cette conception philosophique dérange, qu’ils l’abandonnent à d’autres qui y trouveront leur avantage, celui d’évoluer en esprit, et qu’ils passent leur chemin. Car si elle se fonde sur la Vérité, elle finira par s’installer d’elle-même dans tous les cœurs, même dans le leur, avec l’accroissement de la Lumière divine qui est déjà en train d’instaurer une nouvelle conscience et d’engendrer un Nouveau Monde.

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