Transmis par Samuel

Lorsque le Cœur d’un Kumara se remet à battre, tout son être se voit brutalement perdre pied dans le monde qui l’a vu naître. Sa jeunesse insouciante révolue, il s’est mis à peser chacun de ses gestes afin de trouver sa place dans ce monde d’adoption. Il a étouffé l’appel de son Cœur et brisé le lien ténu à son Âme. Cette trahison s’est renouvelée à chaque instant de sa vie terrestre. Le regard posé sur toutes ces années passées, il prend conscience de l’affadissement de sa volonté et de la corruption de son esprit. S’être livré à d’insidieuses compromissions l’a éloigné de l’allégeance à la mission que son Cœur de Kumara lui dicte.

La vibration de sa divinité intérieure ne s’est pourtant nullement tarie puisqu’elle est éternelle.

Le lent et pernicieux asservissement aux normes mercantiles, amorales et déshumanisées de la société l’a simplement conduit à être son propre sicaire de sa reliance au divin.

Avoir été si longtemps aride à l’idée que Dieu rayonne à l’intérieur de lui avait asséché son Cœur de Kumara.

Pour se relever de ses abaissements, le Cœur d’un Kumara cesse de se soustraire à la direction de son être solaire. Toute l’autorité sur son être terrestre se concentre dans les mains de son Roi intérieur. Ce grand monarque n’est que l’expression pleine et entière de l’assistance de l’Esprit de Dieu. Le véritable Roi est celui qui s’active à conquérir son royaume intérieur

L’exil du Roi

Dorénavant, l’écart grandit chaque jour entre sa compréhension refondée des apparences de ce monde et celle perçue par la multitude humaine. Seule l’écume de cette multitude s’émulsionne sur le rivage d’une réalité s’affranchissant progressivement de l’Illusion et de la Séparation. Mais l’écume finit toujours par refluer par la force d’attraction de cette multitude sans Roi. Le Kumara révélé à lui-même se retrouve exilé sur une île intérieure à laquelle l’humanité renonce par confort de l’indolence.

Face à la solitude de l’exil, la tentation est alors forte de replonger. Ce flot de systèmes de pensées étriqués et de rapports égotiques de l’homme à l’homme a pourtant failli engloutir ce que le Kumara est au fond de lui-même. Le tourbillonnement de la multitude l’a aussi amené à des degrés inégalés de désacralisation de la vie. Ses larmes mettent la paix entre sa part d’ombre et sa part de lumière. Replonger dans ce flot, c’est laisser échouer sur la grève sa grâce divine nouvellement retrouvée. L’univers préservé de son Cœur de Kumara lui enjoint de ne plus s’enchaîner aux artifices d’un monde à l’agonie.

Cette époque râpeuse s’assujettit à un pouvoir temporel rejetant tout pouvoir spirituel. La multitude devient incapable de se diriger elle-même. La veulerie et le clientélisme des gouvernants ne rivalisent qu’avec la laideur et l’iniquité de leurs actions. En s’éloignant de son unité à Dieu, la multitude se mit à adorer ce qu’elle voyait, au premier chef l’idée qu’elle se faisait d’elle-même. Les interfaces électroniques se sont insinuées entre l’esprit et le Cœur, brisant le pacte éternel liant l’être incarné à son essence divine.

Creuset d’une royauté perdue, un Kumara se sait dépositaire d’un don fait en chaque homme. Le rapport de celui-ci à l’incarnation a trop longtemps mis en sommeil ce potentiel.

La lucidité d’un Kumara sur le devenir de l’homme le pousse uniquement à se purifier, laissant aux autres les jouissances de ce monde.

Autrement, il se sait ne pas être digne de recevoir le divin dans son royaume intérieur.

Le fil morne des jours hante ceux qui ont depuis longtemps oublié leur royaume intérieur. Leur véhémence à dénigrer la moindre allusion à ce royaume perdu n’a d’égale que leur peur d’en ressentir le manque.

Les hommes n’ont plus de Roi
car la république les a faits rois.

En ces temps d’oubli de l’essence de Soi, le Cœur d’un Kumara ne peut servir deux maîtres à la foi. Le non-choix lui est impossible. La vie est mouvement et celle-ci le porte à retrouver la Foi en ce qui est Tout, Sans-Nom et Tous-les-Noms à la fois.

Pour ne pas se perdre dans l’inanité de la multitude, l’exil intérieur d’un Kumara le protège d’une destinée collective menant à un précipice qui n’effraie même plus les hommes.

La vanité à laquelle il apprend à se détacher, chercherait à le mettre en action pour tenter de dévier cette course folle des hommes. La Paix s’installant dans son Cœur lui enseigne seulement de se replacer sous la Providence divine. Il éteint le feu trop longtemps sans maître qui l’amena à se révolter contre l’ordre divin.

Tout Kumara révélé à lui-même se repent silencieusement d’avoir excité autrui à la désobéissance.

Le retour du Roi

Dieu a toujours fait passer sous le joug de forces extérieures ceux qui rompirent l’alliance avec Lui. Si nombre de cœurs craignent sa Justice et saignent de la décadence des esprits, de la corruption des mœurs et de l’avilissement des hommes, le Cœur d’un Kumara bât à l’unisson des temps qui viennent.

La précession des équinoxes fit glisser l’axe nord de la Terre de l’étoile alpha de la constellation du Dragon, Thuban, lors de l’ère du Bélier, vers bêta Petite Ourse, Kochab, puis alpha Petite Ourse, Polaris, lors de l’ère du Poisson.

En vertu de ce mouvement de précession, le règne d’une autre constellation polaire s’ouvrira sous l’ère du Verseau. La précession trouvera son apogée par la consécration d’une étoile rouge, gamma Céphée. Également nommée Errai ou Alrai, elle signifie le berger en arabe.

Le couronnement de la constellation polaire de Céphée est le retour du Roi.

La mythologie grecque transmet que Céphée était un puissant et grand monarque éthiopien, père d’Andromède. Les anciennes cartes de la voûte céleste représentait le roi Céphée les bras écartés exprimant la douleur de s’être laissé convaincre de donner en sacrifice sa pure Andromède. Expiant au firmament son pêché, Céphée était représenté en homme à la figure enflammée, revêtant une ceinture et une tiare. D’anciennes traditions le nommaient Kikaus ou Phicares, traduisibles par Celui qui déclenche le feu, catalyseur astronomique d’une transmutation alchimique.

17 étoiles visibles mais de faible intensité sont disposées entre les constellations de Céphée et d’Andromède. Elles représentèrent dans leur première interprétation les constellations du Sceptre royal et de la Main de Justice, deux ornements d’un monarque.

Le Cœur d’un Kumara sait que le retour de Céphée commande d’établir en chacun un Roi qui gouvernera sa destinée selon le plan divin. L’être terrestre ne pourra plus prétendre se soustraire à la direction de son être divin. Tirant de lui sa puissance, l’homme ne sera plus inféodé à l’apparence. Il ne sera plus le jouet d’un autre. Se suffisant à lui-même, il se placera sous la providence divine, bienfaitrice et éclairée.

Céphée est relié à la lame sans chiffre dans le tarot kabbalistique. Elle est nommée le Fou ou le Mat, selon qu’elle se positionne au début, tel un 0, ou en toute fin telle une 22ème lame. Maître-nombre, le 22 symbolise l’être ayant abaissé son égo pour pleinement réaliser son potentiel. Le Mat peut avancer vers l’inconnu avec pour seul bagage une paix intérieure au service de la foi en sa destinée. Le Fou n’est plus que le pâle souvenir de ce qu’il fut, un être attaché à l’apparence des choses et soumis à son égo directeur. Le 22 revêt la capacité de réalisation grandiose touchant l’humanité entière. Le terme de Mat porte la signification de la fin définitive du jeu de la Séparation. Les polarités féminine et masculine sont réunies. L’être terrestre est unifié à son être divin.

Le Mat est la fin du règne de l’égo sur la destinée de l’homme.

Le sacre du Roi

Alors que le monde extérieur s’enfièvre, le royaume intérieur du Kumara est le siège d’une transmutation de nature alchimique. L’alchimie est la chimie du feu et le feu igné est un potentiel en sommeil que porte tout être incarné.

Le feu igné trace douloureusement son chemin dans le corps physique et les corps subtils inférieurs. Il fait sauter tout sur son passage et se préoccupe peu des effets physiques. Le corps ressent une irruption sourdre du visage et de la poitrine. Le feu igné n’est ni vibration, ni énergie, mais brûle littéralement toutes les mémoires cristallisées dans l’enveloppe physique et les corps énergétiques denses. Il prend le relai de l’énergie cristalline qui ouvrait les portes, les couronnes et les portails en soi. Ce feu sacré consume tout ce qui reste de résiduels et fait barrage. Le feu igné est dévastateur face à tout ce qui entrave cette alchimie.

Les catalyseurs de son embrasement sont une conjonction de facteurs traduisant le parachèvement de la réintégration de Soi en soi.

La rencontre de l’éphémère, notre être terrestre, avec l’éternel, notre être solaire, induit l’embrasement du feu igné.

Le Cœur allume cette fusion du Soi terrestre et du Soi solaire pour en finaliser la transmutation alchimique. Elle retire les traces de souffrance, d’illusion et de séparation que portent l’Âme, sans en effacer pour autant la mémoire. Cette transmutation engendre la transformation du carbone en silice.

L’être devient un initié du feu, un roi du feu, un Céphée. Si l’ère du Poisson fut celle de l’initiation reliée à l’Eau, les émotions, la passion et le désir, celle du Verseau introduit l’initiation reliée à l’Air. Le retrait des dragons engendra un grand déséquilibre de l’élément Feu en l’homme. Il revient aussi au Cœur d’un Kumara d’en acquérir la maîtrise. Il doit cesser de se brûler par son feu intérieur incontrôlé pour entrer dans l’ère du Verseau et poursuivre son initiation aux quatre éléments.

D’exilé, le Kumara devient un initié versé dans les secrets du Feu cosmique.

L’initiation reliée au feu commence par la calcination ou la mort à soi-même, poursuivant avec la transmutation les forces de sa nature inférieur en vertus, et finissant par la sublimation ou le soi terrestre se fondant totalement dans le Soi solaire, l’Esprit. Il doit en effet sans cesse veiller à ce que la personnalité ne déserte pas l’esprit pour aller renouer avec son ancienne existence séparative et limitative. La mort de la personnalité permet à la nouvelle vie de l’initié de jaillir.

Un sage affirmait que l’aspirant découvrirait l’étoile rouge dans le centre le plus intime du lion vert…

Crédit illustration : Chris Rahn – Copyright Wizards of the Coast

Vous pouvez partager ce texte à condition d’en respecter l’intégralité, de citer l'auteur, les sources, et le site: https://elishean-portesdutemps.com

Votre aide est très Importante…

Depuis plus de 10 ans, de la conception à la publication, je suis seule à travailler sur les sites du réseau Elishean, partageant tous les jours des textes afin d'ouvrir les consciences et aider à l'Ascension, promesse de l'Âge d'or. Je fais appel à vous aujourd'hui afin de me soutenir dans cette démarche en faisant un don (si minime soit-il). Le partage est un don de Soi, un don d'Amour... Recevez toute ma gratitude... Mon Amour vous accompagne...

Copyright les Hathor © Elishean/2009-2019/ Aux Portes du Temps

Print Friendly, PDF & Email