Message du Guérisseur Lestrys transmis par Aurélia LEDOUX

Voici, longtemps après, la suite de ce message donné par le sage Lestrys, directement par l’esprit. Il se trouve avec tous ses compagnons en train de descendre dans les galeries de la Terre intérieure.

Songes-tu à l’endroit où nous nous trouvions la dernière fois ? Là où nous nous sommes arrêtés.

Je suis le guérisseur Lestrys et venu une fois de plus vous conter la suite de ce glorieux voyage, empli de rebondissements.

Oui, je vous ai parlé la dernière fois de Nimlin, ce courageux petit alien qui avait longuement suivi notre transport, malgré ses pieds meurtris et qui refusait de se laisser soigner.

Notre peine était si grande de le laisser que nous avons tout fait pour l’attraper, cela n’a pas été sans mal, et ensuite, bien sûr Panresu, a fait agir sa science immense de biologiste.

Nous venions de traverser les grandes cataractes des profondeurs de la terre, quand le petit Nimlin a ouvert les yeux. Le sage Darsimen avait réussi à piloter le navire entre les chutes d’eau géantes, là il a passé les commandes à Lokhaïl, puis s’est endormi.

Je baignais en une félicité heureuse, tout ravi de ce voyage avec mes compagnons, mon petit Stency et également Eratsu, ainsi qu’Issaltir, un grand valet à la conversation plaisante. L’irascible Panresu avait quelque peu changé, ses manières étaient devenues excellentes, notamment en présence d’une dame alien au teint mauve. Son grand conseiller Mellkit et lui-même ne se querellaient plus guère, trouvant à se réjouir de ce lieu.

– Que voilà des stalactites admirables, toute cette forêt a été pensée avec le plus grand soin par le grand créateur de toutes choses. L’esprit des eaux a façonné si habilement chaque statue en s’écoulant lentement ! s’écria Panresu

– Assurément oui, mon cher collègue, tout cela est du plus bel éclat ! répondit Mellkit avec un large sourire. Les génies des eaux sont très puissants en ce lieu, nous sommes bien aise qu’ils nous aient laissé passer ce tourbillon.

La petite clone qui suivait leur conversation leur jeta un regard admiratif. Panresu se pencha pour refaire son pansement. Il étala de nouvelles doses de désinfectant et d’onguent cicatriciel. Les plaies avaient bien guéri. Il fit de même avec le jeune Nimlin.

– Tout cela est très encourageant conclut le généticien.

A ce moment là, Lokhaïl aux commandes poussa un cri d’effroi. Une secousse venait de retentir. Il immobilisa le véhicule, le rangeant contre la paroi. Bien lui en prit. Une avalanche de pierres dégringola sur notre position.

Malgré le vacarme un petit rire retentit. Le sage Darsimen souriait largement, fixant le plafond d’un air comme émerveillé.

Les pierres alors cessèrent de rouler, de s’entrechoquer, elles s’élevèrent lentement puis retombèrent avec grâce. Darsimen sortit d’un air absent de notre véhicule, fixant la voûte effondrée, qui révélait maintenant un large passage. Ce lieu était obscur et humide, de plus une odeur de soufre y régnait.

– Quelque chose me dit que ce n’est point par là, émit le sage d’un air guilleret

Il y eut un couinement désespéré et un grand nombre de cris aigus inaudibles.

Le petit Lokhaïl désignait l’habitacle à l’avant de la chenille, enfoncé par un énorme roc. Il se mit à sangloter.

– Eelk… iish… alim naêt ! gémit-il en se laissant tomber au sol

– Allons, allons mon cher petit, rien de grave…fit Darsimen d’un air confiant

Nous nous sommes réunis autour du premier, muets de stupeur. Darsimen avait déjà accompli tellement, allait-il pouvoir ôter ce roc de là ?

Il étendit tranquillement ses mains d’être vénérable, la pierre trembla, s’éleva et se posa sagement à côté de la chenille. Le véhicule se redressa, retrouvant son allure première et la tôle présente au niveau du toit remonta. Il restait une fente que le sage ne pouvait combler. Il releva le petit gris et embrassa gentiment son front.

Lokhaïl était figé de stupeur comme nous tous.

– Akal imen saparezu ? demanda t-il éperdument

– Rien que de fort ordinaire mon petit, répondit le sage. Allons, tous en route mes amis !

– Seuls les dieux agissent ainsi, assura Mellkit le regard brillant

– De faux-dieux seulement, avides de pouvoir en suscitant l’admiration, j’étais un génie autrefois, oui, un maître en gravité. Cela est revenu, semble t-il, s’amusa le premier en riant.

Mais voyez-vous, mes amis, je suis incapable de remédier à l’état de cette plaque de métal, dit-il en montrant l’interstice fendu au niveau du plafond du véhicule.

A ces paroles Lokhaïl et Stency, de même que les autres enfants se précipitèrent avec joie pour ressouder le toit.

– Vous disiez ? s’enquit Mellkit, avec un long rire. Tout cela n’est qu’une formalité pour eux je crois bien !

Les jeunes clones en effet étaient si agiles, que le vaisseau fut remis en état en un rien de temps. Et notre progression reprit, Lokhaïl, tout fier, aux commandes, avec un Darsimen de nouveau somnolent à ses côtés.

Nous sentions chez cet ancien une prescience toujours aux aguets, la somnolence étant le moyen caractéristique dont usait les plus sages pour déployer leurs facultés bien au-delà de notre position. Darsimen savait exactement où nous étions et où nous devions aller. Par quel moyen ? Il semblait l’ignorer lui-même, ne donnant aucune réponse nette à nos questions.

– Les Passeurs sont là, disait-il simplement

Tout cela nous comblait au-delà du possible. La chenille enfila soudain une galerie très descendante, qui fit gémir le réacteur antigravité, mais Lokhaïl était prêt, il enclencha la poussée inverse et négocia un virage à la perfection.

J’étais stupéfait de pareille dextérité chez un être si jeune. Nul ne fit de commentaire pour ne point troubler notre jeune pilote, car le poids de notre équipage était certain. Les livres abrités à l’intérieur du coffre prévu par les enfants s’entrechoquaient sous les trépidations, mais nul ne s’en alarma. Les dames aliens étaient si secouées que l’idée de recoller quelques livres ne leur posait aucune difficultés.

Giorgio sentit son estomac se manifester avec vigueur et il me sembla en vérité que le véhicule ne répondait plus convenablement. Nous avons réalisé que nous flottions, à présent tout au milieu du tunnel, exactement entre le sol et le plafond.

Nul d’entre nous ne comprit ce prodige. Voilà qu’il n’y avait plus la moindre secousse, le temps était comme arrêté. Cela dura au moins une minute. Nous avancions, uniquement portés par notre élan, puis, les trépidations revinrent. Lokhaïl luttant vainement pour stabiliser notre esquif. Celui-ci se déporta vers le plafond et trembla. Le petit gris modifia la poussée latérale et la chenille répondit avec plus d’assurance. Il y eut des secousses, puis tout se stabilisa.

Le petit gris fixa le sage somnolent avec reconnaissance, bien certain que Darsimen avait influencé avec succès le véhicule.

– Ek tuma liès, dit-il en serrant sa petite main ridée avec bonté

– Félicitations à toi, cher petit cœur, lança Eratsu.

– Tu as mérité largement de piloter un croiseur sidéral ! assura Mellkit

– Et pas dans le coin le plus facile, renchérit Panresu

– Tu es très habile, c’est certain, assura la gracieuse apparition violine installée à ses côtés

– Nous n’y serions pas parvenus sans toi, ajoutais-je

Le petit gris cligna se ses grands yeux, fort ému. Chacun l’embrassa et le remercia. Nous avons remercié de même Stency et les autres enfants qui avaient réparé le toit de notre véhicule, nous protégeant des nappes d’eau brûlantes qui se déversaient par instants.

La région où nous nous trouvions était vraiment très chaude et chacun en éprouva bientôt de l’inconfort, peinant à respirer. Giorgio, qui était claustrophobe, fut frappé d’oppression. Eratsu agitait avec vigueur un calepin devant son visage, pour l’aider à mieux respirer. Le minuscule Nimlin tenait sa main dans la sienne, et sa température glacée apaisait quelque peu le Terrien.

Afin de diminuer notre inconfort, Lokhaïl chercha parmi les commandes et en découvrit une qui abaissait légèrement le vitrage avant du véhicule, de sorte qu’un courant d’air bienvenu fusa. Le vaisseau accéléra bientôt à fond, car le couloir devant nous était très large et très droit. Il devint immense, de plusieurs centaines de mètres de large et éclairé d’une vague lueur jaune verdâtre.

Le petit alien ferma le vitrage, car la vitesse avait rafraîchi notre véhicule en peu de temps. Nous n’étions pas rassurés en ces lieux peu éclairés et assez inquiétants. La roche autour de nous ressemblait à un crépi au ciment fraîchement exécuté, toutefois, nous savions bien que des laves millénaires s’étaient répandues sur ces parois. La galerie devant nous continuait de s’éclairer pour nous indiquer la bonne route, puis cela cessa. Le boyau devint parfaitement obscur, illuminé seulement par une zone rougeoyante que nous reconnaissions trop bien.

Lokhaïl poussa un cri étranglé et ralentit, mais le sage Darsimen marmonna son assentiment dans son demi-sommeil.

Nul ne parlait, certain qu’il était encore en train de trouver un moyen de nous tirer de là. Le boyau prit fin et un lac de lave, relativement calme, parut. La chaleur était accablante et Lokhaïl déploya un vaste champ déflecteur autour de la chenille avant d’y entrer. Les dames aliens fixèrent les livres avec angoisse, mais tout allait bien. Lokhaïl en alien avisé avait déployé le champ déflecteur à temps, emprisonnant une bulle d’air plus frais autour de nous. Le petit alien accéléra, le sage Darsimen corrigeant de temps à autre la position du vaisseau, évitant juste à propos de grosses bulles de magma avec des colonnes de feu qui jaillissaient subitement. C’était un fort beau spectacle, considérais-je une fois que mon esprit fut plus apaisé. La dextérité de mes compagnons était en effet extrême. Darsimen était très conscient de notre péril, mais manifestait un calme absolu, chacun suivant son exemple.

– Il existe des dégazages de méthane en ce lieu, très dangereux, précisa le sage,

Nous nous sommes éloignés de la zone éclatante de rougeur, le vaisseau passant au dessus d’une coulée de lave très étrange, brillante et argentée.

– Il s’agit d’une coulée de ferromagnétite pure, du fer et du nickel, exposa Panresu. Mais je n’en ai encore jamais vue à l’état natif. Quelle beauté !

– Comment vous sentez-vous Giorgio ? s’enquit Eratsu avec bonté en fixant notre ami terrien écarlate incommodé par la chaleur

– Je vous en prie, appelez-moi Paul, bégaya t-il en s’essuyant le front

– Et pourquoi cela ? s’étonna Issaltir ?

– C’est ainsi que m’appellent mes amis, dit-il en riant. Et il arrive à le prononcer, exposa t-il en dévisageant affectueusement le jeune clone ravi

Le petit alien sourit largement, chacun rit de bonheur. Eratsu versa de l’eau fraîche pour tout le monde.

La chenille franchit un boyau très obscur, simplement éclairé par la lave en contrebas. Il en alla ainsi durant assez longtemps, puis une caverne plus claire parut. Nous étions arrivés en un boyau tout argenté, couvert à perte de vue de sphérules de métal natif. Panresu descendit examiner les formations en bégayant de joie. Pour une fois, il ne protesta aucunement en nous voyant brosser et aspirer la chenille couverte de cendres. Les dames aliens étaient toutes radieuses en constatant que leur jolie collection d’ouvrages avait survécu.

Ces livres étaient l’agrément qui embellissait nos journées, nous permettant de trouver du divertissement, même face aux pires situations.

Nous sommes remontés dans le véhicule, car une eau un peu grisâtre suintait de la paroi, et malgré notre soif, Darsimen nous défendit d’en prendre.

– Elle contient des oxydes métalliques, dit-il. Un peu plus loin coule une autre source.

Nous avons suivi les indications du sage, remontant dans le véhicule. Et là, droit devant nous, se dressa subitement une très haute galerie toute inondée de soleil !

Nous avions retrouvé notre route ! Chacun s’en félicita.

La galerie déboucha sur un sentier sinueux de belle taille coloré de belles strates rocheuses blanches, et pourpres. Du sable d’érosion tapissait les soubassements et de temps à autres, un roc héroïque, témoin du passage lointain des eaux, qui n’avaient point réussi à le dissoudre, entravait notre avancée.

Alors, Lokhaïl passait simplement au-dessus.

Il se trouva qu’un ensemble fastueux de deux colonnes immenses de cuivre jaune apparut bientôt. Les enfants regardèrent ce superbe spectacle, l’air interdit. Les colonnes faisaient au moins quarante mètres de haut. Chacun murmura des prières.

Nous avons franchi lentement ce portail. C’était un lieu de passage spirituel, à n’en pas douter, et bientôt, en effet une électricité puissante nous traversa de haut en bas.

Je me sentis irradié de la tête aux pieds, mon orgueil de savant mis à nu, ma soif de connaissances m’apparut puérile face à ce grand élan superbe qui m’imprégnait. Cette énergie était au-delà de la connaissance. Elle me faisait prendre conscience de tout ce que j’ignorais encore et de bien des mystères, que la science seule ne peut suffire d’expliquer.

Une puissance bien vaste, immense et amie, investissait ma pensée, ma soif de vivre, mon espoir vacillant. Tout, elle savait tout de moi, en à peine quelques secondes. Je sentis un léger relâchement, puis la pression disparut, laissant place à une douce sensation de chaleur. La puissance m’accueillait et m’acceptait. Je soupirais d’aise.

Je fixais Stency avec le même bonheur. Mes autres compagnons n’étaient pas en très bon état pour certains. Giorgio tremblait de tous ses membres. Quant à Panresu, il possédait le teint verdâtre de quelqu’un qui vient de subir une accélération cosmique intense juste après un trop gros repas. L’alien posée au teint mauve le serra gentiment près d’elle, faisant refluer son malaise.

Nous avons fait une petite pause bien méritée près d’une source agréable. Nous nous sommes baignés et avons lavé nos habits couverts de poussière. Chose étrange, la boue et la cendre qui se déposaient dans l’eau à cette occasion disparaissaient toujours après plusieurs minutes et toute l’eau redevenait parfaitement claire.

Nous nous étions habitués à ces prodiges.

Il en était souvent ainsi, et à chaque fois que le besoin s’en faisait sentir, nous trouvions une eau bienvenue pour remplir nos citernes. Les Terriens s’en montraient bien aise, car ils avaient besoin de plus de soins que nous. De cette manière, chaque voyageur de notre groupe gardait toujours bonne allure. Il vous faut concevoir à quel point les nôtres sont raffinés, toujours très soignés.

Cette journée avait été bien remplie. La nuit fut sereine, elle passa comme une flèche.

Le matin venu, nous nous sentions d’excellente humeur, prompts à escalader les plus hauts sommets.

C’est en vérité ce qui nous attendait et la chenille suivit une très haute galerie dorée, toute ascendante. Mellkit, qui aimait à présenter une belle allure, avait découvert les yeux brillants de larmes, un petit nécessaire de couture près de son visage à son réveil.

Il s’en extasia longuement et raccommoda avec beaucoup d’habileté les habits de tout le monde, en plus des siens évidemment. Nous l’avons vivement remercié pour cela. Nous étions bien plus avenants ainsi et cela nous redonna encore plus d’entrain.

Au bout de la galerie, un couloir blanc crème se dessina. Le véhicule peina à s’y faufiler. Le petit alien, en expert, évita une vaste colonnade, toute garnie de statues. Cela nous stupéfia bien de voir des statues de toutes les créatures possibles. Des aliens de toutes les espèces, mais aussi des humains, des animaux, des faons, des singes, des lézards et mêmes des insectes étaient représentés.

Nous étions saisis de bonheur face à un tel talent, car chacune de ces statues était l’œuvre d’un artiste hors pair.

Le vaisseau enfila plusieurs salles, toutes séparées de hautes portes claires, au dallage parfaitement propre et uni. Des rais de lumière très vastes éclairaient chaque décor. Nous nous sentions observés. Puis, vint un escalier étroit fort raide. Pour le franchir, il fallut détacher les deux véhicules. Cela contraignit certains d’entre nous à marcher. Lokhaïl fit merveille, de même que Darsimen, qui contrôlait l’autre véhicule bien fatigué.

Dans un élan de bonté, Panresu déclara qu’il allait marcher, c’était aux enfants de bénéficier des véhicules. Les dames aliens, Eratsu, Mellkit, Issaltir, Giorgio, Laïev et moi-même sommes descendus, afin d’aider à alléger les transports dans les virages. L’escalier prit bientôt fin, faisant place à une petite grotte. Hélas le boyau était trop étroit pour que nous puissions y aller avec la chenille. Seul le second transport poussif passa. Nous y avons transféré tous nos effets, le cœur lourd. Je saisis la main du petit Lokhaïl secoué de larmes et nous nous sommes mis en route.

Nous avons bientôt croisé d’autres groupes d’aliens qui nous jetèrent des regards surpris et ravis. Le passage étroit prit fin et une superbe esplanade parut, elle se profilait très loin. C’était le Grand Boulevard de la Rédemption, entendis-je dans ma tête. L’éclairage était rosé et clair. Sur le côté droit du boulevard, s’écoulait une belle rivière calme avec des embarcations où se dressaient des êtres de Lumière.

Je n’ai pas de mot pour décrire la joie profonde qui me saisit face à de telles apparitions.

Nous nous sommes souri mutuellement, nous avions trouvé notre destination. Panresu dérapa sur le dallage en boitillant, mais serra bien fort la main de la belle alien présente à ses côtés.

– Ce n’est rien ma chère, un peu d’arthrite, la rassura t-il

J’avançais avec Stency et Lokhaïl, mes deux petits compagnons peinèrent bientôt, Eratsu les porta à tour de rôle. Je me chargeais des bagages. Giorgio, portait lui, le minuscule Nimlin et un sac volumineux, sa jambe avait bien guéri.

Nous étions en un lieu très chaud, fort agréable pour un alien, et lorsque des cascades légères nous arrosèrent, nous avons ri comme des enfants. Les deux Terriens restèrent un peu en dessous pour se rafraîchir. J’avisais un haut vallon garni de fougères, de mousses et des champignons les plus magnifiques. Nous avons continué à avancer. Soudain, dans un éclair vert superbe, je vis ce qui frappait mes compagnons. Une chute d’eau ascendante se tenait face à nous !!!!

Cette eau incroyable montait ! J’en étais tout estomaqué, quel fascinant spectacle.

– Comment cela se peut-il, cette gravité inverse ? s’enquit Panresu, abasourdi

– Peut-être une lacune régionale, hésita Mellkit, après tout, le souffle rayonnant des sphères n’est pas homogène, et peut-être un peu de l’aspiration du dessous règne-t-elle en ce lieu étrange. N’oubliez pas ces étonnantes laves magnétiques que nous avons vues ces jours-ci. Peut-être cette eau suit-elle leur caprice et s’incline pour monter des profondeurs au lieu de descendre ? Peut-être est-ce là le moyen qu’ont aussi trouvé les hommes de l’intérieur pour convoyer parfaitement de grandes quantités d’eau ?

– Vous avez raison mon ami, c’est en tout cas un fabuleux spectacle que toutes ces eaux rosées !!!

Je ne pouvais détacher mon regard de la vaste chute parée de lueurs fuchsias, adamantines, elle était éclatante de vie, de santé. Elle nous appelait et un regain d’ardeur nous anima.

Nous avons suivi encore ce long boulevard et sommes parvenus tout au bout, en un vaste temple circulaire garni de hautes marches, qui formaient une estrade où se reposer. Des hommes et des femmes luminescents passaient entre les groupes, pour distribuer des boissons. On nous en apporta de même. Les guérisseurs examinaient des êtres qui m’entouraient, dans un état inquiétant. Certains aliens avaient été écrasés par des rocs et des soigneurs s’empressèrent de les mener en des lieux de soins. Je songeais à tous mes compagnons bien saufs avec bonheur.

Des êtres luminescents s’approchèrent de nous.

– Soyez les bienvenus, fit un homme de lumière jeune et rayonnant de santé aux cheveux bruns et au teint bronzé et rosé. Vous êtes bien courageux. Votre groupe a suscité notre admiration. Vous êtes attendus en des lieux de soin. Il vous faut vous séparer à présent. Nos véhicules ne seront pas assez grands pour vous tous, avoua t-il en riant

Nous avons salué les dames aliens. Panresu et Mellkit sont restés avec elles, ainsi que plusieurs clones auxquelles elles s’étaient fort attachées au cours du voyage.

Je m’approchais d’un Panresu radieux qui tenait la main de la belle apparition au teint mauve rosissant.

– Félicitations mon cher ami, je vous souhaite tout le bonheur du monde. Cela a été une joie bien grande de marcher à vos côtés, tout ce temps, dis-je en essuyant mes larmes.

– J’espère tout de même avoir été un voyageur pas trop… grincheux, hésita Panresu

– Voilà qui n’est point à dire, mon ami, je suis sûr que nous nous reverrons, assura le grand valet Issaltir. Vous avez été noble et courageux.

Le sage Darsimen le salua de la même manière.

– Je suis heureux que vous ayez trouvé une famille, dit-il avec bonté en fixant la petite clone aux yeux bleu pâle

Panresu essuya des larmes fugaces avec gêne, les enfants l’entourèrent tous pour le saluer.

Eratsu, Stency, Lokhaïl, Darsimen, Giorgio, Laïev et moi-même, nous sommes dirigés vers un petit transport bleuté avec l’aimable compagne du sage, et deux clones très jeunes. L’un des clones était le petit Nimlin. L’autre était à peine capable de marcher et fixait Darsimen d’un air éperdu. Le sage le fit asseoir auprès de lui et il se mit à gazouiller.

– Qu’en est-il des autres petits qui vous accompagnaient ? m’étonnais-je

– Ils ont trouvé un père et une mère, philosopha Darsimen, sans l’ombre d’une peine. Nous venions à peine de les trouver lorsque nos deux groupes se sont rencontrés. Les caractères, les personnalités s’accordent d’une manière qui nous échappe. Ces enfants ont besoin d’une famille. Il n’y a que ce petit qui semble ravi de notre présence. Et il faut de nombreux adultes pour prendre soin d’autant d’enfants.

Il y eut aussitôt un petit cri aigu. Lokhaïl vint vivement s’asseoir aux côtés de Darsimen.

– Oui, avec toi aussi, bien sûr, s’amusa le sage. Comment t’oublier ? Je suis parfois un plaisantin !

Nous étions épuisés de notre voyage, les êtres de lumière nous invitèrent à nous allonger sur des couchettes très confortables. Ils activèrent des cristaux réénergisants et un rêve profond m’habita. Je sentais auprès de moi l’esprit de mes compagnons animé de la même félicité, et quelle joie m’envahit alors !

Nous étions parvenus au Royaume des bienheureux, j’avais à présent deux enfants et tous mes amis avec moi, et nous allions pouvoir rester ensemble !!! Un bonheur très grand peupla mon sommeil.

J’ai été plus que ravi de poursuivre ce récit ô combien agréable de notre aventure si brillante, je vous remercie, bien aimables amis de la terre du dessus.

Que la Grâce soit vôtre,

Le Guérisseur Lestrys,

Les autres parties avec le début de son aventure sont visibles ici :

Le voyage spatial vers la Terre – (Le voyage 1)
Le clonage des petits aliens – (Le voyage 2)
Le début du voyage – (Le voyage 3)
Le voyage vers le monde intérieur – (Le voyage 4)
Le voyage vers le monde intérieur – (Le voyage 5)
Le voyage vers le monde intérieur – (Le voyage 6)
Le voyage vers le monde intérieur – (Le voyage 7)

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