Texte de La Mère tiré de « Éducation »

Une des aides les plus puissantes que la discipline yoguique peut fournir à l’homme de sport, est de lui apprendre à renouveler ses énergies en les puisant à la source de l’énergie universelle qui ne tarit point.

La science moderne a fait de grands progrès dans l’art de se nourrir, qui est le moyen le plus connu de récupérer ses énergies. Mais au mieux le procédé est précaire et soumis à toutes sortes de limitations.

Nous n’en parlerons pas ici, car c’est un sujet déjà très rebattu. Mais il est bien entendu que tant que le monde et les individus sont ce qu’ils sont, la nourriture est un facteur indispensable.

La science yoguique connaît d’autres moyens d’acquérir l’énergie, parmi lesquels nous en mentionnerons deux des plus importants.

Le premier est de se mettre en rapport avec les énergies accumulées dans le monde matériel terrestre et de s’approvisionner librement à cette source inépuisable.

Ces énergies matérielles sont obscures et à demi inconscientes; elles encouragent l’animalité dans l’homme, mais, en même temps, elles établissent une sorte de relation harmonieuse entre l’être humain et la nature matérielle.

Ceux qui savent recevoir et utiliser ces énergies, rencontrent généralement le succès dans la vie et réussissent dans tout ce qu’ils entreprennent. Mais ils dépendent encore beaucoup des conditions de leur existence et de l’état de santé de leur corps. L’harmonie créée en eux n’est pas à l’abri de toute attaque, et elle disparaît généralement quand les circonstances deviennent adverses.

L’enfant reçoit spontanément cette énergie de la Nature matérielle lorsqu’il dépense toutes ses forces sans compter, joyeusement et librement. Mais chez la plupart des êtres humains, à mesure qu’ils grandissent, cette faculté s’émousse par suite des soucis de la vie et de la place prédominante que les activités mentales prennent dans la conscience.

Pourtant il y a une source d’énergie qui, une fois découverte, ne tarit jamais quelles que soient les circonstances extérieures et les conditions physiques de la vie. C’est l’énergie qui peut être qualifiée de spirituelle, celle qui est reçue non plus d’en bas, des profondeurs inconscientes, mais d’en haut , de l’origine suprême de l’univers et de l’homme, des splendeurs supraconscientes, toutes-puissantes et éternelles.

Elle est là, partout autour de nous, pénétrant tout, et pour entrer en contact avec elle et la recevoir, il suffit d’y aspirer sincèrement, de s’ouvrir à elle avec foi et confiance, d’élargir sa conscience afin de l’identifier à la Conscience universelle.

Au premier abord cela peut paraître bien difficile sinon impossible. Cependant en considérant le phénomène de plus près on peut voir qu’il n’est pas si étranger, si éloigné de la conscience humaine normalement développée. En effet, il est peu de gens qui ne se soient sentis, au moins une fois dans leur vie, comme soulevés au-dessus d’eux-mêmes, remplis par une force inattendue et peu commune qui les a rendus, pour un temps, capables de faire n’importe quoi; à ces moments-là rien n’est trop difficile et le mot « impossible » perd son sens.

Cette expérience, si fugitive soit-elle, donne un aperçu de ce que peut être le contact obtenu et maintenu avec l’énergie supérieure grâce à la discipline yoguique.

La méthode pour acquérir ce contact ne peut guère être donnée ici. C’est d’ailleurs une chose individuelle propre à chacun, le prenant là où il en est, s’adaptant à ses besoins personnels et l’aidant à faire un pas de plus. Le chemin est parfois long et lent, mais le résultat vaut la peine qu’on se donne.

On peut facilement s’imaginer quelles sont les conséquences du pouvoir de puiser à volonté et en toutes circonstances à la source sans limite d’une énergie toute-puissante dans sa lumineuse pureté. La fatigue, l’épuisement, la maladie, l’âge, et même la mort deviennent de simples obstacles sur le chemin qu’une volonté persistante est sûre de surmonter. – Bulletin – août 1949

Commentaires de mère – 25 décembre 1950

Comment se fait-il qu’à mesure que les activités mentales augmentent, la capacité de renouveler ses énergies diminue?

Chez les adultes, le mouvement mental tend à paralyser le mouvement spontané d’échange des énergies.

Jusqu’à l’âge de quatorze ans, l’enfant, à part quelques rares exceptions est un petit animal; il renouvelle ses énergies spontanément, comme un animal, par les mêmes activités et les mêmes échanges. Mais le mental introduit un déséquilibre dans l’être; l’action spontanée est remplacée par quelque chose qui veut savoir, régler, décider, etc., et pour retrouver cette capacité de renouveler spontanément les énergies, il faut monter à un échelon supérieur, au-dessus de l’instinct, c’est-à-dire passer de l’activité mentale ordinaire à l’intuition en ligne directe.

(Mère poursuit sa lecture)

« Pourtant, il y a une source d’énergie qui, une fois découverte, ne tarit jamais, quelles que soient les circonstances extérieures et les conditions physiques de la vie. C’est l’énergie que l’on peut qualifier de spirituelle, celle qui est reçue non plus d’en bas, des profondeurs inconscientes, mais d’en haut, de l’origine suprême de l’univers et de l’homme, des splendeurs supraconscientes, toutes puissantes et éternelles. Elle est là, partout autour de nous, pénétrant tout, et pour entrer en contact avec elle et la recevoir, il suffit d’y aspirer sincèrement, de s’ouvrir à elle avec foi et confiance, d’élargir sa conscience afin de l’identifier à la Conscience universelle. « 

Dans ces articles, j’essaie de définir en termes ordinaires toute la terminologie yoguique, car ces Bulletins s’adressent plutôt aux gens qui mènent une vie ordinaire, mais aussi aux étudiants du yoga – je veux parler des gens qui s’intéressent surtout à la vie matérielle purement physique, mais qui essaient d’atteindre plus de perfection dans leur vie physique que dans les conditions ordinaires.

C’est une tâche très difficile, mais c’est une sorte de yoga. Ces gens s’appellent « matérialistes » et ils ont tendance à se cabrer ou à se vexer si l’on emploie des termes yoguiques, donc il faut parler leur langage en évitant les termes susceptibles de les choquer.

Mais j’ai connu dans ma vie beaucoup de personnes qui se disaient « matérialistes », et qui suivaient une discipline beaucoup plus sévère que ceux qui prétendent faire le yoga.

Ce que nous voulons, n’est-ce pas, c’est que l’humanité progresse; qu’elle fasse profession ou non de mener une vie yoguique importe peu, pourvu qu’elle fasse l’effort de progrès nécessaire.

Quelle différence y a-t-il entre la méditation et la concentration ?

La méditation est une activité purement mentale, elle n’intéresse que l’être mental. On peut se concentrer en méditant, mais c’est une concentration mentale; on peut obtenir un silence, mais c’est un silence purement mental, et les autres parties de l’être, on les tient immobiles et inactives de façon qu’elles ne dérangent pas la méditation.

Vous pouvez passer vingt heures de votre journée en méditation, et pendant les quatre heures qui restent vous serez un homme tout à fait ordinaire, parce que seulement le mental a été occupé – le reste de l’être, le vital et le physique, on fait pression sur lui pour qu’il ne dérange pas. Dans la méditation, on ne fait rien directement pour les autres parties de l’être.

Cette action indirecte peut avoir un effet, certainement, mais… J’ai connu dans ma vie des gens dont la capacité de méditer était remarquable, mais qui étaient, en dehors de leur méditation, des gens tout à fait ordinaires, parfois de mauvais caractères, qui devenaient furieux si leur méditation était dérangée. Parce qu’ils avaient appris à maîtriser seulement le mental, pas le reste.

La concentration est un état plus actif – vous pouvez vous concentrer mentalement, vous pouvez vous concentrer vitalement, psychiquement, physiquement, et vous pouvez vous concentrer intégralement.

La concentration, ou capacité de se rassembler en un point, est plus difficile que la méditation.

Vous pouvez rassembler une partie de l’être ou de la conscience, ou vous pouvez rassembler la conscience tout entière ou même des fragments de la conscience, c’est-à-dire que la concentration peut être partielle, totale ou intégrale, et dans chaque cas le résultat sera différent.

Si vous avez la capacité de vous concentrer, votre méditation sera plus intéressante et plus facile. Mais on peut méditer sans se concentrer. Beaucoup de gens dans leur méditation suivent l’enchaînement des idées -c’est une méditation, pas une concentration.

Peut-on distinguer le moment où l’on arrive à la concentration parfaite et celui où, à partir de cette concentration, on s’ouvre à l’Énergie universelle ?

Oui. Vous vous concentrez sur quelque chose, ou simplement vous vous rassemblez autant qu’il vous est possible, et, quand vous arrivez à une sorte de perfection dans la concentration, si vous pouvez soutenir cette perfection suffisamment longtemps, alors une porte s’ouvre et vous passez au-delà de la limite de votre conscience ordinaire – vous entrez dans une connaissance plus profonde et plus haute. Ou vous passez au-dedans.

Alors vous pouvez éprouver comme un éblouissement de lumière, un émerveillement intérieur, une béatitude, une connaissance complète, un silence total. Il y a beaucoup de possibilités, n’est-ce pas, mais le phénomène est toujours le même.

Pour avoir cette expérience, tout dépend de votre capacité de maintenir suffisamment longtemps votre concentration à son plus haut point de perfection.

Pour avoir cette expérience, faut-il chaque fois se concentrer ?

Au début, oui, car on n’a pas la capacité de garder ce que l’on a acquis, ou de maintenir la concentration à son maximum – on reglisse en arrière et on perd jusqu’au souvenir de l’expérience que l’on a eue. Mais si vous suivez un chemin une fois, il est plus facile de suivre le même chemin une deuxième fois, et ainsi de suite. La seconde concentration est donc plus facile que la première. Il faut persévérer dans sa concentration, jusqu’à ce que l’on arrive au moment où l’on ne perd plus le contact intérieur.

A partir de ce moment-là, il faut rester dans cette conscience intérieure et supérieure, d’où l’on peut tout faire. On voit le corps et la matière et on sait ce qu’il faut faire, et comment le faire.

C’est là le premier but de la concentration, mais pas le dernier naturellement!

Pour arriver à cette concentration-là, il faut beaucoup d’efforts; un résultat immédiat ou même rapide est rarement possible. Mais si la porte intérieure a été ouverte une fois, vous pouvez être certain qu’elle s’ouvrira de nouveau, si vous savez persévérer.

Tant que la porte n’a pas été ouverte, vous pouvez douter de votre capacité, mais une fois ouverte, il n’y a plus de doute possible, si vous continuez à aspirer et à vouloir.
Cette expérience a une valeur considérable.

Que veut dire « Mother of Dreams » ?

Quand il parle de la « Conscience immobile et sereine », Sri Aurobindo emploie souvent des termes poétiques, qui sont très évocateurs. Il s’est servi du terme « Mère des Rêves », parce qu’il s’est mis à la place de celui d’en bas, qui voit, qui aperçoit quelque chose de mystérieux, de tout à fait merveilleux, inaccessible et presque incompréhensible; mais si vous regardez d’un autre point de vue, vous pouvez dire que c’est la Conscience créatrice, l’Origine de l’univers, la Mère universelle, le Pouvoir créateur , etc.

Si l’on joue mal, on trouve que l’on n’a pas d’énergie, mais si l’on joue bien, avec beaucoup d’enthousiasme, on trouve que l’énergie vient. Pourquoi ?

C’est parfaitement vrai. Pour entrer, en contact avec l’énergie terrestre, il faut établir une certaine harmonie au-dedans de soi. Si l’on connaît bien le jeu, si l’on sait faire les mouvements et que l’on s’intéresse avec enthousiasme, si l’on a une certaine ambition (assez enfantine peut-être), un certain désir de gagner, au fur et à mesure que l’on réussit, on éprouve une sorte de joie intérieure, pas très profonde peut-être, mais qui crée l’harmonie nécessaire à l’échange d’énergie.

Au contraire, ceux qui ne savent pas accepter la défaite, qui se fâchent et deviennent de mauvaise humeur quand tout ne va pas selon leur volonté, perdent leur énergie de plus en plus.

Aussi, si on se laisse aller à la dépression, on coupe toute source d’énergie – d’en haut, d’en bas, partout; c’est la meilleure manière de tomber dans l’inertie. Il faut se refuser absolument à être déprimé. [Note: à l’époque de Mère, ce terme signifie « très découragé »]

La dépression [= le grand découragement] est toujours le signe d’un égoïsme aigu.

Quand vous sentez qu’elle approche, dites-vous : « Je suis dans un état de maladie égoïste dont je dois me guérir. »

La Mère

Texte 1 : in « Éducation » pages 226-228 publié par Sri Aurobindo Ashram – Pondichéry
diffusion par SABDA

Texte 2 : « Entretiens 1950-1951 » (pages 8-13) publié par Sri Aurobindo Ashram – Pondichéry diffusé par SABDA. (Une édition française aux Éditions Stock a existé en 1981)

Source : http://intyoga.online.fr

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