Les enseignements de Sagesse qui traversent et essaiment le monde parlent de co-création consciente, de reconnexion avec sa partie divine et de Source originelle. On parle de fraternité universelle, d’altruisme, de travail sur soi-même, de mental et d’égo. Les enseignements de sagesse esquissent en cela des paysages qui nous invitent et nous incitent à naitre à nous-mêmes.

Mais qu’est-ce que tout cela signifie réellement, quels échos tout cela transmet-il dans notre être profond ? Est-ce que tout cela ne reste-t-il pas en suspend dans notre mental ?

De nos jours, nous sommes encore amenés à lire des mots ou à apprendre des techniques parce que nous sommes coupés de nous-mêmes. Nous éprouvons le besoin de lire et d’apprendre à l’extérieur au travers de mots pour nous construire. En cela nous ne faisons qu’ajouter à nous-mêmes des couches de savoir qui nous éloignent encore plus de nous-mêmes.

Mais que sommes-nous, qui sommes-nous réellement en profondeur, derrière toutes ces couches de savoir ?

Les mots restent des concepts qui filtrent le réel. Pourquoi ne pas s‘affranchir de ces filtres et accueillir ce qui se présente sans filtre : la vie elle-même. Ne serait-il pas maintenant souhaitable d’apprendre à désapprendre afin de se retrouver soi-même ? A cette froide volition de savoir et de conquête n’est-il pas temps de répandre la fraîcheur et l’innocence de nos paysages intérieurs ?

Et si nous apprenions maintenant à nous défaire des mots et à lire les enseignements de sagesse dans la vie elle-même ? A déchiffrer ce qu’elle nous offre au quotidien en devenant simplement attentifs à nous-mêmes ?

… Un voile de brume qui se déchire de clarté sous l’horizon naissant ou encore un papillon venant se poser sur un mur habillé de mousse, et voilà que le monde nous surprend et parle en silence. Et voilà que le monde nous invite à lire des signes qui peuvent enfanter dans l’instant une compréhension réelle et profonde de nous-mêmes et du monde. Nous pourrions appeler cela une pensée poétique, c’est-à-dire une pensée réceptive et attentive aux signes mêmes du monde. Mais en fait une pensée poétique est une pensée ou le mental tout simplement se tait.


Et lorsque le mental se tait et que la conscience s’enracine dans le présent, se tient alors un espace de paix et de recueillement ou l’on se retrouve soi-même.

Derrière le voile blanc du salon, entre le balancement des bambous, le ciel est bleu et serein. Le vent invite à une chorégraphie à laquelle le règne végétal répond avec une sorte de frénésie enfantine.

A l’aube d’une nouvelle année, les signes du monde que je perçois sont à la sérénité malgré les hauts et les bas d’une vie emplie de rencontres, de situations fortuites et soudaines, qui nous font parfois profondément douter de nous-mêmes et du monde. Mais le doute est de raison et la sérénité relève de la foi en sa nature profonde…

Je fixe l’astre solaire qui traverse lentement le ciel et éclaire le monde. On peut lire dans son orbe les présages du renouveau. Il m’apparait auréolé d’une lumière blanche qui murmure les adages millénaires de la fraternité. En cette fraternité je perçois l’écho de ma nature profonde…

Le blanc est une non-couleur, une couleur inconditionnelle. Elle exprime la réunion de toutes les couleurs et incarne en cela le mélange de toutes les séparations qui déchirent le monde. Elle réunit en elle-même tous les opposés de raisons.

En phase avec l’amour inconditionnel, le soleil revêt l’habit d’une non-couleur qui défait tous les hymnes de la séparation.

Mon bras se lève et mon doigt se tend pour tenter de toucher l’astre solaire qui se tient devant moi. Il y a entre lui et moi des millions de kilomètres qui créent un abîme de raisons infranchissables. Mais à cet instant plus rien ne nous sépare.

Le soleil communique et transmet des informations au travers de son rayonnement. Il permet à la vie encore invisible de se déployer dans le monde visible. C’est tout simplement fascinant. Les codes génétiques se nourrissent de lumière et se déploient. Les semences deviennent blés, les blés deviennent moissons et s’offrent sans retenue… Et les moissons deviennent pains. Et l’homme participe à cette transformation. C’est le monde qui chante le cœur de notre humanité. C’est une symbiose qui déploie les ailes de la synergie. En cela je perçois un autre écho de ma nature profonde…

La graine qui devient arbre et les arbres qui deviennent forêts. Et la forêt qui devient lieu d’échange et de partage pour accueillir et faire participer d’autres formes de vie. Et voici qu’à nouveau tout participe d’une logique qui nous dépasse et nous émerveille. Parce que tout participe du vivant, sur des plans de conscience différent mais complémentaires. C’est ici que se dessine la véritable interactivité : dans une danse de la multitude et des différences qui offre à toutes les formes de vie et de conscience la possibilité de grandir et de s’épanouir dans la lumière blanche de la fraternité.


C’est à la lumière d’une étoile que nous devons la vie sur terre. Et c’est à cette même étoile que nous devons la floraison et la germination de tout ce que nous avons déposé dans nos espaces intérieurs. L’astre solaire reste le révélateur de nos aspirations profondes…

Et si ce même soleil pouvait nourrir une terre intérieure vierge et pure, qu’en serait-il de nos paysages ? Deviendraient-ils pur cristal ?

S’offrir aux changements, ne pas craindre de naître à soi-même sous le feu des paradoxes et des contradictions. Cesser de croire pour enfin commencer à être…

Les croyances et les bagages de raisons que nous portons nous donnent souvent l’illusion d’être protégés du monde. Parce que savoir c’est vouloir maitriser et établir comme certitude, ce qui finalement ne cesse de changer. Mais celui qui croit savoir essaye de tenir dans sa main une poignée d’eau…

De par sa nature même, la vie est changement. Le mouvement même de la vie est impermanence. Et que puis-je saisir de cette impermanence ? Des hypothèses, des recettes du possible qui occupent notre mental et fomentent des histoires pétries aux hymnes du sensationnel ou de la dénégation ?

Nous n’avons ni à combattre, ni à débattre, mais à être.

Au niveau du mental, c’est lorsqu’il ne reste plus rien, que nous avons tout perdu, même ce que nous chérissions comme irréductible et essentiel, que nous commençons à pressentir une lumière qui prend racine dans le champ de notre conscience.

On ne peut s’approprier cette lumière. Elle ne nous appartient pas. Elle échappe aux mots. Elle n’est pas une croyance, un savoir ou une expérience. Elle est de toute éternité, vraie et intemporelle.


Si nous nous demandons ce qu’est cette lumière, elle nous échappe. Elle nous enseigne lorsque nous sommes ouverts d’humilité et d’innocence. Elle vient à nous lorsque nous abandonnons notre identification au savoir et au mental. Elle vient à nous lorsque nous nous abandonnons au silence.

Aussi, au lien de développer notre pouvoir de réflexion mental, apprenons à devenir le miroir de réflexion de cette lumière naissante…

C’est ainsi le chant des rivières, la présence de massifs montagneux, le bruissement des feuilles sous la brise printanière qui nous apprennent ce que nous sommes de toute éternité. Ils sont l’écho d’un enseignement originel qui résiste au temps de par leur nature même.

Cet écho chante qu’il y a en chacun de nous des trésors qui n’attendent que d’être découverts et exprimés. Qu’il y a une force créatrice et aimante qui peut être exprimée et matérialisée comme offrande à l’humanité.

Il chante qu’il y a en chacun de nous cette aspiration à la fraîcheur de l’innocence qui porte en son sein la force et l’audace de la créativité.

Et voici que ce qui jaillit de cet écho élève l’humanité entière et féconde chaque cœur et chaque être du plus petit au plus grand, du plus humble au plus arrogant, d’une empreinte de grâce qui relie ciel et terre…

Fraternellement,

Alain

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