Quelque part dans la steppe de Mongolie, une chamelle se désintéresse totalement du petit qu’elle vient de mettre bas. La caméra filme alors la terrifiante distance qui s’installe entre la chamelle et son rejeton, les têtées empêchées, la fragilité et le rejet. Devant les larmes du chameau abandonné, les hommes constatent leur impuissance et s’en remettent à la tradition: ils font venir un violoniste, qui, en costume traditionnel, devra tenter d’émouvoir la chamelle, et permettre la réconciliation entre la mère et l’enfant.
La séquence de rite est tout simplement hallucinante: cette séance de musicothérapie en plein désert relève du mystique, et les hommes sont les témoins patients et concentrés d’une nature impérieuse, qui les dépasse et qu’ils respectent. Tout dans le film provoque l’émotion, ou l’émerveillement. Les réalisateurs réussissent à livrer un regard intelligent et extrêmement pertinent sur une civilisation tout entière, qui fait le grand écart entre les traditions et les mirages du progrès.
L’Histoire du chameau qui pleure traite avec simplicité de la fragilité de l’enfance, du sentiment d’abandon qui taraude l’existence, et d’un instinct maternel pas toujours évident, tant chez l’animal que chez l’homme.

Vous pouvez partager ce texte à condition d’en respecter l’intégralité et de citer la source: http://elisheanportesdutemps.terrenouvelle.ca

Copyright les Hathor © Elishean/2009-2014/ Aux Portes du Temps



Print Friendly, PDF & Email
Annonces